‹ Le museum des sciences et des arts choix de traités complets instructifs sur les sciences physiques et leur application aux usages de la vie par le dr. Dionisius LardnerChapitre 31 sur 43 · VOIES DE COMMUNICATION EN FRANCE · texte numérisé non relu

VOIES DE COMMUNICATION EN FRANCE

S'il est utile île connaître l'état des choses chez les peuples étrangers, il esl indispensable de savoir l’état des choses chez soi. C'est pour cette raison igi'après avoir |iarlè des voies de communication aux États-Unis, on donne ici un aperçu des voies de communication en France.

Les voies de communication de la France sont nombreuses; elles se partagent en routes de terre, chemins de fer, rivières navigables, et canaux.

Routes df. tome. — Les premières grandes routes de terre qu’ait eues la France, dit Th. Lavallée, sont dues aux Romains; il n’en reste presque aucune trace; laissées à l'abandon et à la dégradation pendant plusieurs siècles, ce ne fut que sous Philippe-Auguste qu'on essaya de mettre quelque ordre dans le système de viabilité du domaine royal. Henri IV ordonna de planter des arbres sur les cotés des routes royales, et il attribua l'administration générale des chemins b un grand voyer, qui fut Sully. La viabilité fit de grands progrès, sous Louis XIV et Louis XV, par les soins des ministres Colbert et Trudaine. Mais ce n'est que de nos jours, et principalement dans les trente dernières années, que la France a été sillonnée par des roules en tous sens, et que leur système d'entretien a été complètement organisé. I-eur ensemble couvre aujourd'hui plus de 1 5000 kilomètres carrés.

Les routes françaises se partagent en mutes nationales, entretenues par l'État ; en routes iléiiartementales , entretenues |>ar le département ; chemins vicinaux de grande et de |ictitc communication, qui sont à la charge des communes. La largeur des routes nationales est de 12 à t 3 mètres; celle des mutes départementales, de 10 à 12 mètres, etc. La plupart sont on pavées ou ferrées, bordées d'arbres et de fossés, pourvues de ponts, ponceaux, aqueducs, etc.

La France possède actuellement 36000 kilomètres de routes nationales, ÜOOO kilomètres de routes départementales, 70000 kilomètres de chemins de grande vicinalité, et 800000 kilomètres de petits chemins vicinaux. Toutes ces voies de communication sont très-inégalement réparties : les dé|>artemeiits du nord et de l'ouest sont mieux partages que ceux du midi et de l'est.*

Voici les principales routes de Paris aux frontières :

Frontière itu nord-est.

kilon.

1» De Paris A Dunkerque, par Amiens, Arras et Béthune 281

2<* à Lille, par Amiens et Arras 211

3° A Lille, par Péronnc et Douai 210

A Valenciennes, par Compïègne , Saint-Quentin et

Cambrai 210

5«* A Maubenge, par Soissons, Laon et Avcsnes 213

6® à Givet, par Soissons, ltéthel et Mtîzières 2« r >2

7® à Metz, par Meaux, Ornions et Verdun 316

Frontière de l’est.

I ° De Paris A Strasbourg , par Meaux, Chàlons, Bar-le-Duc,

Nancy et Sarrebourg 436

2® A Strasbourg, par Meaux, Chàlons, Verdun, Metz

et Sarrebourg 464

3<* à Bàle, par Troyes, La tigres, Vesonl, Béfort 486

20 i VOIES DE TRANSPORT, ETC.

Mhlffl.

4® Do Pari» à Besançon, par Troyes, Langres et Gray 403

r,o à Genève, par Besançon et les Housse*. SOT»

0® à Lyon, par Melun, Tonnerre, Clialon et Mâcon. . . 405

(Do Lyon à Genève, 1X5; à Chambéry, 1 10; à Grenoble, 1 14.)

Frontière du sud-est.

|o De Paris à Chambéry, par Lyon et les Echelles Cil

2® à Briançon , par Lyon et Grenoble 001

3® à Antibes, par Lyon , Avignon et Aix 035

Frontière de la Méditerranée.

