PAR VAN DER HELST
Barthélemi Van der Helst, né à Harlem en i6i3, jouit de son vivant, et avec justice , d’une si grande réputation qu’il fut mis à côté de Van-Dyk, auquel il ressemble en effet pour la manière et la couleur (i). On sait peu de détails sur sa vie; il la passa toute entière à Amsterdam, où il mourut à un âge assez avancé , laissant un fils qui devint un bon peintre de portraits.
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possède de lui, sous le N° Sao, un portrait d’homme vêtu en noir, peint d’une manière large, vigoureuse et finie. Les historiens en citent plusieurs autres également remarquables par la fermeté et la grâce à\i faire, entre autres celui d’une femme , Constance Reins , vanté par le poète hollandais Jean Vos, ex celui d’un officier (2) : ce dernier doit être maintenant dans le cabinet du roi de Bavière à Munich.
Barthélemi peignit aussi le tableau, et avec beaucoup de succès; ses Chefs de la milice bourgeoise, qu’on voyoit à la maison de ville d’Amsterdam, sont de grandeur naturelle et d’une beauté rare : ce sont encore de grands portraits réunis en un tableau : « Les chairs , les étoffes , les « vases d’or et d’argent , dit Descamps , sont imités avec une très-grande it perfection. » On voit que tout en agrandissant sa toile ce maître ne sortoit pas de son genre.
Ce sont ce même genre et ces mêmes mérites que l’on retrouve dans le petit tableau dont nous offrons ici la gravure : ils y sont portés à un haut degré de perfection. Quatre bourgueniestres ou magistrats assis discutent pour savoir à qui ils adjugeront le prix de l’arc; trois d’entre eux tiennent les orneraens qui doivent servir de prix; le quatrième, placé sur la droite, est celui qui parle; celui à qui il s’adresse, tourné vers le spectateur, paroît être, soit par sa position, soit par le caractère de la
{i)\)escam.y>s,P'ies des Peintl'es fiamands,QX.c. t. If. p. 200, édit, de
(2) Ucscainps, ibidem.
LES BOÜRGUEMESTRES.
tête , le premier en dignité ; il semble que ce soit de lui que dépende surtout la décision; les deux autres écoutent. Une femme, dans le fond a gauche, tient aussi un ornement ; sur la droite , aussi dans le fond , paroissenl les trois concurrens, leur arc à la main : ce sont des enfans; leur expression et leur attitude sont d’une naïveté, d’une simplicité parfaitement convenables à leur âge ; ils attendent avec une inquiétude qui n’a rien d’agité ni de triste. Les quatre ligures principales offrent une variété, une vérité de caractères pleine de cliarnies ; elles peuvent aisément etre prises pour des portraits, tant on y retrouve la nature. Celle qui est placée le plus en avant a dans fexpression et dans la pose une noblesse et iiii esprit qui n’altère en rien la simplicité; celle qui parle paroit tenir beaucoup à persuader, et son geste, son regard indiquent très -bien son intention; les deux autres ont, dans leur air de bonhomie, une certaine gravité magistrale qui concourt heureusement à l’effet général. Point de distraction, point de mouvement étranger a l’action; 1 ensemble de la scène frappe au premier coup d’œil; tous les détails sy rapportent bien; et ces détails sont vrais, fins, spirituels : il n’est pas jusciu’au chien, placé sur la gauche, qui ne semble porter un caractère tranquille et grave.
L’exécution est à la fois large et très-finie , sans recherche et sans dureté ; les costumes sont entièrement noirs; cependant ils forment avec la couleur des draperies et du fond un ensemble plein d harmonie. Les orneiiiens (jui doivent être donnés en prix sont en or et peints avee un saillant , un brillant dont l’éclat fait ressortir la vérité. Les plis des draperies sont grands et souples ; enlin la distribution de la lumière est simple et vraie, ce cpu n’arrive pas toujours dans les tableaux de cette école.
Une inscription légèrement tracée sur une ardoise où sont gravés les divers degrés auxquels ont atteint les concurrens donne la date du tableau; elle porte : Bartholome Van der Helst fecit i655. Ce maître avoit donc alors quarante-deux ans. On ignore l’époque précise de sa mort. Ses tableaux ne sont pas en grand nombre : on les trouve presque tous dans la Hollande ou dans la Flandre. Le Musée Napoléon nen possède que deux, celui que nous venons de décrire et le portrait dont nous avons parlé.
Ce tableau est peint sur bois.
Hauteur, omSirc jp.nlngpau£. iQÜe.
Largeur, o 71 =21 10 307.
Proportions.
PAYSAGE