‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 38 sur 100 · DEL \1 KM K PA HT JE · texte numérisé non relu

DEL \1 KM K PA HT JE

D’un autre côté, vous vous effrayez à juste titre de cotte énorrao quantité de termes techni(iues, grecs et latins, dont s’est hérissée une science qui pouvait rester française; enfin, pour vous mettre à l’abri du soupçon de frivolité, vous m’avez exprimé tout le mépris que vous inspire la botanique galante de certains écrivains, (jui n’ont vu dans l’histoire des Fleurs qu’un sujet de bouquets à Chloris.

Itassurez-vous sur ce dernier point : vous n’aurez pas à craindre ces allusions fades et cette poésie musquée, dont l’arome factice masque le parfum naturel de la Fleur des champs; nous écarterons de la Botanique les futiles atours dont l’avaient ornée, croyant l’embellir, quelipies faiseurs de madrigaux; nous la dépouillerons, eu outre, autant qu’il nous sera possible, de sa robe scolastique et de son odeur do drogue. Quant à la nomenclature, je conviens (lue les auteurs ont étrangement abusé du privilège de créer des mots nouveaux (qui n’oxpriment pas toujours des idées nouvelles) ; mais l’abus ne doit point nuire à l’usage : toute science a le droit d’avoir sa langue spéciale; l’essentiel est de ne pas appauvrir cette langue par des synonymes : or, notre dictionnaire, à nous gens du monde, pouvant se borner à une vingtaine de termes techniques, je vous promets de ne pas dépasser ce nombre, et de faire en sorte qu’il vous suffise pour étudier l’organisation des végétaux.

L’ÉCOUî DE lîOTAMQlE.

Entrons donc dans l’un do ces deux carrés, que l’on nomme V École 90 dti plan), où les Plantes sont rangées par familles, et dont je vous ferai bientôt l’histoire; cueillez une Itose à

‘ demi épanouie, et observez successivement les {)arties

qui la constituent.

L’enveloppe la plus extérieure se compose de ciinj feuilles vertes , disposées en cercle , et se réunissant inférieurement pour former un corps ovale ou sphéri(}uc ; cette première enveloppe de la Fleur est le calice. A l’endroit où les feuilles du calice , nommées folioles , commencent à se réunir, naissent cim} autres feuilles colorées et odorantes :

ce sont les pétales ; leur ensemble se nomme la corolle ; en dedans de ces pétales et sur le calice , sont implantés de nombreux filaments gracieusement recourbés , et portant chacun une petite tète jaune; ces baguettes sont appelées étamines.

l’ÉIALE.

Maintenant , ouvrez dans le sens a sa longueur cotte espèce de ouïe formée par la soudure des

inq folioles du calice; cela fait, coroile.

ous voyez une cavité assez consi-

érable, s’ouvrant en haut par un goulot étroit, et contenant des coiqts qui s’attachent à scs )arois; ces corps s’allongent vers le haut en autant de cols qui se dirigent vers l’embouchure

èlA V IXE.

SàtaniaU

r.OCfS l'S Lt UOSE.

PlSIIt.

(le la cavité , et là se irunissent en un faisceau ([ui occupe le centre de la Fleur ; chacun de ces corps renferme une graine ; leur ensemble constitue le pistil ; vous voyez que la retraite ou ils sont nichés est remplie d’une bourre soyeuse et courte , qui tapisse la cavité , et couvre même en pai-tie les corps composant le pistil.

Calice, corolle, étamines, pistil, voilà les quatre parties dont se compose une Fleur complète; mais, pour bien comprendre la physiologie de ces divers organes, il fant choisir une Plaute où ils offrent des proportions plus considérables.

