‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 39 sur 100 · IM · texte numérisé non relu

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pollt'n attachés au stigmate, et il rentrait chez lui, coulent de sa journée. C’est surtout depuis la venue du grand Linné, que l’on rencontre de ces âmes divines, i)our (pii seize heures sous le soleil no sont (pi’uno minute, quand il s’agit d’observer les merveilles de la création.

11 ne serait pas exact de dire (juc la corolle est unûpiement destinée à signah'r la plante aux Insectes; la nature sait trop hieu allier l’écouomio des moyens avec la magniticence des résultats, pour que l’on ne doive pas présumer <iu’un meme organe sert à plusieurs lins; il est évident, par exemple, que la corolle est, comme le calice, une envelo[)|ie do protection, qui abrite les parties centrales de la Fleur; mais si nous ne connaissons pas toutes les fonctions do la corolle, il nous est permis du moins d’en constater la jilus importante et la plus digne do vos méditations.

La corolle, dont vous venez d’apprécier l’utilité, deyient pour la Fleur une parure pernicieuse, lorsque, par la culture, les pétales se jnultiplient aux dé[iens des étamines. Cette métamorphose s’opère facilement dans les Fleurs dont les étamines sont nombreuses, telles que les Anémones, les Heiioncules, les Pivoines, les Pavots, les Roses, etc. ; rien de plus fréquent dans nos jardins (jue ce luxe ruineux de pétales, qui frappe de stérilité le idstil de la Fleur : voyez cette Rose double; les étamines se sont nourries outre mesure, leur anthère s'est élargie, ainsi que leur filet, et le pollen a disparu : si toutes les étamines ont subi cette transformation, la Fleur alors est pleine, les ovaires ne se dévelO|)peront pas, et cet embon- {loint monstrueux, (jui rend la Rose si belle aux yeux du fleuriste, est une calamité pour la plante, destinée |»ar la nature à se perpétuer par des graines.

Vous connaissez la structure et les fonctions du calice, de la corolle, des étamines et du pistil : nous pouvons maintenant voyager avec fruit dans les Carrés, dans les Serres et dans la Calorie de botanifiue : vous entendez la langue du pays.

Revenons à la //ose, qui a été notre point de départ; vous avez sous les yeux le llosier églantier, dont les pétales sont tantôt d’un jaune vif, tantôt d'un ronge orangé à leur face supérieure ; le llosier jaune , dont les pétales ont la couleur du soufre; le llosier de Provins, dont la fleur est d’un rouge pourpre très-foncé; le Rosier rouillé , dont la fleur est rouge, petite, et dont les feuilles, froissées entre les doigts, exhalent une odeur suave (|ui rappelle la pomme de reinette. Tous ces arbrisseaux, <iui ne diffèrent entre eux ()ue fuir la consistance et la courbure des aiguillons dont leur tige est armée, par la forme ovale ou sfihériifue du calice, fiar la couleur ou l’oileur des pétales , sont autant éécspèces appartenant au genre llosier : leur port élégant, leurs feuilles composées chacune de trois ou ciinf folioles, leur calice resserré en godet pour loger les ovaires, toutes ces ressemblances établissent entre les Rosiers une parenté manifeste.

Nous allons voir dans leur voisinage d’autres plantes dont le port, la tige, les feuilles, no rappellent pas toujours les Rosiers, mais (fui, par la structure de leur fleur, ont avec ces derniers un rapport facile à saisir. Jetez un couf) d’o-il sur ce Framboisier, (fui est une espèce de Ronce; la fige est aiguillonnée, les feuilles sont aussi divis(M?s en trois ou ciiuf folioles, et munies, à la base de leur fiied ((fu’on nomme , de deux f)etites feuilles (nommées

stipules), beaucoup moins larges et f.lus caduques (fue dans les Rosicïrs, où elles forment deux ailes au-dessous de la vraie feuille; comme, dans les Rosiers, les feuilles sont épar.ses sur la tige, et non f.lacées vis-à-vis l’une de l’autre; comme dans \os Rosiers, le calice est divisé en ciiuf f.etites folioles; seuhmient (‘cs folioles ne se soudent f>as inférieurement f)Our former un godet creux; comme dans les Rosiers, le calice porte un grand nombre d’étamines; au milieu se trouve le fiistil. conifiosé aussi de filusieurs ovaires; mais ces ovaires, au lieu’

(I etre n'iifermés dans un godet creux formé f.ar le calice, sont à découvert, et prennent à la maturité une consistance succulente. Cette dernière différence sépare le Framboisier des Rolus, et foimc le (<iracteie du genre Ronce, dont deux esfièces vous sont bien connues; la

Uo.'itn tüUMitr.

