L'Œuvre Economique, déjà ‘cité
« C’est moins de 3 o/o de ceux qui peuvent bénéficier de la rééducation professionnelle qui en profitent. Après trente mois d’efforts de toutes sortes on ne saurait être fier d’un pareil résultat, On en sera moins fier encore — j'ose à peine poursuivre d’aussi pénibles constatations — quand on saura que cestrois mille mutilés sont encore en partie, en voie de rééducation. Bien peu ont été placés après apprentissage complet. Ceux qui restent auront pour la plupart le même sort : au bout de quelques mois de travail à l’école, ils s’en iront l’un par ci, l’autre par là, placés à la diable, et se retrouveront aussitôt après la guerre plus malheureux, parce que plus dégoûtés que s'ils n'avaient jamais essayé de redevenir des travailleurs. » | |
Hélas, les si tristes constatations de M. Bittard sont en grande partie exactes. Et il ajoute : « Si l’on recherche impartialement les raisons de cette quasifaillite — au moins actuelle —- on ne peut les trouver que dans l’absence absolue de toute organisation méthodique, de tout développement national de la rééducation professionnelle. Toutes les causes d’insuccès de ia plupart des écoles de blessés, telles que nous les avons énumérées précédemment, viennent de là. (1) » |
M. le D: Bourrillon, directeur de l’Institut National
1. La Solution législative du problème des mutilés, déjà cité.
de Saint-Maurice, est pessimiste aussi sur les résultats obtenus. Il croit que le problème n’a pas encore été résolu comme il le devait. Pour lui le mal vient surtout d’une mauvaise orientation professionnelle : « L'orientation professionnelle, dit-il, constitue la base essentielle sur laquelle repose le problème des invalides, qu’on le considère au point de vue individuel ou au point de vue de la collectivité, l'intérêt général exige donc qu’elle soit entourée de toutes les garanties nécessaires... En a-t-il toujours été ainsi jusqu'ici ?.. Evidemment non. Le choix du métier est presque toujours laissé au hasard et à la fantaisie de chacun» (1).
g) Ce qu'il faut faire
Les initiatives privées, celles des groupements philanthropiques, celles des syndicats, chambres de commerce, municipalités, conseils généraux, celles des pouvoirs publics ont été nombreuses, ardentes si l’on peut dire. Mais elles n’ont pas eu de coordination entr'elles. Elles n’ont pas eu de plan, de programme. À l'instant où elles sont nées, elles ne pouvaient guère en avoir. C’est entendu. Mais, à cette heure, i/ faut ce plan, il faut ce programme.
Les principes suivant lesquels doit être faite la