‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 3 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Guy de lu Brosse. Mais, dans l’intcrvallo de l’autorisation à l’institution définitive, Héroard mourut, on I(i27, au siège de La Rochelle, où Louis XIII assistait on personne. Charles Bouvard, devenu af)rôs lui premier médecin du roi, lui succéda également comme surintendant du .lardin; mais, déjà avancé en âge, il lui eût été difficile d’y ai)porter les soins et l’activité nécessaires; le principal honneur en doit donc rejaillir sur Guy de la Brosse, (pii, du reste, est généralemimt considéré comme le véritable fondateur de cet établissement.

Guy de la Rrosso avait, en effet, mis en usage les sollicitations les plus pressantes, tant auprès du cardinal ipie du chancelier Séguic'r et de M. de Rullion, ministre dos finances, afin d’en obtenir les fonds nécessaires pour cette fondation. Parvenu à ce premier résultat, il s’établit dans la maison principale, il traça le Jardin, il y réunit toutes les plantes (pi’il put se procurer, en France comme au dehors, et consacra le reste de sa vie à dévelo|)per l’institution qu’il avait créée. Dès la première année, il y établit son domicile; il fit préparer le terrain et tracer un parterre (jui avait quarante-ciini toises de longueur sur trente-ciini de largeur, et le garnit des plantes que lui fournit Jean Robin. En 16.36, leur nombre s’élevait déjà à 1800. Guy de la Brosse fit l’ouverture solennelle du jardin en 1640. Dès l’année suivante, il publia un catalogue (|ui portait à 2,360 le nombre des plantes ou dos variétés qu’on y avait recueillies. Il commença même à faire dessiner et graver les figures des plus intéressantes, mais il n’eut pas le temps de pousser ce travail aussi loin (pi’il l’eût désiré.

Tout cela n’eut pas lieu sans soulever (piebiue opposition. Il était assez naturel ([ue la Faculté prît en mauvaise part une fondation (jui semblait donner raison à ses adversaires et qui avait évidemment [)Our objet do créer un enseignement rival, peut-être supi'rieur au sien. La Faculté protesta donc. Elle eût voulu qu’on lui réservât» la désignation dos professeurs; elle blâmait le choix de Guy de la Brosse comme intendant; à l’égard do la chimie, elle arguait (pie (( pour bonnes causes et considérations, cette science était défendue et censurée par arrêt du parlement.» Heureusement, le crédit des médecins de la cour l’emporta, et la volonté royale passa outre à l’égard de cotte protestation.

On no devait enseigner d’abord, au Jardin du Roi, que la botanique et la chimie pharmaceutique; mais, dès l’année 1643, on y joignit une chaire d’anatomie, science (pii, depuis, y fut toujours professée avec éclat. Dès ce moment, un résultat important était obtenu : on avait décentralisé l’étude des sciences naturelles, jusqu’alors concentrée exclusivement dans l’enceinte do la Faculté do médecine, et on leur avait ouvert un enseignement sp('cial aussi étendu (pie le comportaient les connaissances do l’époque. Du reste, les sciences médicales, loin d’en souffrir, no devaient pas tarder de tirer elles- mêmes les plus heureux fruits de l’extension qui venait d’être donnée à dos sciences avec lesquelles elles ont do si nombreux et de si intimes rapports.

, Hâtons-nous aussi de reconnaître que, si on étendant chacune de ses branches renseignement du Jardin , comme du Muséum , s’est manifestement écarté, par la suite, do la pensée primitive de sa fondation , s’il on est résulté un complément nécessaire et important dans la série des études scientifbpies do cet ordre, c’est aux sciences médicales (jue cet établissement doit sa réelle origine. Ce qui établit (juo la médecine, dans les temps modernes comme dans ranti([uité, fut toujours le premier point do départ des sciences physiques, comme des sciences naturelles.

Guy (Je la Brosse mourut au Jardin du Roi en 16-41. Il eût été difficile do trouver pour le remplacer (piei(iu’un doué du même zèle et dos mêmes talents pour l’administration. M<dheurousement, le surintendant Bouvard eut la fatale idée de nommer à cotte place son fils, Bouvard de Fourqueux, conseiller au parlement. Celui-ci, incapable do remplacer Guy do la Brosse comme homme de science , préposa à l’enseignement de la botani(pie et aux soins de la culture, Vespasien Robin, d('jà démonstrateur, (|ui développa ries (pialités nxdles dans son nouvel emfiloi. C’est lui (pii obtint l’autorisation de faire construire la première serre et (jui fit creuser le grand bassin qui existe encore en face des bâlimeuts.

JARDIN DES PE.ANï!

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