‹ Le Musée royal, ou, Recueil de gravures d'apres les plus beaux tableaux, statues et bas-reliefs de la collection royaleChapitre 89 sur 143 · LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

LA PROVIDENCE

STATÜE (*).

Lorsqu’une figure antique nous parvient sans aucun attribut et sans aucun emblème qui en déterminent le sujet; lorsqu’en même temps on ne peut tirer aucune induction du caractère de la tète, parce que cette partie est le fragment de quelque autre statue, l’antiquaire qui présente cette figure à ratteiilion du public ne peut que faire connoître les motifs qui ont dirigé la restauration, et montrer les convenances, les particularités et le mérite des fragmens réunis.

Les deux circonstances que Fou vient d’indiqifer se rencontrent dans la figure que nous avons sous les jeux. Le corps est remarquable par l’ample draperie qui l’enveloppe, et dont l’agencement imite un de ces effets momentanés et fugitifs que les artistes clierchent quelquefois à saisir pour mettre de la variété ou de la nouveauté dans leurs compositions. Telle est ici la disposition du péplum : il est déjà tomlié de l’épaule gauche, et n’est plus retenu que par la saillie du sein; on voit l’instant où il va glisser et où seront dérangés les plis que cet accident a formés sur la poitrine (i).

Cette draperie magnifique s’accorde fort bien avec l’air et l’ornement de la tète, qui a beaucoup de noblesse et de dignité, et qui est surmontée de la sllengis, ou diadème qu’on remarque ordinairement sur la coiffure des déesses (2).

Le glolte céleste que le sculpteur moderne a placé dans la main gauche de la statue lui donne le caractère de cet être allégorique que les anciens appeloient ripovoia 0£Ôv , et Pmvidentia deorum, u la Providence des « dieux. » Ils avoient érigé des autels et des statues à cet attribut personnifié de la divinité qui gouverne le monde, et la représentoient ordinal-

(*) Cetle statue de marbre pentélique, tirée de la salle des Antiques du Louvre, est haute de 2 mètres 6 centim. (6 pieds 4 pouces ). La tête antique , d’une belle conservation , est rapportée; les bras, les pieds et quelques parties de la draperie sont modernes.

(i) On a eu lieu de faire la même remarque, dans le

i)/iwéeyhflnçow( 79“' livraison), sur la clilamyde du personnage romain dit le Germanicus.

(2) OTXcyyi'ç; c’est le nom que les anciens

donnoient à cet ornement de la coiffure : voyez Athénée,!. IV, p. 128; et le MuseoPio-Clementino, t. VII, p. 92.

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