1® De Paris à Toulon, par Lyon, Aix et Marseille XXi

2° à Marseille, par Lyon et Aix 82 i

3° à Montpellier, par Lyon et Mmes 750

Frontière du sud-ouest.

I® De Paris à Perpignan, par Lyon et Montpellier XIO

2° à Toulouse, par Orléans, Limoges et Caliors 092

3® A Bayonne, par Bordeaux XI 5

Frontière du golfe de Gascogne..

1® De Paris à Bordeaux, par Tours, Poitiers et Angoulèmc 501

2° à Rochcforl, par Poitiers et .Niort 408

3» à Nantes, par le Mans et Angers 391

t® à Brest, par Alençon et Rennes 597

Frontière de lu Hanche et de la mer du .Xord.

1® De Paris à Cherbourg, par Evreux, Lisieux, Caen, Bayeux

et Valogncs 313

2® au Havre, par Rouen -17

3® A Boulogne , par Amiens 237

Chemins dk fer. — L es chemins «le fer existaient depuis environ deux siècles en

Angleterre, lorsqu'on établit eu France le chemin tic fer de Saint-Etienne à Lyon. Ce fut le premier chemin français de cette espèce. Depuis la loi du II juin 1K42, ces voies nouvelles ont pris en France, comme on va voir, uu certain développement (*).

Le principal réseau des cltémins de fer français a pour centre Paris, d’où partent six grandes voies, lesquelles vont se bifurquer sur tout le territoire.

1° Chemin du .Word. par Pontoise et Creil (C7 kilom.), d'où part un embranchement sur Saint-Quentin (470 kilom.) qui doit aller à Mous; de Creil, il continue sur Amiens (447 kilom.), d'où part un embranchement sur Boulogne (272 kilom.). D'Amiens, il continue par Arras sur Douai [ i SI kiloui.), d’où part un embranchement sur Valenciennes (277 kilom.), et de là sur Mous et Bruxelles (370 kilom.). De IA il va à Lille (271 kilom.), d’où part un embranchement par Roubaix et Ttirening sur Mouscron (291 kilom.), cl de là sur Garni. De Lille il va à lla/.ehrouck 315 kilom.), d’où part uu embranchement sur Calais (377 kilom.), et va linir à Dunkerque (356 kilom. ). Le développement tolal du chemin est «le 707 kilomètres. Il communique avec tous les chemins de fer de la Belgique, avec ceux de la Prusse, et relie la France à tout le non! de l'Europe et aux îles Britanniques.

(*) Ce n’est qu’à partir de 1829 que Ips locomotives servirent au transport des voyageurs. Jusque-là (et depuis 181 5) elles n'avaient servi qu’au transport des marchandises. Le premier essai en fut fait le G octobre 1829, en Angleterre. Gc fut la Fusée ( locomotive dans la construction de laquelle Georges Stephenson avait adopté les chaudières tubulaires de M. Séguin) qui l'emporta.

Diqitized b

NOTES. il»,".

J" Chemin de fer de (Est ou «le Strasbourg, par Meaux, Château-Thierry, Kpernav [111 kilom.), d'où part uu embranchement sur Iteims (171 kilom.), Ciblons, Blcsiucs 217 kiluiu.), d'où part uu embranchement sur Sainl-Dizier qui doit aller dans le bassin de la Saône. De lllesmcs, il va par Bar-le-Duc et Toul sur Nancy (332 kilom. , d'où part un embranchement sur Metz (398 kiloui.), lequel se bifurque en deux chemins : l’un va sur Thionville (31 kilom.) et doit aller sur Luxeml>onrg; l'autre va sur Forbach [ici kilom.), et de b sur Maulieim et toute l'Allemagne. De Nancy, le chemin principal continue par Lunéville, Sarrcbourg, et arrive à Strasbourg [501 kilom), où il se joint par Kohl aux chemins de fer du grand-duché de Bade. De Strasbourg part un embranchement qui va par Colmar et Mulhouse à Uàlc'lliSl kilom.).

