‹ Le Musiciens Celebres: DebussyChapitre 12 sur 37 · I'TAN · texte numérisé non relu

I'TAN

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Mélisande (au tableau suivant) : il vous sera facile de discerner l’ordre qui règne dans la présentation comme dans le retour des motifs et des tonalités... Evidemment, cet ordre n’est pas tyrannique (au théâtre, il faut bien certaine souplesse à cause des mille détours du dialogue, que doit suivre la musique). Mais en ces détours, admirez comment Debussy conserve le dessin principal de chaque scène! Que peut bien avoir de vague, d’indécis, d’ « impressionniste » en un mot, l’entr'acte qui suit les malédictions de Golaud? En quelques lignes, l’'ample développement d’une mélodie poignante.. Il n’est pas jusqu'aux ténèbres de la grotte au bord de la mer, qui ne soient évoquées avec l’esprit de suite et dans une scène parfaitement composée, malgré le mystère dont elle s’enveloppe. — Pour le Martyre de saint Sébastien, je vous renvoie au vigoureux final. Je ne vois pas du tout ce qu'il y aurait d’ « estompé », d’ « indistinct », dans les mélodies (des Poèmes de Baudelaire aux Ballades de Villon). Et je ne saisis point en quoi elles seraient plus « impressionnistes » que telles, fort bien construites, de M. Darius Milhaud, par exemple ses beaux Poèmes de Léo Latil. Si l’on parle d’esquisses « et de descriptions », je penserais‘ aux « Soirées de Petrograd de M. Milhaud, au Bestiaire de M. Poulenc, à certaines pages évocatrices de M. H. Sauguet ou de M. Maxime Jacob, — et nullement au Balcon, ni au Colloque sentimental...

4. Sans d’ailleurs la moindre intention péjorative. Et pour Debussy, j ajoute que s'il était réellement es{ompé, je n'y verrais aucun mal, a priori.

Quant à la Suite pour le piano, quant au Quatuor à cordes, aux Jardins sous la pluie — sans omettre En blanc et en noir et le premier recueil des Préludes, il suffit de les citer, je pense, pour que la cause soit entendue. N'oubliez pas les corollaires, chez les critiques, du mot impressionniste : « flou, irisé, entouré d’un halo ». Mais cherchez les halos du Quatuor de Claude Debussy !

Vous n’en trouverez pas davantage dans le Prélude à l’'Après-midi d’un Faune... Je sais bien : il y a les mystérieuses sonorités de Nuages (le premier des Nocturnes). Mais pourquoi s’interdire un moyen si essentiellement à sa place en cette lointaine évocation, je veux dire la division à l'extrême, avec les sourdines, des instruments à cordes’? Si vraiment c’est de l’impressionnisme, n’en ayons cure : son émotion, sa beauté profonde le placent au-dessus de toute critique. D'ailleurs Fétes, Ibéria, Khamma, sont d’un caractère bien différent... Et je ne vois guère que certains des morceaux pour le piano qui donneraient prise au reproche : par exemple Poissons d’or, Cloches à travers Les feuilles, et plusieurs des Préludes de la seconde série. À les étudier, on pressent le résultat de l’influence debussyste accentuée dans cette direction, et surtout sur des musiciens de second ordre. Alors en effet, s'adressant à eux, le grief est légitime en dépit du terme impropre et vague. Mais quel tort de généraliser! L'Ecole impressionniste; Debussy, chef d’une telle

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