‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 13 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ccrons qui sucent les arbres et des insectes analogues. Les mouches qui produisent les noix de galle des arbres; les vers dont naissent les mouches à deux ailes, et qui ont des germes de vio si diversifias, depuis le cousin, qui habite plusieurs annéhs dans l’eau avant de prendre des ailes, jusqu’à l’û'stre qui se tient dans la chair des animaux vivants, ou dans leur estomac, ou dans les fosses les plus profondes de leur gorge ou de leurs narines, et leur causent des douleurs effroyables, occujie le quatrième. On trouve dans le cinquième, après différents genres d’insectes assez curieux, l’histoire de la merveilleuse république des abeilles et de son gouvernement. Réaumur avait demandé aux géomètres d’expliquer quel avait été le motif de la figure déterminée des rhombes (jui forment le foiul de chaque cellule d’un rayon do miel ; et Kœnig résolut ce problème en prouvant que c’était de toutes les formes possibles, dans les conditions données, celle qui épargnait le plus la matière de la cire.

Nous devons dire ici que les recherches de Schirach et surtout celles de lluber ont infiniment ajouté à tout ce que les découvertes de Réaumur avaient déjà d’étonnant; mais l’histoire qu’il a donnée n’en est j>as moins très-riche en faits curieux et le produit d’observations faites avec

autant d’esprit que d’assiduité. Des républiques moins j)Opuleuses et moins recherchées dans leurs ouvrages, celles des bourdons, des frelons, des guêpes, les industries remarquables des diverses guêpes et abeilles solitaires remplissent le sixième volume, (jui est un dos plus curieux de l’ouvrage.

« Réaumur y annonce la découverte surprenante que Trembley venait de faire du ])olype et de sa faculté de se reproduire de chacun de ses tronçons. Déjà dans un de ses volumes précédents, il avait fait connaître celle de Bonnet sur la faculté qu’a le puceron de se reproduire plusieurs générations de suite, sans accouplement. Ces naturalistes, jeunes encore, avaient été excités par son exemple, et c’était en marchant sur ses traces qu’ils avaient observé des faits si curieux. »

La vie de Réaumur se passa fort tranquillement, tantôt dans ses terres en Saintonge, tantôt dans sa maison de campagne de Bercy près Paris. Il ne prit point d’emj)loi et consacra tous scs moments aux sciences. La considération publûpie et une grande déférence de la j)art du gouvernement suffirent à ses désirs.

Une chute faite en 17.'i7, au château de la Rermondlère dans le Maine, où il était allé passer les vacances, accéléra sa tin. 11 mourut le 18 octobre, âgé de 7i ans.

NOTK'KS lllSTOniOl ES.

Cii. BONNET

Cliarlos Bonnkt, m' en 1720, (runo lamille riclie et dislingiu^o par les places ([u'ello avait renii)lies, fut destiné <\ la jurisprudence et reçut rédueation convenable pour s'y préparer : une conception facile, une imagination heureuse lui donnèrent de prompts succès dans les lettres et dans la physique; mais elles ne lui permirent pas de se livrer d’abord avec plaisir aux méditations ))lus abstraites de la philosophie, et encore moins à rétudo de toutes ces formes, de toutes ces petites décisions particulières dont Unit de codes sont remplis.

r.e goût pour des idées agréables, pour des recherches aisées, quoique ingénieuses, était déjà une disposition favorable j)Our l’histoire naturelle particulière; un hasard le jeta tout à fait dans cette vocation. 11 lut un jour, dans le Spectacle de la nature, l’iiistoire de l’industrie singulière de l’espèce d’insecte appelée Formica leo. Vivement frappé de faits aussi curieux que nouveaux ])Our lui. il ne rei)Ose ])lus qu’il n’ait trouvé un formica leo: en le cherchant, il trouve bien d’autres insectes qui ne l’attachent pas moins. Il ])arle à tout le monde du nouvel univers qui se dévoile à lui. On lui apprend l'existence de l'ouvrage de Réaumur, il l’obtient à force d’importuner le bibliothécaire public, ([ui ne voulait pas d’abord le conlier à un si jeune homme : il le dévore en quelques jours; et court partout pour

chercher les êtres dont Réaumur lui enseignait i’iiistoire. 11 en découvre encore nne foule dont Réaumur n’avait point ])arlé; et le voilà, à seize ans, devenu naturaliste. 11 le serait probablement resté pour la vio, sans les intirmités qui le contraignirent do donner une autre direction à son esprit.

Il entra en quelque sorte à pas de géant dans la carrière de l observation. A dix-huit ans, il communiquait déjà à Réaumur j)lusieurs faits intéressants, et à vingt il lui révéla sa belle découverte de la fécondité des ])ucerons; merveille inouïe! non moins admirable (luo la patience qu'un si jeune homme avait mise à la constater. L’Académie des sciences ne crut trop pouvoir .se hâter d’inscrire ce jeune ohscnateur pai-mi ses correspondants.

Bientôt après, un compatriote de Bonnot vint offrir un plus grand miracle aux savants étonnés : le ])olypo et sa reproduction indéfinie par la section furent publiés par Abraham Tremhley. Bonnet aussitôt appliqua le ciseau à tous les animaux communément appelés imparfaits; il vit les )iarties coupées renaître dans les vers de terre et d’eau douce; il en multiplia aussi les individus en les divisant, quoiqu’il n'y ait aucune comparaison à faire entre leur organisation déjà si compliquée, et l’homogénéité iirestpie complète du polype. Ainsi commença à se montrer dans les

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