DEI’XIÈMK PAirriE.

première est la Ronce des buissons, nommée en bolanitiue lioncc arbrisseau; la seconde est le Framboisier, nommé Home du mont Ida.

Comparez maintenant, avec les plantes qne vous venez d’étudier, le Fraisier, (pii étend à vos pieds ses tiges rampantes : de même (pie dans les Rosiers et les Ronces, sesfcuilles (composées de trois l'olioles) sont garnies, à la base du pétiole, de deux stipules bien visibles; la corolle est de ciiKi pétales disposés n'^gulièrement, les étamines sont nombreuses et naissent sur le calice ; le pistil offre seul une différence notable ; observez une tleur jeune, vous voyez un grand nombre de petits ovaires réunis en boule, mais distincts les uns des autres; ils sont socs, au lieu d’être pul[)eux comme ceux du Framboisier; mais bienbM \q réceptacle qui les supporte se gorge de sucs, grossit, déborde les petits ovaires, et les encliAsse do sa chair, fpii prend peu à [leu nue couleur pourprée : c’est ce ipio vous pouvez voir dans la Fraise, quand elle est mûre. Ce (pie vous mangez dans la Fraise est donc le réceptacle, tandis (pie, dans la Framboise, ce sont les ovaires. Les ovaires de la Fraise sont insipides et cracpient sons la dent; et ces petits tils noirâtres, qui se déposent au fond du vin ou de l’eau dans ln(]uelle vous avez plongé les Fraises, ces fils sont les styles desséchés, qui sa sont détachés do chaque ovaire.

Le genre Fraisier se distingue du genre Fonce par son réceptacle, qui devient pulpeux; il en diffère aussi par le calice, qui, au lieu d’être à cimi découpures, en présente dix, dont ciiK] plus petites et extérieures; le genre Potentille, riche en espèces élégantes, ne s’éloigne du Fraisier que par son n;ce[)taclo qui reste toujours sec.

Passons rapidement en revue les jilates-bandes voisines de celles que nous venons de visiter. Vous voyez \oa Cerisiers , \o9, Pruniers, Abricotiers, \e.'i Pêchers, \c?, Amandiers ; ces arlires ne diffèrent des plantes précédentes (pie par leur taille plus élevée, leurs feuilles simples, c’est-à-dire non divisées en folioles, et surtout par le pistil de leur Fleur; ce pistil lie .se com(»ose (juc d’un seul ovaire, dont la paroi interne s’épaissit, se durcit, et forme un noyau qui prot(;ge la graine, tandis (pie le tissu qui recouvre ce noyau se gonfle de sucs, et forme une [mlpe savoureuse. Les arbres (pii viennent ensuite sont les Poiriers, \q% Pommiers, les Cognassiers, les Néfliers, les Sorbiers, (pii diffèrent des précédents en ce (pie les ovaires, au lieu d’être libres comme dans la Frambois(î, au lieu d’être renfermés dans la cavité du calice, mais sans se confondre avec elle comme dans la Rose, forment dans la Pomme, dans la Poire, etc., un seul et même corps, composé: l°au centre, de ciii(| ovaires renfermant chacun ordinairement une ou deux graines, nommées pépins; 2'’ à la circonférence, d’un calice (pii a pris nn développement énorme et a comprimé les ovaires, au point de se souder et de se confondre avec eux. Ce (pio vous mangez dans la Pomme est donc principalement le calice : quant à ce débris noirâtre (|ui couronne la Pomme, et (pi’on appelle commuiKMiient la mouche, c’était autrefois la moitié supérieure du calice, (pii portait les étamines, dont vous pourrez encore reconuaîtro les vestiges; cette moitié supérieure est restée stationnaire et U fini jiar se tlétrir, tandis (pie la moitié inférieure prenait un accroissement con.sidtVable.

Dans r(.*xamen comparatif (jue vous venez de faire, vous avez pu remanpier (pie les Rosiers, Homes, Fraisiers, Potentillcs, Cerisiers, Pêchers, Pommiers, Poiriers, etc., ne diffèrent ossentiellenient (pie par leurs fruits, bien (pie d’ailleurs la graine ait dans tous une structure semblable, comme vous le verrez bientôt. Le calice est à ciiKj découpures qui se soud(Mit [dus ou moins i»ar hnir base; la corolle se compose de cim} pétales syiiuHriques, et posés sur le calice; les étamines sont nombreuses, et naissent comme les p(Hales sur le calice; en outre, les feuilles sont toujours munies de deux stipules ((|ui tombent de bonne heure dans les Cerisiers et les Poiriers), et au lieu d’être opposées l’ime à l’autre, elles sont alternes sur la tige. Eh bien! tous ces caractères, joints à une certaine physionomie (pi’il est plus facile de comprendre (pie d’exprinujr, ont servi à former un groupe naturel ([ue l’on a appelé /‘mn?7/t>. Ainsi le groupe que vous venez d’observer constitue la famille des Hosacées, l'ime des plus éhigaiites du Règne végétal, famille qui se divise en groupes secondaires, nommés gettres, et fondés sur

