Rapport Strauss, déjà cité
Sen à Lier:
satisfaisants que les essais effectués dans le domaine industriel.
L'école de Limonest près de Lyon, l’école type de Port-Villez, celle de Versailles, de la Rapée et bien d’autres ont eu des élèves qui, à leur sortie, sont revenus aux champs aussi aptes, aussi heureux pourrions-nous dire, que par le passé.
La 15° région, sous l'impulsion des D' Cestan et Paul Descomps, a fait œuvre vraiment admirable. Grâce à eux, l'Ecole d'Agriculture d'Ondes et l'Ecole
des Artisans de Grenade sont arrivées à des résultats
remarquables.
M. le D: Paul Descomps a bien voulu nous communiquer un de ses rapports. Nous y lisons ces lignes qui doivent être connues et retenues :
«Mais, dira-t-on, n'est-ce pas illusoire de vouloir ramener à la terre des mutilés graves, des infirmes, des impotents ? Les résuliats de quinze mois de pratique à Ondes fournissent une réponse péremptoire. Mais il y a plus;
« Tout d’abord, tel grave mutilé se réadaptera de façon surprenante et inespérée à son ancien métier. Les exemples ne se comptent plus, qu'illustre cette constatation heureuse entre toutes, que beaucoup de mutilés ont acquis bien vite, après une courte expérience, la certitude réconfortante que le retour à leur première profession était possible.
« Ensuite, où cette réadaptation est-elle plus facile
— O1 — qu’à la ferme? Chacun y trouve, en effet, la besogne proportionnée à ses forces physiques, à l'inverse de l'usine qui ne peut admettre que des ouvriers à rendement physique maximum.
«Nous avons pensé que la rééducation agricole devait être avant tout une rééducation d'ordre intellectuel, tendant surtout à perfectionner, à élever l’esprit de l’agriculteur, bien plus qu’une simple rééducation physique purement manuelle.
«La main-d'œuvre étrangère, le perfectionnement des instruments agricoles, leur multiplicité, la motoculture ne seront des facteurs de succès pour le réveil de l’agriculture française après la guerre, que si la diversité de leur action est dirigée par des cerveaux qu'auront formés les écoles de rééducation. En un mot, il faut qu'après un passage dans de telles écoles, le mutilé arrive à compenser, par des acquisitions dans le domaine intellectuel, la diminution physique dont il est victime. »
Voilà un beau programme. On ne saurait mieux
dire.