3" Chemin de la .Méditerranée, ou de Lyon à .Marseille, I cl r Melun, Montercau i.79 kilom.), d'où part uu embranchement sur Troyat (179 kilom.) qui doit aller, par Chaumont et Vesou!, à Bile; de b il continue par Dijon (313 kilom.), Chalou (333 kilom.), Mâcon ((il kilom.), Lyon (307 kilom.), Valence, Avignon (710 kilom.), Tarascon (7 i I kilom.), d'oii part uu embranchement sur Nîmes (769 kilom. . Montpellier (313 kilom.), Celte (3(6 kilom.). De Tarascon, le chemin continue par Arles sur Marseille (3 lu kilotn.).

Au chemin de la Méditerranée se rattache le chemin Grand-Central, qui va de Lyon, par Saiol-Kliennc, et doit relier tous les chemins du centre de la France, jusqu'à Bordeaux.

i” Chemin d'Orléans, avec ses prolongements, qui se subdivise ainsi : I" de Paris à Orléans (121 kilom.), dont uu embranchement sur l'-orbeil; 1" d'Orléans à Tours (236 kilom.), Angers (3(3 kilom.) et Nantes ((31 kilom.); 3 u de Tours à Poitiers (337 kilom.), à Augoulème (130 kilom.), à Bordeaux (333 kilom.), à Dax (631 kilom.), à Bayonne, et de là doit aller en Espagne; (“d'Orléans à Vierzon (2U2 kilom.), où il y a bifurcation, d’une part sur Clbleauroux (2U3 kilom.) , qui doit aller par Limoges et Périgueux joindre le Grand-Central ; d'autre part sur Bourges (133 kilotn.). Ne vers (302 kilom.), Moulins (3(2 kilom.), qui doit aller par Clermont joindre le Grand-Ceutral.

3° Chemin île l'Ouest, par Versailles, Chartres (38 kilom.), le Maus (211 kilom.), et doit aller sur Rennes et Brest.

6“ Chemin de la .Munche, par Mantes (37 kilom.), Rouen (137 kilom.), oit il se bifurque; un des embranchements va sur Dieppe (201 kilom.), et l'autre sur le Ibvre (229 kilom.) '

An 31 décembre I S.'îi , le total des chemins de fer français exploités était de. (676 kilomètres, ou I 169 lieues. — On a vu au chapitre 111 (S xi) des lo iesde transport aux États-Unis que le total des voies ferrées sur le territoire de cette grande république était, vers 1831, de 6300 milles, on 2 6U0 lieues, cl qu’en Angleterre il était de 3 U00 milles, ou 2 000 lieues.

Rimèiiks navigables. — Le tableau des rivières navigables de la France qu'on met sous les yeux du lecteur est extrait (comme, du reste, la plupart des documents qui précèdent) du travail que public en ce moment M. Lavallée sur Malte- Brun (*).

lluitint de LAdour, Airelle, etc.

Bidassoa fi Bidouzc (Came) 20

Nivelle lAscami 10 Laran 15

Anoca (Saint-Sever) 129 Nivc(Cainbo) 27

Midouzc (Mout-de-MarsanJ 13 Lèvre 0

Gave de Pau (peyrehorade) 10

(•) ter, noms entre parenthèses indiquent les lieux où tes cours d’eau sont navigables; les chiffres indiquent ta longueur navigable.

Garonne (Guère»)..

Salai (la Cave)

Ariége (Cintegabelle)

Tarn (Alby)

Bais; Xérac)

Gers (Audi)

Bassin de la Garonne.

428 Lot (Entraigues)

Il Dropi (Eymet)

HO Dordogne (Mayronne),

1 40 Vezère (Montignac) . .

."i" I«le (Périgueux)

ÎÜ Dronne (Coutras) . . . .

Bassins de la Charente, de la Sèire mortaise, etc.