ÉCOLE DE BOTANIQUE

des différences dans la forme, la proportion, la consistance des diverses parties de la Fleur. Chaque genre, à son tour, comme vous l’avez vu pour les Rosiers, se divise on espèces, dont les caractères distinctifs sont tirés des feuilles, de la tige, de la couleur et de l’odeur des Fleurs, etc.... Je n’ai pas besoin de vous dire qu’il faut entendre par espèce la réunion d’individus assez semblables entre eux pour être supposés issus d’une même graine. Plus tard, jo vous parlerai des races et des variéte's.

Cette analyse générale des Rosacées vous a paru peut-être un peu austère, mais jo no voulais pas vous épargner un travail d’esprit, (jue je regarde comme indispensable, et qui, une fois fait, va vous rendre facile l’étude comparative des diverses familles du Règne végétal.

Auprès des Rosacées se range la famille des Myrtes, qui s’en distingue par ses feuilles toujours opposées, et jamais pourvues de stipules; vous voyez d’abord le Myrte commun, dont les fouilles exhalent un parfum délicieux; puis le Seringat, dont les fleurs en grappe possèdent aussi une odeur très-pénétrante; enfin le Grenadier, arbrisseau originaire d’Afrique, dont la fleur est d’un rouge vif; le calice, qui est épais, imite assez bien une grenade faisant explosion, et les pétales chiffonnés qui en sortent achèvent la comparaison; les graines sont nombreuses et entourées d’une pulpe acidulé très-agréable. C’est aussi à la famille des Myrtes qu’appartient le Giroflier; ce qu’on nomme Clou de Girofle est la fleur non développée de cet élégant arbuste.

De l’autre côté des Rosacées, nous allons voir se développer une famille nombreuse, dont le port et les caractères sont faciles à saisir : c’est la famille des Légumineuses. — Voici la Gesse odorante , nommée vulgairement Pois de senteur.

C’est une herbe grimpante, à tige anguleuse; les feuilles sont alternes; chaque feuille se compose de deux folioles ovales ; au bas du pétiole sont deux stipules qui ressemblent chacune à un demi-fer de flèche ; à l’extrémité do ce même pétiole sont dos filaments disposés deux par deux, et terminés par un filament impair; ces filaments s’entortillent autour des corps voisins , et soutiennent la plante. Si vous réfléchissez un instant sur la nature de ces filaments , vous reconnaîtrez , par leur position , que ce sont des folioles réduites à leur côte moyenne; la Nature les a empêchées de s’élargir , et leur a confié des fonctions autres que les fonctions ordinaires des feuilles, dont je vais bientôt vous entretenir, et qui ne sont pas

. ... ^ OtJORANTF.

moins merveilleuses fjue celles de la corolle el des étamines*

Venons à la fleur de la Gesse odorante. \'ous trouvez d’abord un calice de cinq folioles inégales, soudées par le bas; déchirez doucement ces folioles dans leur partie libre, vous v'crroz que c est sur la partie soudée (jue naît la corolle : cette corolle est irrégulière, et formée de plusieurs pétales; le pétale que vous enlevez le premier, et (jui recouvre tous les autres, se nomme étendard; au-dessous de lui sont deux pétales parallèles, et nommés les ailes; en dedans, et au-dessous de celles-ci, sont les deux derniers pétales, légèrement soudés par le bas, et imitant une nacelle. Cette espèce de corolle est appelée papitionacée. Remarquez (jue toutes les pièces qui la composent sont solidement emmortaisées les unes dans les autres. Si vous abaissez enfin la nacelle, vous voyez qu’elle logeait dans son sein les étamines et le pistil ; ces étamines forment elles-mêmes un fourreau qui protège le pistil; leurs filets sont soudés dans la moitié de leur longueur : il y en a neuf ainsi réunies, une dixième est libre, et c’est précisément celle qui répond à la série des graines, de sorte (jue, quand elles tendent à se développer, l’étamine isolée se soulève , et le fourreau s’ouvre sans résistance. Le pistil se compose d’un seul ovaire, surmonté d’un style recourbé, le long du(|uel vous voyez (juehjucs poils mous, destinés à happer le pollen. Ouvrez délicatement cet ovaire, vous V veirez des graines attachées le long du bord qui regarde l’étendard. Ce fruit s’aj.pelle Gousse o\\ Légume : de là le nom de Légiwiineuses qu’a reçu cette famille.

