ÉTUDIANT SUR LA MANDOLINE
D’APRÈS TERBÜRG.
Les tableaux de genre étoient , dans le XYIP siècle , au moins aussi reclierchés que les ouvrages des plus célèbres peintres d’iiistoire; plus petits, moins coûteux, et par conséquent plus faciles à acquérir en grand nombre , ils offroient aux petits princes et aux grands seigneurs un moyen de former des galeries précieuses et considérables. Le goût des collections de tableaux etoit alors tres-genéral j en Hollande, en France, en Allemagne, en Espagne, en Angleterre, ce genre de luxe sembloit inséparable de la fortune et du rang. Un artiste distingué s’allachoit à un riche amateur, vivoit chez lui, faisant en quelque sorte partie de la maison, peignoit pour lui un certain nombre de tableaux, et passoit ensuite successivement chez les divers amateurs dont il s’étoit fait connoître, pour y tenir la même place et s’y livrer aux mêmes travaux. En étudiant l’histoire des peintres hollandais et flamands, on en trouve un fort grand nombre parcourant ainsi l’Europe, sous la protection et à la suite de patrons puissans et amis des arts : dans ce temps oh, suivant l’expression de La Fontaine,
Tout petit prince a des ambassadeurs^
Tout marquis veut avoir des pagesj
tout grand seigneur vouloit aussi avoir son peintre; ainsi on voit David Teniers, premier valet de chambre de l’archiduc Léopold, et meublant de ses tableaux les diverses maisons de ce prince ; Jean Thomas passant plusieurs années de sa vie chez l’évêque de Metz; Jean Spilberg attaché au duc de Wolfgang; Govaert Flinch, à l’électeur de Brandebourg, etc., etc. C’est ainsi que le comte de Pigoranda, ambassadeur d’Espagne au congrès de Westphalie, avoit avec lui son peintre, à qui il demanda un tableau de crucifiement; celui-ci, sentant l’entreprise au-dessus de ses forces, la fit exécuter en grande partie par Terburg, qui se trou-