Setidre (Saujon) 52

GiiARENTE(Montignac) 168

Boutonne (Saint-Jean-d’Angely) 35

Sèvre niortaise (Niort) 72

Mignon (Port-de-J ouet) 15

Autise (Port-de-Souille).

Vendée ( Fontenay ) . . . .

L»y (Beaulieu)

Vie (Pas aux Petons). . .

Loir.e (la Xoiric)

Arroux (Geugnon)

Allier (Fout ailés)

Loiret (Pont-de-Saint-Mesmin)

Cher (Montluçon)

Vienne (CbàUdlerault)

Creuse (Lauvernière)

Thoué (Montreuil-Bellay)

Mayenne (Laval)

O u don (Segré)

Bassin de la Loire .

... KI9 Sartlie (Amage)

. . . 20 Loir (Châtcuu-du-Loir) . . .

... 211 Sèvre nantaise (Mouni ère)

3 Erdre(Nort)

. . . 275 Acbeneau (Port-Saint-Père)

. . . 89 Option (Port-Saint-.Martiu)

. . . H Boulogne (Besson)

... 2:t Tenu (Saint-Mesmes)

... 94 Brivé (Pont-Château)

Bassins de la Vilaine, du Blavet, etc.

Vh.ai.ne (Ccsson) 196 Anray(Anray)

Cher f» Blavet (llennebon)

Don (Guéménée) 9 Scorf (Port-Scorf)

Oust (Maletroit) 37 Odct (Quicnper)

AfT (la Gacily) f» Aulne (Port-l'Aunay)

Jsac (Gucrrouet) 10 Elorn (Landerneau)

Bassins du Trieux, de la Itance, etc.

Aber-Wracli

G uer (Port-Lannion . . . , Tréguicr (Tréguier) Trieux (Port-de-Tricux).

Lcff (Houel)

7 Court (Port-de-Gouet) , U Arguenon (Plancoét) . .

17 Bauce (Dinan)

15 Sienne

3 Couesnon (Antrain] . .

Bassins de la Vire, de P Orne, etc.

Selune (Ducey) . 3 Vire

Douve (Saint- Sauvcur-le-Vicomte) .... 38 Aure t Trevifcrc)

Merdcret (Chausade-de-la-Fière) t» Toucques (Lizicux)

Sèvro (Cliausséo-de-Beauptc) 5 Dives

Taute (Périeux) 23 Orne (Laon)

Tcratte (Saint-Pierre d’Artiienay). ... C

Bassin de la Seine.

Seine (Marcilly) 558 Grand-Morin (Tigeaux)

Aube (Arcis) i3 Oise (Chauny)

Yonne (Auxerre] 119 Aisne (CliAleau-Porcicn)

Marne (Saint-Dizier) 312 Eure (Saint-Georges) . . . .

Ourcq (la Ferté-Milon) 36 Bille (Pont-Audemcr) . .

Bassins de la Somme, etc.

Brcsle(Eu) 3 Canche (Montreuil) .... ,

SomiE 15C Aa (Saint-Omer)

Avrc (Moreuil) 21

N< >TES

Russins du Ithin cl de l'Eicaut

Escaut (Cambrai)

Scarpe (Arras)

Lys (Aire)

KO

lit (LadhotT)

Moselle (Frouard)

Meurtlie (Nancy)

Ht

Lawe

IK

Chiers (Brcvillv)

Hui n

Sauibrc (Landrecies)

Bassin du Rhône.

Hérault (Bcssan)

Saône (SavoyCUX)

Orb 'Sérignan)

Doubs (Navilty)

BHôNK(Fort-rÊcIuse)

Seillu (Louhàns) ..

Ain (Chaitre-Ose-de-Vaucluse). . .

Isère f Mont moi liant!

flltf

Bienue (Dortan)

Ardèche (Saint-Martin)

E» résumé, la France proprement dite renferme 5 grands fleuves, 90 fleuves secondaires, 5 000 rivières ou ruisseaux. 1 13 de ces cours d’eau sout navigables sur une étendue d'enviruu 9 000 kilomètres, 212 sont flottables. Sur ces 9 600 kilomètres, 5 000 appartiennent au nord de la France, S 600 au midi.