Prenez un Lis blanc ILilium candidum) ; au premier aspect, vous le croiriez dépourvu de calice, et n’ayant qu’une corolle de six pétales; mais observez la Fleur quand elle est peu ouverte ; vous voyez un premier groupe de trois feuilles blanches , évidemment situées en dehors des trois autres feuilles : les premières sont étroites, un peu vertes à leur sommet , et représentent le calice ; les intérieures sont jtlus largos; leur surface diffère de celle des folioles dii calice en ce qu’elle est creusée d’un sillon longitudinal bien marqué : ces trois feuilles intérieures forment la corolle. Quant aux étamines, il y en a moins que dans la Pose, mais elles sont plus grandes et plus faciles à observer : leur filet est blanc, un peu élargi à sa base, et porte un long bissac jaune; passez la pointe d’une épingle dans chacune des deux coutures qui hordent les cotés de ce long bissac, vous les ouvrirez, et vous en ferez sortir une [loussière jaune très-abondante. Quand la Fleur est épanouie , ces bissacs font la culbute, et vous voyez ({u’ils ne tiennent au sommet pointu du fdamont que par un point situé vers leur milieu : les deux feuillets dont ils se composent se décollent d’eux-mêmes , et la poussière jaune en sort : cette poussière a reçu le nom de pollen; le bissac (}ui la renferme se nomme anthère, et le pied qui porte le bissac est appelé filet. Ainsi, l’étamine est composée du filel, do V anthère et du pollen.

Enlevez maintenant les six étamines du Lis; vous voyez qu’elles naissent, non pas sur le calice, comme dans la Rose, mais sur le pied même de la Fleur. Il vous reste, sur ce pied, le pistil, (pii diffère beaucoup de celui de la Rose : dans cette dernière, il se composait d’une douzaine do corps, attachés sur les parois de la boule creuse formée par le calice et séparés les uns des autres; le pistil du Lis, au contraire, est d’une seule pièce; il offre à son sommet trois crêtes molles, grenues, disposées on triangle; cha(iue crête est double, et peut facilement se décoller en deux lames; au-dessous est un long col, lequel pose sur un corps plus gros, deux fois plus court que le col, et (lui présente six côtes arrondies, séparées par des sillons. Coupez ce corps en travers, taillez une petite tranche mince, et placcz-la entre votre o*il et la lumière : vous reconnaîtrez sans peine une cavité divisée en trois loges par trois petites cloisons; au point où les cloisons viennent se réunir, il y a des graines attachées. Remarquez la position des crêtes, vous verrez que chacune répond à l’une des trois logos.

La i>artie du pistil (lui renferme des graines a reçu le nom A' ovaire ; le long col posé sur lui s’appelle style, et les crêtes humides qui le terminent so nomment le stigmate.

Quant au pied de la Fleur, on le nomme le pédoncule; et son extrémité, toujours plus ou moins élargie pour servir de support au calice, à la corolle, aux étamines et ou pistil, porte le nom de réceptacle.

DKÏXIKMK PAHTIK,

Maiiitoiiiuit t|uo la stnicturo des parties de la Fleur vous est connue, ([ue vous avez accepté

paliemiiKMU les cpiatorze termes scientiflques servant à les désigner, vous méritez de connaître les merveilleuses fonctions qu’exécutent ces divers organes.

Le calice est évidemment un organe protecteur : voyez un bouton de Rose ou de Lis ; le calice sert d’enveloppe à la corolle, aux étamines et au pistil. Quant à ce dernier, il n’est pas nécf'ssaire de vous apprendre (pte les petits œufs contenus dans l’ovaire sont des graines, tpii doivent reproduire des plantes semblables à celle qui leur a donné naissance. Quelle est maintenant la destination des baguettes nommées étmmnea, qui sont si belles dans le Lis, et portent une anthère si longue et si riebe on pollen?

Pour résoudre cette question, examinez d’abord le stigmate qui couronne le pistil; si la Fleur est bien épanouie, vous devez voir quelques grains de pollen retenus sur les crêtes sfiongieuses dont il se compose; ces crêtes sont devenues humides et gluantes à l’époque même oîi le pollen pouvait sortir de son anthère; cette coïncidence vous permet déjà de supposer (pielque relation d’utilité entre le pollen et le stigmate.

Si, comme le fit Linné, vous coupez sur un Lis à peine éclos toutes les anthères, la Fleur s’épanouit; mais bientôt l’ovaire, au lieu de grossir, se flétrit et tombe: les anthères étaient donc indispensables au pistil, puisque leur soustraction a empêché celui-ci de mûrir.

