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2. C’est le chef d'orchestre bien connu des Concerts symphoniques de Genève et de Lausanne. On n'a pas oublié ses belles exécutions du Sacre du Printemps.
3. Cependant, Debussy avait remporté un accessit de contrepoint et fugue. Et l'épreuve éliminatoire du Concours de Romeexige également une fugue, composée sans le secours du piano.
bussy leur parut un auteur incorrect (et, je suppose, malhabile), pour ce qu’il risquait des « quintes consécutives ». Ah, la demi-science de qui prend son criterium dans les manuels scolaires et les traités d’harmonie! Mais il y a mieux. En 1915, M. Alfredo Casella entreprit de conduire les Trois Nocturnes. On répétait, en présence de l’auteur. Au début des Sirènes, celui-ci arrête l'orchestre : «jen’ai pas entendu le troisième cor ». Et le Zroisième cor de riposter, avec l'accent frondeur et montmartrois que l’on connaît : « d’abord, est-ce qu'il y a des sourdines dans cefte affaire-là? » Sur quoi Debussy, une seconde ahuri, réplique : « Peu importe la question des sourdines. Je ne vous ai pas entendu. D’ailleurs, je ne fais pas d’affaires... EL puis, tenez, j’en ai assez. Je m'en vais. » — Je veux bien que l’irrespectueux corniste n'ait été qu’un obscur remplaçant, étranger aux Associations des concérts Colonne ou Lamoureux, et dont l’histoire ignorera le nom. Mais cet incident montre, hélas, que la notoriété de Claude Debussy ne s'était pas encore imposée à tout le monde‘ pendant ces années de guerre au cours desquelles la beauté française avait droit à des marques d'honneur et de sympathie.
Résumons les reproches : « manque de forme; art flou, estompé, amorphe. Monotonie, formules, procédés. Pas de rythme, pas de force, pas de vie humaine. Pas de mélodie. Harmonies incorrectes, écriture anarchique et dangereusement révolutionnaire. En somme, art
1, Alors que le moindre.connaisseur aurait dû savoir à quoi s’en tenir.
morbide. Impasse, cul-de-sac.. Et, naturellement : impressionnisme; musique descriptive d’où la /orme exacte est bannie. »
Or, si totale et si vivace encore, pourquoi cette incompréhension ? D’une façon générale, c’est l’accueil fait aux œuvres de génie. Wagner aussi fut accusé de « manquer de mélodie », et — vous ne le croiriez pas, mais c’est véritable, — Gounod! |
Au début, le génie n’est soutenu que par une faible minorité. Mais enthousiaste, cette élite fait bloc ; sa conviction, sa compétence l’emportent en définitive sur la masse énorme, mais amorphe, des incompréhensifs. Elle triomphe même — c’est le plus difficile — de l’orgueil envieux et des confrères ratés. Quant à Debussy, une autre raison pour qu'on ne le comprit point : le caractère français, la concision raffinée, simple et discrète de son chef-d'œuvre. Cela vous semblera paradoxal. Pourtant, notez l'influence et l'emprise de l’art allemand sur notre public. Plus d’un musicien s’est dégagé de cette emprise, mais non les auditeurs. Or les moyens, les pensers même de Wagner et de Beethoven sont fort diflérents de ceux qu'on voit chez Debussy. Les développements plus longs, les sonorités et les rythmès appuyés, les harmonies moins changeantes, les mélodies souvent répétées, sont pour un public à l'oreille peu excercée, à l’attention paresseuse, une garantie de comprendre à première audition. Dans l’école française, au contraire, et surtout dans l’œuvre debussyste, on trouve de nouveaux enchaînements
d'accords, inconnus à la musique dite classique ; et
Cliché Reutlinger.