LA MAGICIENNE CIRCÉ
de l’uii étoient nourries de chair , et celles de l’autre de roses ; Le Guerchin voulut essayer de mettre quelques roses dans ses chairs. « Ce changement , a-t-on dit , arriva à la mort du Guide , quand Le « Guerchin quitta Cento pour aller s’établir à Bologne, où il espéroit « tenir alors le premier rang; mais plusieurs tableaux peints dans ce style Il pendant que Le Guide vivoit encore réfutent pleinement cette opinion. [( On dit même que Le Guide remarqua cette révolution dans le talent « du Guerchin , et qu’il s’en vantoit en disant que celui-ci cherchoit à se Il rapprocher de sa manière, tandis qu’il faisoit, lui, tout ce qu’il pouvoit « pour s’éloigner de la sienne (i). »
Je serois tenté d’attribuer la Circe au temps de cette troisième manière; aucun sujet ne se prétoit davantage à la magie du Guerchin que le portrait de cette magicienne ; il pouvoit la faire belle d’une beauté chaude et forte, l’entourer de cette beauté moitié sombre, moitié ardente dont Le Caravage et lui ont si bien connu les secrets; il pouvoit donner à la tète un caractère énergique ; Circé tient sa dangereuse baguette , porte un vase rempli de poisons ; son livre mystérieux est à côté d’elle: notre imagination est disposée à supposer là des passions, du clairobscur, une puissance irritée qui va produire d’effrayans sortilèges. Le Guerchin n’a cherché que la grâce ; sa Circé est plus séduisante qu’entraînée ; son expression est douce , calme ; elle porte sa baguette et ses poisons comme elle porteroit une baguette insignifiante, un vase ordinaire : on dit qu’elle prépare un meurtre, mais rien ne l’annonce; et la tète est charmante sans que rien y indique une femme plus passionnée ou plus redoutable qu’une autre.
Le costume j est celui des femmes sarmates , conformément à une tradition de l’antiquité qui dit que Circé avoit épousé un roi sarmate et qu’elle l’empoisonna. Il est probable que cette prétendue Sarmatie étoit la Colchide, ou quelque pays situé sur les rives de la mer Noire, contrée où les anciens ont placé long-temps les magiciens et la magie (2).
(i) Lanzi, p. 128.
Voyez Mythologie der Griechen von M. G. Herrraann , t. II, p. 676.
Propoutions.
Hauteur, j^cniam.
Largeur, o ç)3
3pi.d. 6po„c. 5Ug.
UNE JEUNE EEMME