Si, après avoir privé votre Lis de ses anthères, vous allez enlever sur un second Lis des anthères bien ouvertes, si vous les secouez sur une feuille de papier pour en recueillir le pollen, si ensuite vous déposez, avec un polit pinceau, un peu de ce pollen sur le stigmate du premier, l’ovaire grossira, restera sur son pédoncule, et les graines se développeront. Que devez-vous en conclure? Que les graines contenues dans l’ovaire ne peuvent prospérer sans l'intervention des étamines, et que, dans les étamines, c’est le pollen qui exerce sur le pistil cette précieuse influence.

En voulez-vous une dernière preuve? Avec une dissolution do gomme, vernissez adroitement deux des crêtes du stigmate, puis saupoudrez la troisième de pollen; ([u’arrivera-t-il ? la loge de l’ovaire à laquelle répond cette crête se développera, et les graines grossiront; les deux autres loges resteront stationnaires.

Ces expériences, et beaucoup d’autres, non moins ingénieuses, ont révélé aux naturalistes la nature physiologique de l’étamine.

11 vous reste maintenant à savoir quelle est la destination de la corolle. Est-ce pour l’homme que Dieu a créé cette partie de la plante? Est-ce pour flatter vos yeux, votre odorat, votre toucher, que la nature a prodigué à ces pétales les couleurs brillantes, les formes variées, le parfum pénétrant et le tissu velouté ()ue vous admirez dans les Meurs? Tout en

admettant cette croyance, fondée sur la vanité autant que sur un sentiment religieux, ne pourriez- vous pas soupçonner que celle parure du Lis et de la Rose leur a été donnée pour leur utilité individuelle? C’est une question dont l’examen n’est pas sans intérêt.

Vous savez que le pollen est l’agent nécessaire de la fécondation des graines; mais comment le pollen est-il transporté dans le stigmate? >enez voir cette touffe de Itue {Rida graveolens). Vous voyez une corolle de (piatre à cinq pétales jaunes, creusés en cuiller, et huit à dix étamines : remarquezvous l’iine des étamines , qui , au lieu d’être étendue horizontalement dans un pétale ou entre doux pétales, comme ses sœurs, est debout inclinée sur le pistil contre lequel son filet est appliqué? Si vous avez la patience d’observer cette étamine pendant une lieure, vous verrez l’antbère s ouvrir, vous en verrez tomber le pollen, et vous comprendrez sans peine que le pistil en recevra quelques granules; bientôt cette étamine, dont la mission est remplie, se couchera dans son pétale, une autre se redressera à son tour pour venir la remplacer, et ces évolutions se succéderont jusqu’à ce que toutes les anthères nient payé leur tribut au pistil. Ici vous prenez la

Uii

ÉCOI.K DK nOTA.MQLK.

Nature sur le fait, scs intentions sont évidentes, vous avez observé l’organe dans l’exercice de ses fonctions; mais cette manœuvre est rare dans le llègne végétal.

Dans beaucoup de plantes, les étamines sont aussi hautes que le pistil; elles l’entourent de près, et le pollen, en sortant de l’anthère, est facilement mis en contact avec le stigmate; dans beaucoup d’autres, les étamines sont plus courtes que le pistil, ce qui ne nuit pas à la fécondation, parce (ju’alors la Fleur est inclinée, de sorte (pie le stigmate se trouve audessous des anthères qu’il défiasse, et reçoit aisément leur pollen ; mais il arrive souvent que la Fleur reste dressée, et alors le pollen ne peut guère atteindre de lui-mf-me le stigmate. Quehiuefois les étamines et le pistil n’habitent pas la mt'me Fleur; c’est ce (jue vous pouvez voir dans le Melon, dans le Sapin : les étamines sont dans une Fleur, et les pistils dans une autre, sur le même pied, il est vrai, mais sur des rameaux différents; quelquefois enfin, comme dans le Palmier, le Dattier, le Pistachier, les Fleurs à étamines sont sur un arbre, les Fleurs à pistil sur un autre, et ces deux arbres sont souvent éloignés de plusieurs lieues. Comment, dans ces diverses circonstances, se fera le transport du pollen? Sera-ce le vent (fui s’en chargera? et la poussière fécondante, dispersée par lui, ira-t-elle à travers l’espace, comme par une sorte d’attraction, trouver le stigmate qui a besoin d’elle?