Canaux. — Il existe, en France, trois systèmes de canaux : I” Ceux qui joignent les deux grands versants de la France, ou le bassin du Rhône. avec les bassins de la Garonne, de la Loire, de la Seine et du Rhin, cl qui traversent par conséquent la ligne générale de partage des eaux; 2" ceux qui joignent entre eux les bassins du versant de l’océan Atlantique ; 3" ceux qui sont latéraux aux fleuves ou à la mer.

Les canaux qui traversent la ligne générale de partage des eaux sont :

1“ Canal du Midi, qui va de l’étang de Thau, entre Agde et Cette, à Toulouse, sur la Garonne. Sou seuil de passage est au col de Naurouze , cl sou développement est de 2(1 kilomètres, dont 33 pour le versant de l'Océan, et 1 SS pour le versant de la Méditerranée. Le complément de ce canal est le canal des Etangs, de Cette à Aigues-Mortes, et le canal de Beaucaire, d'Aigues-Mortes au Rhône.

2° Canal du Centre, qui va de Clialon, sur la Saône, à Digoin, sur la Loire. Sim seuil de passage est aux sources de la Bourbince et de la Dlieumo, et sou développement est de 1 18 kilomètres, dont 68 pour le versant de la Méditerranée, et 30 pour le versant de l'Océan.

3" Canal de Bourgogne, de Saint-Jcan-de-Losne , sur la Saône, à la Roche, sur l'Yonne. Son point de partage est près de Chàtcauneuf, et son développement est de 2(2 kilomètres, dont 83 pour le versant de la Méditerranée, et 137 pour le versant de l'Océan.

4" Canal du Moine ait Rhin, de Sainl-Symphorien, sur la Saône, à Straslwurg, sur l’ill. Son point de partage est au col de Yaldieu, et son développement est de 322 kilomètres, dont 181 pour le versant de. la Méditerranée, et t i ( pour le versant de l’Océan.

Les canaux qui joignent les bassins de l’océan Atlantique se borneut à ceux qui joignent la Seine à la Loire, à la Somme, à l’Escaut, au Rhin; car il n’y a pas de canaux entre la Loire et la Garonne.

1“ Canal du Loing, de Saint-Mamcrt, sur la Seine, à Bugcs, sur le Loing, où il se bifurque : une des branches, canal de Briare, va à Briare, sur la Loire; l’autre branche, canal d’Orléans , va à Comblcux, sur la Loire. La longueur du canal du Loing est de 53 000 mètres, celle du canal de Briare tic 53 000, et celle du canal d’Orléans de 63 000.

2" Canal de Saint-Quentin , de Cliauny, sur l’Oise, à Saint-Quentin, sur la Somme, et de Saint-Quentin, sur la Somme, à Cambrai, sur l'Escaut. La première

partie so nomme canal Crozal ; elle a 41000 mètres de longueur ; la deuxième a 31 000 mètres de longueur. Le canal. Saint-Quentin (bit communiquer Paris avec la mer du Nord au moyen de l'Oise, d'une part; d'autre part, au moyen des canaux de la Sensée et de la Deulc, qui communiquent avec la Lys, et des canaux de Neuf-Fossé, de la ('.ointe, etc., qui communiquent avec Gravelines et Dunkerque.

3" Canal île l'Oise à la Sambre, de la Fère, sur l'Oise, à Landrecics, sur la Samltrc ; longueur, CT kilomètres.

4" Canal des Ardennes, de Neufcliâlel, sur l'Aisne, a Donchcry, sur la Meuse; longueur, !>3 kilomètres.

