‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 59 sur 100 · MÉNAGERIE. — MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

MÉNAGERIE. — MAMMIFÈRES

Les Cynoci-'phales ont la queue pendante, mais légèrement relevée à sa base; leurs narines sont tout à fait terminales , et donnent à leur tète l’apparence d’une tête de Cochon ou môme de Chien , ce qu’on a voulu exprimer par le mot cynocéphale. Si l’on considère seulement la manière de vivre de ces Singes, la première de ces dénominations leur convient beaucoup mieux que la seconde, car ils sont sales et grossiers au dernier point. Ils nous viennent d’Afrique. Le plus commun est le Papion de la haute Égypte. Il est verdâtre et tiqueté de jaune; ses formes sont trapues, sa queue est assez longue, mais ne touche pas le sol quand l’animal est en marche. On le distingue du Babouin, qui est plus jaunâtre, et du Chacm a , espèce des environs du cap de Bonne-Espérance, et dont l’aspect a quelque chose d’effrayant. L’IIamadryas paraît, au contraire, plus doux; il est en effet plus facile à apprivoiser. Dans les mâles adultes, les poils sont fort agréablement mouchetés de cendré, et ceux de*la tôle el du thorax forment une sorte de crinière qui coiffe l’animal comme d’une ample perruque. L’Arabie est la patrie de ce Singe, et les bateleurs égyptiens le mènent fréquemment avec eux. Quatre Hamadryas, d’âge et de sexe différents, ont vécu à la Ménagerie.

Ges Singes ont été fort souvent représentés sur les monuments égyptiens. Leur cri ordinaire, ainsi que celui des autres Cynocéphales, est un grognement assez facile à imiter. Quand ils sont en colère, leur voix devient forte et retentissante. Quelques-uns reconnaissent, après les avoir depuis longtemps perdues de vue , les personnes qui leur ont anciennement donné des soins.

La Singerie nourrit aussi, et presque constamment, des Singes do l’espèce des MannniLLS, habitant la côte de Guinée. Ils reproduisent parmi les Cynocéphales la particularité remarquable d’une queue très-courte, particularité également offerte par quelques espèces du genre Macaque.

Les Mandrills sont surtout singuliers par la vivacité des couleurs de leur face et de quelques autres parties de leur corps. On n’en possède guère que des jeunes; les adultes sont d’une brutalité incorrigible.

Le Drill en est très-voisin sous tous les rapports, mais il est plus rare; le premier de ceux qu’ont observés les naturalistes français appartenait à un montreur d’animaux ; il a été décrit avec soin par Fréd. Cuvier. La seule espèce connue de Cynocéphale qu’on n’ait pas encore possédée vivante est celle que M. Ruppel, de Francfort, a trouvée sur les montagnes boisées de l’Abyssinie, et qu’il appelle Cynocephalus Gelada.

La Singerie a nourri un joli Papion d’Afrique, remarquable par ses formes élancées et par la teinte jaunâtre de son pelage. C’est une espèce bien différente de celles qu’on connaît et qui ressemble au Babouin. Elle a été figurée dans les vélins de la collection du Muséum.

Le genre des Cynocéphales est le dernier de la première famille des Singes Pithèques, qui comprend tous les Singes de l’Afrique et de l’Asie. Le Maroc et le Japon sont, de l’ouest à l’est, les points extrêmes où l’on en connaisse; et dans la Malaisie, il n’y en a plus au sud, à partir de la Nouvelle-Guinée. La Nouvelle-Hollande, la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande en manquent également.

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