Ln jour (c’était en 1758) , Bernard de Jussieu, passant en revue les arbres du Jardin des Plantes, s’aperçut <]ue le Pistachier à pistil, qui jusqu’alors avait fleuri tous les ans sans produire de fruit, se disposait à donner des Pistaches; le fruit s’était no\ié ; le stigmate avait reçu du pollen, mais d’où venait ce pollen? il n’y avait pas dans tout le Jardin des Plantes un seul Pistachier à étamines ; on fit une battue dans les jardins environnants; on ne trouva rien. Ln fruit formé des graines développées sans pollen , c’était un rude échec pour la théorie de la fécondation des Fleurs, (fui alors n’était pas solidement établie comme aujourd’hui : le grand botaniste, tout en s’affligeant de l’inutilité des recherches, affirmait avec persévérance qu’il existait (juclque part aux environs un Pistachier à étamines, et (jue c’était lui qui avait fait nouer celui du Jardin des Plantes; mais encore fallait-il le découvrir. Bernard de Jussieu fuit alors le parti de s’adresser à l'autorité; la police aussit(>t mit ses agents en campagne , avec le signalement exact de l’individu qui se cachait si bien : les agents tournèrent autour du Jardin des Plantes, en élargissant peu à [)eu la spirale de leurs perquisitions; enfin, iis découvrirent dans un coin de la Pépinière des Chartreux (aujourd’hui le Jardin botanhiue de l’École de Médecine) qui longe l’allée de l’Observatoire, ils découvrirent, dis-je, un petit Pistachier à étamines, (jui avait, cette année, FLEüiu poun LA PREMifenE FOIS : le pollen avait donc dû franchir, à travers les airs, la lisière du faubourg Saint-Germain, le faubourg Saint-Jac(iues et le faubourg Saint-Marceau, pour arriver sur le stigmate du Pistachier à pistil, placé au milieu du Jardin des Plantes. Or, il est bien difficile d’admettre que le vent ait pu transporter si loin une petite quantité de poussière fécondante, sans la disfierser [jartout ailleurs (|ue sur l’étroite surface du pistil qui en avait besoin. Il faut donc chercher un autre auxiliaire à la fécondation.

Vous vous êtes sans doute bien souvent amusé à sucer le fond de la corolle du Clièvrefeuille, du Jasmin, du Lilas, de la Primevère, pour en extraire la lâfueur sucrée qui s’y trouve eu abondance; cette friandise de votre part est un larcin que vous avez fait à des animaux qui n’ont pas d’autre nourriture : ces animaux sont les l’apillons , les Mouches, les Bourdons, et autres Insectes (jue vous pouvez voir blottis au fonti dos Fleurs : c’est [irécisénient à ce nectar que nous devons le miel des Abeilles. Ce nectar est fourni, tantôt par le calice, tantôt par les pétales, tantôt par la base des étamines, tantôt par l’ovaire; queh]uefois c est une petite écaille spongieuse, quelquefois une petite fossette, ou un sac, ou une simple surface lisse, qui distille cette liqueur que viennent avidement pomper les insectes.

\oyez dans cotte Rose ce Scarabée doré, (lue l’on nomme la Cétoine, et dont le dos, de

Pl>T*CUII».

DKIMKMH PAiniK.