5" Canal de la Marne au Ithin, de Vilrv, sur la Marne, à Strasltourg , |>ar les liassins tic l’Omain, du Sarrou et de la Zorn. U; versant de la Seine a de longueur 88 kilomètres; celui de la Meuse, 54: celui de la Meurllio, 11; celui du Sarrou, (3; celui de la Zorn, 50. Total, 315 kilomètres.

Parmi les canau.r latéraux aux lleuves, ou remarque ; I" le canal de la Garonne, de Toulouse à Castels; 1» le canal de la latin; , de Hoauuc à Briare; 3” le canal de la Somme. d’Abbeville à Saint-Valéry, etc.

Quant aux canaux qui joignent les bassins côtiers ou ceux qui joignent des affluents des bassins, les plus remarquables se trouvent dans la Bretagne et dans la Flandre.

(Voy. Théophile Lavallée, Géographie unirertelle de Malte-Brun, mise an courant de la science, t. I. p 570-571 et 6Ï7-C30; Dictionnaire de l'industrie manufacturière. commerciale et agricole, t. III, p. 10-18, 330-364 et SI 4-528; l’crdonnet, Traité élémentaire des chemins de fer. passint; Léon Lalanue, Travaux publics et voies île communication, dans l’Encyclopédie Garnier, p. ÏT85-1S48; Laboulaye, Dictionnaire des arts et manufactures, v» Chemin de fer, ('.anal, etc.; Répertoire du journal du Palais. V'» Chemins, Chemins île fer, etc.; Voltaire, Dictionnaire philosophique, v * Chemins, etc., etc.)

ERREURS UES SEISS

I. Insuffisance du témoignage de» sens. — II. Erreur» de l’œil. — III. En cc qui toucho le soleil et la lune. — IV. Mécanisme de l'œil; scs usages. — V. Perceptions de la couleur. — VI. Erreurs de l'odorat, du goût, du toucher. — VII. Erreurs quant au nombre. — VIII. Impressions retenues par l’œil. — IX. Erreurs quant h la distance. — \. Erreurs du toucher; lu température apparente. — XI. On la rapporte à la température du corps humain. — XII. Cause du froid apparent du verre et de la porcelaine. — XIII. Explications des tours des saltimbanques qui exposent leur corps i une température ardente.

I.c témoignage des sens est partout invoqué : on le considère comme infaillible. C'est par eux, et par eux seulement, qu'on peut obtenir une notion des qualités des objets extérieurs, et de leurs effets réciproques lorsqu'ils sont amenés à agir l'un sur l'autre, soit mécaniquement, soit physiquement, soit chimiquement, lin conséquence, on a pu, — non sans raison, — supposer que ce qu'on appelle l’évidence ou le témoignage des sens doit être admis connue concluant, décisif, en ce qui concerne les phénomènes que produisent les actions réciproques des corps.

ERREURS DES SENS

Néanmoins, ceux qui admettent, sans leur faire subir le contrôle sévère de l'entendement, ce qu'ils considèrent comme les résultats immédiats des impressions des sens, tombent dans des erreurs sans nombre.

Ces erreurs viennent en partie de ce qu'on méconnaît le caractère vrai et les fonctions des organes des sens. Jamais ces organes n’ont été destinés par leur Créateur à jouer le rôle d’instruments dans l’investigation scientifique. S'ils avaient été faits dans cette intention, probablement ils n'eussent pu servir aux usages ordinaires de la vie. t'n philosophe, — c’est I.orke, je crois, — dit quelque part qu'un mil qui pourrait percevoir les atomes constituants des aiguilles d'une pendule serait incapable, il cause de su structure même, d'informer son possesseur de l'heure du jour indiquée par ces aiguilles. On peut ajouter qu'une paire lïtjeux-telcscopes qui distingueraient les habitants d'une planète éloignée seraient une triste compensation, pour l’oliservatcur, de la perte de cette mesquine, mais précieuse faculté, que procurent des yeux vulgaires, de se diriger par les rues de la \ ille qu'on habile et de reconnaître les amis qui vous entourent. La comparaison des instruments appropriés aux usages du commerce et de l’économie domestique avec ceux destinés à des fins plus particulières rend ce même fait non moins frappant. Ainsi, la balance si délicate, si impressionnable, du chimiste ou du physicien, balance qu'il emploie dans ses recherches sur les poids relatifs et les proportions des éléments constituants des corps, serait, à raison justement de sa précision et de sa sensibilité, sans utilité aucune aux mains du marchand ou de la maîtresse de maison. Chaque catégorie d’instruments a scs usages particuliers; chacune est appropriée pour fournir des indications, avec le degré de précision nécessaire et suffisant pour le but auquel on lu destine.

