ÉCOLE DES ARBRES FRUITIERS
Les stolons ou coulants sont des braiiclios poussant du collet des racines, tombantes, et produisant, d’espace en espace, supérieurement des racines, inférieurement des feuilles : c’ost ce ([UC vous observez dans le Fraisier.
Les tubercules sont des masses épaisses , contenant du tissu cellulaire dont les mailles sont remplies de fécule, et entre-croisées par quel<iues vaisseau.x qui se rendent à la surface. Cette surface offre de petites cicatrices ou yeux, qui no sont autre chose que de véritables bourgeons souterrains, aptes à produire do nouveaux individus : c’est ainsi que la Pomme de terre peut se reproduire; la Pomme de terre est un véritable rameau souteri'ain, gonflé de parenchyme , d’où naissent des racines et des feuilles.
Les bulbilles sont des corpuscules écailleux ou charnus qui naissent sur diverses parties de certains végétaux, se détachent de la plante mère, s’enfoncent en terre, et produisent do nouveaux individus ; c’est ce qu’on observe dans une espèce à' Ail et une espèce de Lis.
La greffe est un mode de reproduction des végétaux ligneux , qui consiste à implanter sur un individu une branche ou un bouton d’un autre individu. Pour que la greffe réussisse , il faut que les deux individus appartiennent au même genre et à la même famille; que leurs vaisseaux soient conformes, pour pouvoir s’aboucher; que leurs sucs soient identiques; (ju’ils absorbent la même quantité de sève, et entrent en sève à la même époque : lors(|ue ces conditions sont remplies , et que l’on met en contact les fibres intérieures de leur écorce , la branche ou le bouton greffé se développe comme à sa place naturelle. L’individu sur lequel on pratique la greffe s’appelle sujet, et l’individu qu’on lui fait adopter s’appelle greffe.
LK l'AlVTEURE DES PLAMES .MÉDICI.N ALES , I.E CARRÉ POTAGER ET DES PLANTES l SCELLES, LE CARRÉ CRELX, LE CARRÉ FLELRISTE, LE PARTERRE CII VPTAL,
Descendons maintenant vers la terrasse qui conduit à la porte d’entrée du côté de la
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rivière («° 96 du plan) : en face de cette porte sont quatre carrés consacrés à la culture des plantes médicinales , dont on fait des distributions gratuites aux pauvres. Elles y sont déposées par bandes et toutes étiquetées, pour que les herboristes et les étudiants en pharmacie puissent les examiner dans tout leur développement.
Le Carré qui vient à la suite du Parterre médicinal porte le nom do Carré potager (n° 95 du plan) , dont nous parlerons plus en détail tout à l’heure : on y cultive les plantes potagères et usuelles.
Le Carré creux [n° 94 dxi plan) , au fond duquel il y avait autrefois un bassin destiné à la culture dos plantes aquati(pies qui devaient recevoir par infiltration les eaux de la Seine , est maintenant consacré à la culture des [)lantes à fleur, dont on veut étudier l’effet pour l’ornementation des jardins.
DliL XJk .MK PARTI K.
Après lo Carré creux, viennent le Carré fleuriste [n° 9:i du plan), les Carrés Chaptal (/t°92 du plan), ou l’on cultive les plantes d’ornement vivaces. Le Parterre. Chaptal doit son nom au ministre tiui accorda les fonds nécessaires pour l’établir. \ nus y pourrez admirer de lon- {^ues lignes d'iris, des Pivoines, des Martagons , des Asters, des Dahlias, des Géraniums, et de charmantes Heurs propres aux bordures.
Dans le Carré potager et des plantes usuelles {n° 95 du plan), qui suit immédiatement lo Parterre des plantes médicinales, les j)lantes ne sont point rangées selon une méthode botani(iue, mais par ordre de propriétés. 11 y a des carrés pour les plantes qui nourrissent l’homme, pour les plantes [tropres à servir de fourrages, et pour les plantes emfdoyées dans les arts. Là sont les Céréales {Froment , Avoine , Orge, Seigle, Maïs)’, les Légumes farineux {Haricots, Fèves, Puis, Lentilles, etc.); les plantes potagères {Patates, Topinambour , Scorsonère , Choux, Épinards, Oseille, Artichauts, Choux-Fleurs , Capucines, Courges, Melons)-, les Semences ou les feuilles aromathjues {Coriandre, Anis, Fenouil, Persil)’, les plantes mangées en salade {Laitue, Chicorée, Mâches). Là sont aussi les plantes textiles {Lin, Chanvre , Phormium tenax) ; les plantes tinctoriales {Garance, Pastel)’, les Herbes à fourrages {Graminées, Trèfles, Luzernes, Sainfoin)’, enfin, le Houblon, le Tabac, le Chardon à foulon, qui ont un usage particulier.
L’École des plantes usuelles est une véritable ferme-modèle en raccourci. Chaque massif représente un champ destiné à chacun des Végétaux herbacés qui sont utiles à l’homme, et (jui peuvent croître dans nos climats. Ou a soin d’alterner les cultures, pour ne pas mettre plusieurs années de suite les mêmes plantes dans te même terrain; cette alternance est fondée sur la propriété spéciale, appartenant à chaque plante, de ne puiser dans lo sol que les matériaux (lui lui conviennent, et de laisser ceux (jui ne peuvent la nourrir, mais (jui pourraient nourrir une espèce différente.
Ceci me fournit l’occasion de vous dire tjuelques mots sur tes variétés. Vous savez que lo mot Espèce, en botanique, ex[)rimo la réunion d’individus assez semblables entre eux pour être supposés issus d’une même graine; vous savez (lu’im Genre est la réunion des espèces analogues par les organes de la fructification ; vous savez enfin ([u’une Famille est la réunion de tous les genres qui, malgré des différences dans la forme extérieure du calice, de la corolle, du pistil, dans le nombre des étamines et dans le port de la planUq ont entre eux une afflnité réelle, fondée sur le calice libre ou adhérent, l’ensemble des pétales, le point de départ des étamines, l'agencement du pistil et l’organisation de la graine. Ainsi, la Famille se divise en Genres, et le Genre eu Espèces; mais l’Espèce elle-même peut se subdiviser : plusieurs individus provenant des graines d’un même ovaire peuvent être placés dans de certaines conditions, différentes pour chacun d’eux. L’un végétei-a sur un rocher aride, l’autre dans un sol marécageux; celui-ci sera abrité, celui-là sera battu des vents; l’homme lui-même pourra faire naître volontairement ces circonstances extérieures, et les combiner selon ses besoins. Le Végétal, soumis à ces diverses inlluenc(ïs, finira [>ar é[»rouver des changements dans scs (jualités sensibles, telles que lo volume de la racine, les dimensions, la consistance et la dunx; de sa tige, les nuances et le parfum de sa fleur, la saveur et les dimensions de son fruit, etc. — Mais ces changements, quelque grands (qu’ils puissent être, n’effaceront pas le caractère primitif do l’espèce, que l’on reconnaîtra toujours au milieu de ses modifications. L’ensemble des individus d'une même espèce qui ont subi une modification semblable, porte le nom de VARIÉTÉ.
Les caractères d’une Variété, tenant à des causes accidentelles, ne sont jamais constants: dès <iuo la cause altérante s’arrête, l’altération cesse, et l’espèce primitive reparaît avec son tvpe originel. La plupart des Variétés sont l’ouvrage do l’homme : il a observé attentivement, il a continué avec persévérance, il a même exagéré les circonstances accidentelles qui avaient donné lieu à une modification quelconque dans les qualités do l’espèce; et la plante sauvage