DEl MÈ.MK PMn'iK.

K(.'s lA'gumiiiousos mérilent, sous plusieurs rapports, de fixer voire attention : elles sont oni{)loyéüs comme fourrages ou comme plantes potagères; tels sont les Pois, les Fèves, les Haricots, les Lentilles, les Trèfles, les Luzernes, etc.; elles fournissent à la médecine un grand nombre de médicaments, tels i(ue la Gomme arabique, la Gomme adragante, la Casse, \QSené, le Tamarin, le Cachou, la Jieglisse, le Paume de Tolu, etc. ; c’est de cette famille que les teinturiers tirent le bois do Campêche et le bois de Brésil, si usités pour teindre en noii et on rouge; c’est à elle ([u’apparticnl V Indigotier , dont on extrait cotte belle matière coloianto bleue, nommée indigo; nous lui devons, en outre, beaucoup do plantes d’ornement, telles que les Genêts, les Cgtises , les Acacias, le Daguenaudier , etc. ; enfin, c’est surtout dans les Légumineuses (pio l’on observe des mouvements périodiques, exécutés [tar les fouilles, phénomène ([ue Linné, dans son langage poétiipio, a nommé veille et sommeil des Plantes. Ainsi le Bobinier faux Acacia, nommé vulgairement Acacia, a ses folioles étendues pros(jue borizontalement au lever du soleil ; les folioles se redressent à mesure »]uo cet astre s’élève; elles baissent en même temps (jue lui, et tant qu’il est au-dessous de l’horizon, elles sont presijue pendantes , elles dorment.

La lumière artificielle peut <iueb[uefois produire cette veille et ce sommeil; cl des observateurs ont, pendant la nuit, éveillé des Plantes en dirigeant sur elles une grande quantité de rayons lumineux.

La Mimeuse pudique , que tout le monde connaît sous le nom de Sensitive, et qui est une Legumineuso, dort la nuit et veille le jour comme l’Acacia.

Nous verrons dans les Serres une autre Légumineuse, bien plus nmianiuablo enconî : c’est un Sainfoin , originaire du Bengale , que l’on nomme Jledgsarum gyrnns.

Enfin , il y a une Plante, nommée Attrape-Mouche , (pii nous est venue de l’Amérifiuo septentrionale, et dont la sensibilité est funeste pour les Insectes (pii s’en a[»procbent : c’est le Dionœa muscipnla, do la famille des Oroseracéos.

Ces divers mouvements o[>érés par les feuilles, sont des phénomènes exceptionnels (pii ne s’observent que dans un petit nombre de familles; il s’agit maintimant de vous explniuer les fonctions ordinaires de la feuille dans tous les végétaux.

Les feuilles servent princii'alement à absorber dans l’atmosjdière, et surtout dans l’atmosphère humide, les éléments niîccssaires à la nutrition de la Plante ipii les porte.

De mi'me que les racines, elles pompent l’eau, par leur face inférieure surtout. \'ous savez combien l’eau est utile aux Plantes, et combien il est facile de leur rendre leur fraîcheur en les an’osant : or, il y a, dans l’île de Madagascar, mi v(*gétal , le Nepenthes distillatorin ,

•pie la nature a singulièrement favorisé à col égard. Outre la faculté d’absorber de l’eau par les feuilles et jiar les racines, elle lui a fourni les moyens d’en amasser des provisions considi^rables ; c’est dans des réservoirs placés à l'extrémité des feuilles (pie vient s’accumuler, par infiltration, l’eau (pie la Plante <i t»ompée dans le sol et dans l’atmosplièn’.

(iluKpio feuille porte à son sommet un long filament (pie termine une espèce d’urne; cette urne est close à son orifice par un couvercle mobile. Pendant la nuit, le couvercle est baissé, et rurne se remplit d’une eau limpide, tiùs-bonne à boire. Pendant le jour, le couvercle se soulève un peu, et l’eau diminue do moitié, tant [tar l’évaporation (jue [tar l’absorption.

IjCS feuilles ne se bornent [tas à absorber de l’eau; elles hument l’air, en un mot, elles respirent. Or, pour (pu! vous compreniez bi(‘U la respiration des Plantes, il faut (jue vous ayez une idée exacte de la respiration des animaux, .le serai court et je tAcluTai d’être clair.

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