Celui des organes qui semblerait le plus exact, le plus infaillible dans ses indications, c'est l'œil ; mais quoique en un certain sens ce soit vrai, il n'est pas d’impressions qui exigent plus impérieusement l'intervention du jugement, pour les régler et rectifier, que les impressions émanant de la vision. Ce sens nous fournit, sujette toutefois à de nombreuses conditions qualitatives, la perception de la forme, de la grandeur, de l’éclat et de la couleur. Il n'est aucune de ces qualités, cependant, sur laquelle on ne se méprenne souvent, ou qu'on n’apprécie d’une manière inexacte.

Tout le monde connaît, par exemple, le phénomène du lever et du coucher du soleil et de la lune, l.'orbe, volumineux en apparence, qu'ils offrent aux sens est un objet d'observation quotidienne. Chacun ne croit-il pas que la grandeur apparente du soleil, — au moment où il se lève em-

ERKEUKS DES SENS. 511

brusé d’une rougeur qu'il doit à In profondeur de l’air que ses rayons traversent alors, — est beaucoup plus considérable que la grandeur apparente de net astre il midi ? Ne eroit-on pas généralement aussi que la pleine lune est plus volumineuse h son lever ou à son coucher que lorsqu’elle est nu méridien? Cependant rien de plus facile que de prouver matériellement la fausseté de ces opinions. Qu’on adopte un procédé convenable pour mesurer la grandeur apparente du soleil à l'horizon , puis au méridien, et l’on trouvera que cette grandeur est la même dans les deux cas. On peut arriver il ce résultat en tendant deux fils de soie fine, parallèles entre eux, dans un cadre, puis en les plaçant dans une telle position et à une telle distance de l’œil que, présentés nu soleil ou à la lune sur l'horizon , ils touchent exactement les limbes ou bords supérieur et inférieur de l’astre; de cette façon, la distance apparente de ces deux fds l'un de. l'autre sera égale nu diamètre apparent du disque solaire ou lunaire. Si l’on maintient cette disposition des fils, et qu’on regarde de la même manière le soleil ou la lune au méridien, on trouvera que les fils touchent pareillement les I tords supérieur et inférieur de l'astre, et que leur écartement mesure encore son diamètre apparent. En conséquence, il sera évident que, quelle que soit la cause de l’illusion, la grandeur apparente du soleil ou de la lune n’est pas plus considérable au lever ou au coucher de ces astres, c’est-à-dire quand ils sont à l’horizon, que lorsqu’ils sont au méridien. Mais alors, peut-on demander, pourquoi l’impression du fait contraire est-elle reçue par tous les yeux ?

L’explication de ce phénomène singulier, — explication que tous les astronomes ont voulu donner, — doit être cherchée dans l'esprit humain plutôt que dans l’optique; absolument parlant, ce n’est pas là une illusion d’optique. L’erreur est commise par l'esprit, non par les sens. L’évaluation qu’on fait de la grandeur réelle d’un objet visible dépend d’une comparaison de la grandeur apparente que cet objet présente à l’oeil avec la distance à laquelle on croit qu'il se trouve. I‘ar exemple, voici deux objets, — deux édifices, — qui offrent à l'œil la même hauteur apparente, mais que nous savons ou croyons se trouver à des distances différentes de nous*; que se passera-t-il dans notre esprit? Instinctivement, et sans aucun travail intellectuel dont nous ayons conscience, nous concevrons que l’édifice le plus éloigné est aussi le plus élevé.

