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Le Soleil , comme on le verra dans une autre partie de cet ouvrage, est un vaste globe entouré d’un océan , ou plutèd d une atmosphère de feu, où se produisent incessamment des convulsions, des éruptions étonnantes, lii , pas de température modérée ni réglée , pas d'alternatives de jour et de nuit, pas de succession de saisons, pas de variétés de climats, ni terre, ni eau. Le Soleil est, en réalité, une grande fournaise sphérique qui émet, par chaque pied carré, une somme de chaleur sept fois plus grande que celle émanant de chaque pied carré du haut fourneau le plus ardent. Telle
est l'intensité tle cette chaleur que, quoique la distance de la Terre au Soleil soit d’environ 100000000 de milles (40 millions de lieues), quoique la surface de la Terre, à raison de son mouvement diurne, soit soustraite à l'influence directe du Soleil pendant des intervalles alternatifs de douze heures, cependant la quantité totale de chaleur reçue du Soleil par la Terre dans une année serait suffisante, si elle était uniformément répandue sur sa surface, pour liquéfier une croûte de {fi are d’une épaisseur de 1 00 pieds anglais (30 m , 479)!
Il suit de là que la chaleur moyenne reçue du Soleil par chaque pied carié anglais (O™, 30479) de la surface terrestre, en un an, pourrait dissoudre 244 S?, 4 35 de glace.
11 n’est pas besoin d'insister pour faire voir le peu d’analogie qui existe entre la Terre et le Soleil. On pourrait dire qu’il n'y en a aucune.
La F.une n’a rien de commun avec le Soleil. A-t-elle avec la Terre des analogies qui permettent de la croire habitable? Non. Mus tard, on exposera les phénomènes dont s'accompagne notre satellite. Ici, il suffira d’observer que la Lune ne possède ni atmosphère, ni nuages, ni eau ou autres liquides, ni intervalles de jour et de nuit, offrant quelque rapport avec nos jours fet nos nuits ; que sa surface est hérissée de montagnes continues, escarpées, plus sauvages que les glaciers dont sont couronnés les sommets des Alpes, des Andes ou des Cordillères, et que, dans ses vallées même, la température régnante est inférieure à celle de nos pôles.
On voit, par ce peu de mots, quelle faible analogie existe entre la Lune et la Terre, et combien peu ce satellite offrirait de ressources à des êtres organisés.
Il est probable, d'après les observations astronomiques, que les satellites des autres planètes se trouvent dans des conditions physiques semblables à celles du nôtre, et que, comme lui, ils sont inhabitables.
L'observation moderne a prouvé qu'une nombreuse classe de corps, — les comètes, — se rattachaient par la gravitation au système solaire. Ces corps, en général, semblent dépourvus de toute solidité; on dirait des masses de vapeur flottant à travers le système. Évidemment, ils sont sans analogie avec la Terre.
Mais dans l'espace qui s'étend entre les deux groupes de planètes dont on a signalé les rapports intimes avec notre globe, il existe un autre groupe composé de vingt-six ou vingt-sept corps et circulant autour du Soleil,
LES PLANÈTES SONT-ELLES HABITÉES
comme l’indique le plan du système tracé au chapitre II, figure 1 . Leur nombre augmente chaque année-, chaque année on en découvre de nouveaux.
Ces corps, nommés planétoïdes ou astéroïdes (20), obéissent aux lois de la gravitation dans lpur mouvement autour du Soleil. Leurs distances au Soleil ne sont pas les seules différences qu’il y ait entre eux ; ils diffèrent encore l’un de l'autre dans leur extrêmement petite grandeur. I.e télescope les montre comme des étoiles de dixième ou douzième grandeur, et leurs grandeurs réelles sont si petites qu’on n’a pu encore les déterminer, malgré le nombre et la puissance des télescopes qu’on a braqués sur eux.
I^eur origine, le rôle qu'ils jouent dans l’écoDomie de la création, on ignore l’un et l’autre. l>es uns prétendent que ce sont les fragments d’une même planète, que le noyau solide d’une comète a rencontrée et mise en pièces, — admettant ainsi comme possible l’existence d’un tel corps. Les autres, voulant aussi que ce soient les fragments d’une même planète, disent que la dislocation s’est produite par explosion intérieure, c’est-à-dire par une cause analogue à celle de nos tremblements de terre et autres phénomènes volcaniques. Enfin, il en est qui rejettent l’hypothèse de la dislocation d’une ancienne planète, et y substituent une hypothèse tout opposée. Suivant eux, ces nombreux petits corps sont les germes ou les éléments constituants d'une planète future, laquelle se formera par la réunion lente et graduelle de chacun d’eux en un seul globe ; peut-être même quelques-uns prendront-ils la forme de satellites et rempliront-ils ces fonctions à l’égard de la planète nouvelle.
Quelque ingénieuses, quelque attrayantes qu elles soient, ces idées ne rentrent pas dans notre cadre. Mettons-les de côté. 11 est clair que les planétoïdes, dans leur état actuel, ne présentent avec la Terre aucune des analogies qui apparaissent avec tant d’évidence dans les autres planètes.