‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 17 sur 100 · N 0 T 1 G K S 1 1 1 S T 0 R 1 () UES · texte numérisé non relu

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remettant, il lui dit .avec une sorte do solennité : Vous qui êtes si avancé dans l'élude des ouvrages des hommes, vous êtes digne aussi de connaître les œiCvres de la nature.

Ces i)aroles décidèrent la vocation de l’cnlant. Dès cet instant, sa curiosité ne change plus d’objet; l’œil attaché, i)Our ainsi dire, 5 cette étonnante machine, il y soumet tout ce que lui fournit l’enceinte étroite de son collège, tout ce qu’il j)eul recueillir d.ans les promenades en s’écartant furtivement des sentiers tracés à ses camartides, les plus i>ctitcs parties des mousses, les insectes les plus imperceptibles. Il n’eut point de jeunesse; le travail et la méditîition le saisiront à son .adolescence, et pend.ant près de soixante-dix .années tous ses jours, tous scs instants furent remplis par les observations pénibles, par les recherches laborieuses d'un savant do profession.

Admis .au sortir du collège dans les cabinets de Réaumur et de Bernard de Jussieu, une riche moisson s’offrit à son activité; il la dévora avec une sorte de fureur; il passait ses journées entières au Jardin des Plantes. Vers l’àge de dixneuf ans, il avait déj<\ décrit méthodiquement plus de quatre mille espèces des trois règnes.

C'était hcaucoiyï pour son instruction, mais ce n’était rien pour ravaiiceinent de la science. A fo.-ce d’instances et jiar le crédit de MM. de Jussieu, il obtint une petite place dans les comptoirs de la Compagnie d'Afrique et partit i)Our le l"'énégal le 2U décembre 17 W. Les motifs de son choix sont curieux ; C’est que c’était, disait-il. de tous les étahlisscments européens, le plus difficile à pénétrer, le plus chaud, le plus malsain, le plus dangereux à tous U's autres égards, et par conséquent le moins connu des naturalistes.

II paraît d’ailleurs avoir eu to\ijours un tenqiérament très -robuste; on le voit, tlans sa relation, tantôt parcourir des sables échauffés à soixante degrés qui lui rticornissaient les souliers, et dont la réverbération lui faisait lever la peau du visage; tantôt inondé par ces terribles ouragans de la zone torride, sans que son activité en fût ralentie un inshant.

En ciiKj ans (pi’il passa dans cette contrée, il décrivit un nombre prodigieux d’animaux et de plantes nouvelles, il leva la carte tlu tleuve aussi avant qu’il ]»ut le remonter, il dressa des grammaires et des dictionnaires des langues des peuples riverains; il tint un registre d’observations météorologiques faites iilusieurs fois chaque jour, et composJi un traité détaillé de toutes les ])lantcs utiles du pays; il recueillit tous les objets de son commerce, les armes, les vêtements, les ustensiles de ses habitants.

De retour en Europe*, le 18 février 175 i, avec sa riche provision de faits et do vues générales, il ediercha aussitôt ù prendre parmi les naturalistes h^ rang eju il croyait lui a])))artenir.

L’imagination la plus hardie reculerait à la lecture du pl.au ([u’il soumet en 1774, au juge-

ment de l’Académie des sciences. Il ne s’agissait pas en effet d’api)liqucr sa méthode universelle, fondée sur la conq>araison effectuée des espèces, à une chasse, à un règne, ni même à ce qu’on appelle communément les trois règnes, mais d’embrasser la nature entière dans l’acception la plus étendue de ce mot. Les e.aux, les météores, les astres, les substances chimiques, et jusqu’aux facultés de l’ème, aux créations .de riiomme, tout ce qui fait ordinairement l’objet de la méUq)hysique, de la morale et de la politi(jue, tous les arts, depuis l’agriculture jusqu’à la danse, devaient y être traités.

Les nombres seuls étaient effrayants : vingt-sept gros volumes exi)Osaientles rapports généraux de I outes ces choses et leur distribution ; l’iiistoirc de quarante mille espèces était rangée ))ar ordre alphabétique dans cent cinquante volumes; un vocabulairenniversel donnait l’explication de deux cent mille mots, le tout éuiit appuyé d’un gr.and nombre de traités et de mémoires particuliers, de quarante mille figures et de trente mille morceaux des trois règnes.

Des commissaires nommés parrAcadémio pour examiner ce travail donnèrent à Adanson le conseil très-sage do détacher de ce vaste ensemble les objets de ses propres découvertes, et de les publier séparément. Les sciences auront longtemps à regretter qu’il ait refusé de suivre ce conseil, car divers mémoires, imhqiendants ilc scs grands ouvrages, montrent qu’il était c.i])ablc de beaucou]) de sagacité dans l’examen des objets particuliers.

Adanson fut le premier ipii fit coimaitrela vraie nature du Taret, ce coquillage qui ronge les vaisseaux et le.s pieux et tpii a menacé l’existence même de la Hollande. Un doit en dire autant du Baobab, arbre du Sénégal, le jilus gros du monde, car son tronc a ([uelquefois vingt-iiuatre ])ieds de diamètre et sa cime cent vingt à cent cinquante.

