L'Œuvre économique du 25 février 1917, p
rééducation professionnelle des mutilés sont maintenant connus. Ils se déduisent de l’étude que nous venons de faire:
1° Il faut consolider la blessure ;
20 Placer le blessé dans un centre de physiothérapie, où il fera sa rééducation fonctionnelle ;
3° Prendre le plus tôt possible une décision sur l'orientation professionnelle à donner au mutilé: a) lui faire reprendre le métier ancien si possible ; b) à défaut, un métier approchant ; c) si c’est encore impossible, un métier nouveau, où il faut faire entrer en ligne de compte les anciennes aptitudes, l’état du marché du travail, les désirs du mutilé, son origine ;
4° L’envoyer au centre de prothèse où le meilleur appareil possible lui sera livré, adapté avec tous les soins voulus.
5° Le placer enfin, sans attendre, à l’école de rééducation, telle que nous l’avons décrite et qui, après les expériences faites, s’impose comme seule efficace.
h) L’Application de ce programme Le rôle de l'Etat. ns Celui du Parlement.
Conclusions
Comment appliquer ce programme, en faire une nécessité pour tous? En France, et il en est presque toujours ainsi, c’est à l'Etat seul,maître et régulateur de toutes choses, que l’on s’est adressé.
M. Bittard dans sa vive critique de l’organisation
J.-B. Fauré 5
donnée à la rééducation des mutilés affirme que l'Etat, en effet responsable, a manqué à ses devoirs : «ce plan, ce programme, c'était aux pouvoirs publics à les fixer, à les tracer. Ils n’eussent pas eu besoin de les imposer. La guerre a donné à tous le sens aigu des disciplines indispensables. Chaque groupement, chaque association eùt accepté les directions qu'elle aurait reconnues utiles. Comme en d’autres choses, les pouvoirs publics n’ont su ni prévoir, ni voir ». Tout le long réquisitoire de M. Bittard serait à citer: « Chaque ministre voulut être le ministre de la rééducation professionnelle, l’Instruction publique, parce qu'il s'agissait d’un enseignement, le Commerce parce qu’il s'agissait d'un apprentissage, étaient plus particulièrement désignés. Mais le ministre du Travail, n’ayant alors rien d'autre à faire — c’est littéral — obtint cette atiribution, qui n’entrait dans aucune de celles dont il était déjà pourvu. Et l’on vit cette chose monumentale qui restera comme le comble de l’incohérence et de l’inconscience administrative, la rééducation professionnelle rattachée. à la direction de la Statistique générale de la France ! Rendons grâce aux Dieux ! Le ministère du Travail n’a pas encore rééduqué à l'heure actuelle un seul mutilé, mais il a couvert d’une abondante paperasse le néant de son de son action » (1).
1. La solution législative du problème des mutilés, déjà cité.