•vnilour nnoraiulo,^ se ilétache si bien de rincamut des pétales; il semble dormir on paix dans I asile délicieux (|ii il a choisi ; croyo7.-\ nus <pio la Flonr lui fournisse qrnüs le vivre et \i> couvert? ïoucbe/-le lé-èremenl, il va se réveiller, ouvrir ses ailes, et s’envoler en froissant les nombreuses étamines au milieu desquelles il était couché; ce mouvement seul a secoué h-s anthères, et le pollen a pu se disperser sur le stigmate placé au centre de la llose. — Vovez rAheille quand elle fait sa récolte : elle suce h- nectar des Fleurs, mais son corps, hérissé\le poils, se chaigo de polleu; elle va picorer sur d’aulnis Plantes; et, tout en pénétrant au fond des coiolles, elle se frotte contre les pistils : or, c’est à l’époque où les étamines ouvrent leurs anthères, (jue le stigmate se charge d’une licpienr gluante; c’est aussi à cette époque (pie les ghindes de la Heur distillent du lu^ctar, et (pi il se trouve des insectes |)our s’(-n repaître. (iOtte coïncidence no vous dit-elh- rien? N’etes-vous pas tenté de croire que les Insectes, contempoiains des Meurs, sont pour elles des messagers niconnaissants ipii, pour payer l’hospitalité (pi ils ont reçue, distribuent, dans l’hèitcllerie où ils arrivent, le pollen recueilli dans rii('>tellerie (ju’ils vi(*nnent de (piitter?

Approchons-nous de cet arhrisseau, au port élégant, dont les feuilles, d’un vert gai, réunies en toufles , sont protégées par des aiguillons. Les Heurs sont jaunes et disposées en grappes: c’est le lierhéris, nommé vulgairement l'Jpine-V incite. Choisissez une Fleur bien ouverte, et, sans la détacher de sa tige, chatouilhiz légèrement avec la pointe d’une longue épingle l'un des filets des étamines; vous voyez celle-ci se contracter avec vélocité, et frapper de son anthère le stigmate, qu’elle couvre de pollen. Eh bien! cette sensibilité des étamines, il n’est pas besoin d’une épingle pour rexcit(;r : qu’un Insecte, ch(?rchant le nectar ([uo fournissent deux petites écailles d’un Jaune orangé, situées au bas de cha(pie i»étale; qu’un Insecte, dis-je, effleure de ses aihîs, comme vous l’avez fait avec votre épingle, les filets des étamines, à l’instant les étamines se nîdrcssent et viennent se heurter contre le pistil.

BiHBinis. A quoi donc sert la corolle? C’est maintenant (pie cette (luestion est opiior-

tune. lia corolle s’épanouit (piand les anthères donnent leur pollen, (piand le stigmate devient humide, (piand le nectar est distillé, quand les Insectes viennent le boire : il ne faut pas une grande sagacité pour conclure, de cette réunion de circonstances, (pie la corolle, par ses formes, s(?s nuances, son odeur, est destinée à indi(jucr aux Insectes le réservoir où ils pouiTonl puiser du sirop : c’est l’étiquette du vase contenant le précieux nectar; c’est runiformo invariable de toutes les Fleurs d’une même espèce, et les Insectes voyageurs savent bien reconnaître , à son enseigne éclatante , le caravansérail où ils trouveront leur pAture.

Les Insectes sont donc de précieux auxiliaires pour la fécondation des Fleurs, soit en colportant le pollen d’une plante sur une autre, soit en favorisant la dispersion du pollen [larmi les étamines d’une même Fleur; et c’est pour cela (pie, dans les expériences dont nous parlions tout à l’heure, il faut entourer la plante d’une gaze fine qui ferme le passage aux Insectes : sans cette précaution, un de ces animaux pourrait, à l’insu de l’oliservateur, porter du pollen sur un stigmate (pi’on voulait en priver, et rendrait par là l’expérience douteuse.

C’est un Allemand, Conrad Sprengel, qui a fait connaître, par un grand nombre d’observations, le rôle physiologi(pie de la corolle et des glandes à nectar; c’est lui qui a découvert cet anneau de plus dans la grande chaîne qui lie le Règne végétal au lù'-gne animal. 11 allait, avec une patience toute germanique, passer des jours entiers dans la campagne, couché au pied d’une plante; il attendait, l’o-il constamment fixé sur la Fleur dont les anthères n’étaient pas encore ouvertes; enfin, après une surveillance immobile et silencieuse, qui se prolongeait souvent jusqu’au soir, il voyait arriver le messager aérien dont il avait entrepris d’explorer la manœuvre; l’Insecte, après quehiues évolutions préliminaires, pénétrait dans la corolle, et y faisait son repas; puis, quand il eu était sorti, Sprengel voyait des grains do

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