‹ Le Mutilé de la Guerre dans l'IndustrieChapitre 3 sur 55 · TO CE · texte numérisé non relu

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tissage et de placement utiles aux estropiés, à tous ceux que la victoire va laisser infirmes.

«ILest utile dès maintenant que nous soyons informés du nombre et du genre d’amputations opérées, de lorigine des mutilés, de leurs occupations et métiers avant la guerre, de leurs ressources et, dans la mesure du possible, de leurs intentions. »

Le 8 février 1915, M. Barrès écrivait encore : « Le mutilé risque d’être un solitaire qui n’a pas le goût des thébaïdes. Le remède de cette situation morale douloureuse c’est le travail. Le blessé grave, le mutilé, peut et doit travailler. Il le doit plus qu’un homme valide. Il le pourra si nous l’aidons... Le principe est clair: il faut maintenir le moral des mutilés et ajouter à leur pension un salaire professionnel, Il faut les mettre à même de travailler et leur trouver du travail : |

1° En leur donnant immédiatement un appareil perfectionné et bien adapté ;

2° En les réadaptant au iravail et en les rééduquant dans les ateliers et écoles professionnelles que nous créons ;

3 En assurant leur placement dans les divers corps de métier auxquels ils sont propres. »

Et le 20 mai 1915, toujours dans l’Echo de Paris, M. Barrès écrivait : « Posons d’abord avec une vigoureuse énergie le principe qui doit tout dominer. Beaucoup de mutilés sont hantés par la crainte:

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injustifiée et déraisonnable de voir l'Etat supprimer ou diminuer leur pension, s’ils obtiennent par le travail un salaire équivalent à leurs salaires antérieurs. Eh bien, qu'ils se rassurent. Qu'il soit bien entendu et bien souligné, que le droit du mutilé à une rente de l'Etat est devenu imprescriptible et sacré.»

M. Brieux, de son côté, entreprenait un ardente campagne en faveur des soldats aveugles.

M. A.-L. Bittard, auteur du beau livre les Ecoles de blessés (1) écrivait à son tour: « De toutes nos forces vives, celle que nous avons le plus sacrifiée à la douloureuse conquête de la paix, celle qui restera aussi notre meilleur instrument de relèvement, c’est sans contredit notre admirable armée du travail, devenue pour de longs mois notre armée de défense et de victoire... Aussi bien n’a-t-on pas besoin de chiffres pour être trop certain d’une crise de la maind'œuvre, disons mieux d’une crise de la production, car la mort a fauché dans tous les rangs. Cette crise essentielle, s’il faut des années et peut-être la montée de générations nouvelles pour la résoudre, nous avons le désir d’en restreindre dès maintenant l'étendue, autant qu’il est en notre pouvoir, d’en conjurer s’il se peut la gravité, en conservant ou en rendant au travail le plus grand nombre des invalides que la

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