Pour appliquer ce raisonnement au fait du soleil ou de 1a lune, il nous faut considérer que, quand l’un ou l’autre de ces astres est à l’horizon, une partie au moins de l’espace entre l’œil et cet astre est occupée par une série d’objets dont les grandeurs et les positions relatives nous sont connues. En conséquence, nous sommes à même d'estimer une portion de l’espace compris entre l’œil et l’astre. Mais lorsque l’astre s’élève davantage dans le firmament, aucune pat tic de la distance intermédiaire n'est espacée

ERREURS DES SENS, île la sorte, et nous avons accoutumé de considérer l'astre comme plus voisin de nos yeux.

Comment ceci explique-t-il l’impression et, par suite, l'opinion universelle de l'énormité du disque du soleil ou de la lune, à leur lever ou à leur coucher? Lorsqu’ils sont à l'horizon, l’esprit est saisi de cette idée, que la distance de ces objets est beaucoup plus grande que quand ils sont sur le méridien, et que, leur grandeur apparente étant la même, la grandeur réelle doit être plus considérable dans la même proportion que la distance est supposée l’être elle-même. Ainsi, si nous sommes persuadés que le soleil vu à l'horizon est deux fois plus distant que le soleil vu au méridien, nous en conclurons que son diamètre est deux fois plus grand, puisqu’il semble le même; et si son diamètre est deux fois plus grand, sa grandeur superficielle apparente sera quatre fois plus considérable.

Los opérations de l’esprit , dans ces sortes de circonstances, sont si rapides, et l'effet de l’habitude est tel, que nous n’en avons pas conscience. On pourrait citer des milliers d’exemples d’actions et de mouvements corporels accomplis par l’ordre de la volonté, dont on ne se rend pas compte. Il est difficile aux esprits qui n’ont pas l’habitude des enquêtes métaphysiques de se contenter des explications qu’on vient de donner et de les tenir |>our valables. Cependant, si l’on prend la peine de se rappeler que l’illusion n’est nullement optique, et qu’en fait les grandeurs apparentes de la lune il l’horizon et au méridien ne sont pas différentes, on conclura facilement que celte illusion est toute mentale, et que l’explication présentée ci-dessus est la seule qui soit admissible.

Peut-être n’est-il pas un sens qui exige plus de vigilance de la part de l’entendement, pour rectifier ses impressions, que le sens de la vue. Ia susceptibilité de l’œil lui-même est sujette à de frequents et rapides changements, et les mêmes objets produisent sur lui, en différents temps, des impressions extrêmement différentes. Que l’œil se trouve dans telles conditions, nous nous croirons dans l’obscurité la plus complète; qu’il se trouve dans telle autre, et nous verrons, sans changer de lieu, suffisamment pour distinguer les objets qui nous entourent. Si l’on nous prive brusquement de la clarté que projetait une lumière artificielle puissante , il nous semblera un instant qu’on nous plonge dans les plus sombres ténèbres; mais lorsque l'organe de la vision a. eu le temps, en quelque sorte, de revenir à lui, on trouve qu’il existe assez de lumière pour se guider.

« Tlius wlien tlie lanip that lighted d The traveller at firet gocs ont,

* He feels avhile benighted, i An<l liugcrs on in fear and douht.

» Bat soon, tlie prospect clearing,

» In cloudless starlighton he treads,

EHllEl'HS 1U£S SENS.

» Ami limls 110 lamp so cheeriug » As th.it lîglit winch heaveu slicils. »

(Ainsi, lorsque la lumière qui éclairait le voyageur vient de s'éteindre , il lui semble un distant que tout est ténèbres autour de lui ; il s'avance en hésitant , inquiet, incertain. — Mais bientôt la vue s’éclaircit; il marche à la lueur des étoiles sans images, et trouve qu'il n'est pas de lumière aussi gaie que celle du ciel. — Moore, Poésies.)

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