Magasin pittoresque
où l’on voyait Karakouche couché dans son berceau et écartant les rideaux, sans y mettre les mains, tandis que sa mère et les matrones du voisinage, comme pour rendre hommage au Tout-Puissant, enlaçaient d’une guirlande de jasmin le don surnaturel qui s’offrait à leurs yeux. Une hymne nasillarde en l’honneur de Mahomet accompagnait cette cérémonie où perçait la grossièreté d’un peuple, qui n’a de fanatisme que contre l’étranger. A elle seule, cette scène en disait long, puisqu’elle se jouait tous les soirs, au Ramadan, devant un public sortant de la mosquée h »
Désireux de venir en aide à mes études, le savant correspondant de l’Institut se mit à la piste d’un vieux Turc qui donnait à Alger des représentations de Karakouche. Le Turc ne pouvait vendre son théâtre, son gagne-pain ; mais il consentit à découper un exemplaire de chacune de ses marionnettes ; et sans posséder une troupe aussi complète que celle qu’on m’avait envoyée de Constantinople, il m’est permis d’enregistrer avec quelque méthode les personnages suivants :
1° Karakouche ;
2° Djouwaz, son confident;
3° Ali, le Ministre et le chaouche de Karakouche ; 4° Une femme juive;
5° La femme de Karakouche;