If histoire des grammaires et les nombreux articles d’Adanson insérés dans la première Encyclopédie réunissent, à ijuantité de faits nouveaux, beaucoup d'érudition et de netteté.

11 a fait beaucoup d’expériences sur ies variétés des blés cultivés et en a vu naître deux dans l’es- ))èce de l’orge.

Le j)remi(!r, il a reconnu (pic la faculté engourdissante de certains poissons dépend de l’électricité.

11 découvrit le premier les moyens de tirer une bonne fécule bleue de l’indigo du Sénégal.

Buffon a fait connaître d’après lui plusieurs quadrupèdes et ])lusieurs oiseaux, et le premier il a décrit le Galago et le Sanglier d’Ethiopie.

Livré tout entier à l’oxécution du plan gigantesque qu’il .avait conçu, Adanson, enfermé dans son cabinet et comme séquestré du monde, fut perdu l)Our la science et la société, il prit sur son sommeil, sur le temps de ses rep.as; lorsipie ([uehpie hasard pennetlait de iiénéirer jusqu’à lui, on le trouvait couché au inilien de papiers innomhra-

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Mes qui couvraioni les ]>arquol8, I<>s comparaiU, les rapprochant de niillo maiiihres.

(]’est au inilieu de cet isolement (pie la pauvreld et les inlirinités vinrent l’accahler; il sut en supporter l('s rigueurs avec un courage et une patiimce sans exemple.

I! semhlait ignorer lui-nu'me cpic le (hhinmcut le |)lus aiïreux reutourait, pour peu qu’une id(<e nouvelle comme une fée douce et hienfaisaute vint sourire à son imagination.

11 mourut le o août après avoir enduré

P-MITIK.

liendant idusieurs mois, sans pousser un cri, les plus cruelles soulïrama's, soutenu dans ce triste état par les soins de deux vieux serviteurs restés fidèles à sa mauvaise fortune.

11 avait demandé par sou testament (|u’uue guirlande de fleurs prise dans les eiuipiaut(‘-lmit familles qu'il avait étaldies, fût la seule décoration de sou cercueil : passag('irc et touchante image du monument (|u’il s’est érigé lui-nu'me.

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Pkron (l'rançois) , naturaliste et voyageur, naquit, le 22 aoiit 177ü, à Cerilly, ]tetilc ville du Hourhonnais. Ajirès avoir embrassé la carrière militaire, ([u’il fut ohligé d(î quitter après une assez longue captivité et la i)ertc de l’ceil droit, il se livra à l'étude de la mé(l('cine et di's sciences naturelles. Il fut attaché à l’expédition de Haudin, et partit à bord du Géographe, où il commença des observations météorologiques et de belles expériences qui démontrent que les eaux sont i)lus froides dans le fond (pi’à la surface et (lu’elles le sont d’autant ])lus qu’on descend une plus grande profondemr. Un séjour assez prolongé dans l’ile de Timor lui permit d’étudier h.'s mollusques et les zoophytes que la chaleur du soleil multiplie à l’infini dans les eaux peu profondes et les peint

des ])lus vives couleurs. Après avoir reconnu la |iartie orientale de la terre de Diemen, on entra dans le détroit de Ilass et l’on gagna port Jackson, on suivit les cotes de la nouvelle Hollande et l’on en fit le tour. Pérou déploya un courage et une activité infatigables. Hes cinq zoologistes nommés par le gouvernement, deux étant rc'sti's ù Pile de France et les deux autres étant morts au commencement de la seconde campagne, il se trouvait seul chargé de cet immense travail et il suffisait ù tout. Peu de tem])s ajirès le départ de Timor, le capitaine lui ayant refusé des liqueurs spiritueuses absolument nécessaires pour conserver ses inollusipies, il se jiriva pendant tout le voyage de sa portion d’arack, et ce qui est jilus remarquabh', il communiipia sou enthousiasme h iilusieiirs de

NOTICKS III

SfiS amis qui cônsonliroiil il faire le même sacrifice. Peiulant les tcnipôlcs, aidant aux mananivres comme un simple matelot, il continuait les oliservations aussi paisililemcnt que s’il eût été sur le rivage. Pendant une descente qu’il lit a l'île King, avec «pielques naturalistes, un coup de vent chassa le vaisseau en pleine mer, et pendant quinze jours, ils ne l'aperçurent plus. Pérou ne perdit pas un moment l’occasion d’augmenter ses collections et ses observations; après la seconde relûclie à Timor, on revint à file de France où l’on resta cinq mois. On fit encore une relûche au Cap, et l^éron en profita pour examiner la bizarre conformation des Bo.schimans, tribu de Hottentots.

