‹ Le musée secret de la caricatureChapitre 14 sur 50 · Mornand, la Vie arabe, Michel Lévy, 1857. In · texte numérisé non relu

Mornand, la Vie arabe, Michel Lévy, 1857. In

A lire ces proverbes ne croit-on pas entendre la parole de vieillards à barbe blanche, de chefs de tribus qui ont conquis un renom de sagesse parmi les populations du désert? Ces hommes d’un grand âge parlent peu et dédaignent de prêter attention aux menus événements de la smalah. Qu’un événement grave se produise, alors de leurs lèvres coulent des paroles imagées et morales qui font penser à celles de la Bible.

Gomment un bouffon tel que Karakouche 1 a-t-il pu prendre naissance chez un peuple qui sourit à peine et dont la plupart des aspirations se reportent vers l’indépendance au désert?

La question avait également préoccupé le savant M. Gherbonneau qui, installé dès la conquête d’Alger sur un sol jusque là presque fermé à la France, put étudier à loisir la langue et la civilisation arabes, de même que les membres de l’Institut attachés à l’expédition du général Bonaparte avaient pu pénétrer au fond des mystères de l’antique Égypte.

« Quelle que soit l’opinion qu’on adopte au sujet de Karakouche, m’écrivait M. Gherbonneau 2, vous reconnaîtrez facilement qu’il s’est opéré à Alger, sous la domination turque, une fusion complète

1. Pour cette seconde partie j’emploierai au lieu de Caragueuz le nom de Karakouche, me fondant sur l’orthographe affirmée par le manuscrit arabe : El fachouche fi ahkâm Karahouclie.

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