Il débarqua enfin à Lorient, le T avril 1804, d’où il se rendit à Paris et fut chargé de publier, avec Freycinet, la relation du voyage et la description des objets nouveaux en bistoire naturelle, avec son ami Lesueur. La collection d’animaux avait été déposée au Muséum d’histoire naturelle, il résulte du rapport de la commission, qui l'avait examinée et dont M. Cuvier fut l’organe, qu’elle contenait plus de cent mille échantillons d’animaux, que le nombre des espèces nouvelles s’élevait à plus de deux mille ciiu} cents et que l’éron et Lesueur avaient eux seuls fait connaître

STOlUQl H’S.

plus d’animaux (lUC tous les naluralislesdesderniors teni|>s ; enfin que les descriptions de Pérou rédigées sur un plan uniforme, cndirassant tous les (lélails de l organisation extérieure des animaux, établissant leurs caractères d’une manière absolue et indiciuant leurs habitudes et l’usage qu’on en peut faire, survivront, û toutes les révolutions des systèmes et des méthodes.

Pérou, que i’Inslitut s’empressa d’admettre au nombre tic scs correspondants, ne mit au jour que la première ))artie de sa relation; sa santé était affaiblie par de longues fatigues, une maladie de poitrine dont il était attaqué, fit des progrès effrayants; après un voyage û Nice qui améliora sa santé, et lui permit de reprendre ses travaux, il retomba dans un état pire que celui ou il était avant son départ. Il voulut aller finir ses jours dans le lieu de sa naissance auprès de deux soeurs qui avaient été les premiers objetsde. sa tendresse; celui dans leurs bras qu’il expira le 14 décend)rc 1810.

Ses principaux ouvrages sont : \° Observations sur l’Anthropolofjie ; 2- Voyage de découvertes aux Terres Aulralcs pendant les années 1800- 1804; 3» Histoire générale et particulière des Méduses.

Dei-alandi!:. Geoffroy-Sainl-llilaire fut chargé, en 1821. de laire un rapport l’Académie des sciences, au nom d’une commission dont il

faisait partie cl com})Osée de G. ^ Cuvier, de Desfontaines, de M. de Humbûldl, de Lacépède, Lalreille et .M. Dumeril. ayant pour mission d’élu-

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(lior los n'sultats du voyage accompli par Delalando au cap de Hounc Hs|térance, |)ar ordre du Gouvemciueul,dans les amures 1818, 1819e! 1820.

L illuslre rapporteur signalail i\ celte époipio une leudaucc reiuarijuable, chez des houunes ardents, aussi savants (pi’infatigaldes, à se vouer i\ rcxploraliou des diverses coiitrtH's de la teire. Los circousUuices conlrilniaient <^i développer cette ardeur des naturalistes à aller s’enquérir en tous lieux et des choses et des lioinines. il appeler tous les peuples il une participation connmine et réciproque, il un échange paternel de toutes les jiroduclions du glohe. La guerre avait eu de l’ilctieux résultats |)Our le .Muséum d’histoire naturelle. Le (iouverneiuenl conçut l’idée de procurer aux amis des sciences et des arts un dédommagement de ces pertes, pensée généreuse dont le développement fut poursuivi avec le zélé le plus louahle.

C’est dans ces circonstances qu’un voyage d'iiisloire naturelle fut confié à Uelalande; il était signalé coinim* propre il ce service scienlifupie : élevé au Muséum d hisloire naturelle, il y avait rempli avec distinction les fonctions d’aide-naturalisle pour la zoologie, et il avait déjà fait preuve d’hahileté et de dévouement dans trois précédents voyages, l’un en Portugal, le second sur les côtes de la Méditerranée et le troisième au Brésil, sous les auspices de .AI. le duc de Luxemhourg, ambassadeur en ce pays.

Il jiartil en avril 1818 et débarqua le 8 aoîit à Falshay, à dix lieues du cap de Bonne Es]iérance, accompagné de son neveu le jeune Verreaux (Jules), âgé de 12 ans.

Deux mois furent employés à recueillir une foule (le plantes pondant la belle saison si courte en ce climat, mais si riche en magnifiques es])èccs : après la saison des pluies qui a lieu pendant les mois di* juin, juillet et août, la terre rafraîchie se couvre de verdure, des collines entières somhlent de vastes jiartcrres de Heurs diversement coloriées et distribuées par grandes masses. Les liliacés, les bruyères, les protéivs, parmi lesquelles on nunar- (juc le Protea argenka, forment cette couronne de Heurs que la sécherc'sse vient bientôt llétrir pour rendre à la terre l’aspect triste et monotone ipt’idlc conserve le reste de l’année.

Delalandc avait surtout pour mission de se procurer plusieurs espèces qui manquaient au .Muséum : l’hippopotame et le rhinocéros biconie.

Il partit pour une premièreexpédition, accompagné de son neveu et de trois Hottentots; un chariot et vingt-deux bd.-ufs formaient son éiptipagc. C(‘tte première course n’eut pour résultat <pie la trouvaille d’une Baleine échouée sur le sable; malgré la chaleur la jHus ardente et une odeur infecte, le courageux voyageur dépeça celle Baleine qui avait soixante-quinze pieds de long et parvint à conserver tous les os et les fanons de la mâchoire supérieure; il en découvrit une autre à peine connue en Europe, la Baleine à venire plissé.

Une seconde course fut idus heureuse : apr(*s

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