Voir p. 43 et
analogues à ceux dévolus au Comité d’administration de l'organisme actuel.
De plus, tandis que cet organisme n’est représenté en province que par des comités départementaux, le nouveau projet de loi prévoit, en outre, dans un but de décentralisation, la création de comités communaux, cantonaux et d'arrondissement à chacun desquels est ajointe une section de rééducation.
Le choix des membres devant composer des Comités est laissé à l'appréciation du ministre du Travail et des préfets, du premier, en ce qui concerne le Comité Central et des seconds en ce qui concerne les Comités de province. Si cette solution est très simple et très souple, elle n’est pas sans présenter des dangers.
Il n’est pas téméraire d'affirmer que, grâce à la bonne volonté des patrons, grâce à la disette de la main-d'œuvre et grâce certainement aussi aux services que les mutilés rééduqués seront capables de rendre, la presque unanimité de nos glorieux blessés trouvera un placement facile, honorable et rémunérateur. Mais le devoir du législateur est souvent de penser au pire. Les hommes sont toujours des hommes. La lutte économique après les hostilités reprendra peut-être avec l'intensité et la brutalité d’avant-guerre. La démobilisation va créer des perturbations dans les ateliers, par la rentrée des
ouvriers valides (r). Après la guerre, la vive sympathie actuelle du public pour les mutilés ira peutêtre en s’affaiblissant lentement : Le temps chez beaucoup amène l'oubli. Ces craintes sont d’autant plus légitimes que, même aujourd’hui au milieu pourtant de tant de témoignages de la solidarité nationale et malgré tant dé raisons qui doivent faire un devoir de l'emploi des mutilés, on a enregistré de malheureux exemples de patrons refusant de confier des emplois à des invalides de la guerre. |
« C’est ainsi, comme l’écrit M. Bittard, qu’un grand fabricant d'automobiles, fournisseur de l’armée, n’a pas craint de répondre à un soldat boiteux que, chez lui, on faisait des autos et non du sentiment et que c'était au gouvernement, responsable de leurs blessures, d'assurer la vie des invalides de la guerre (2).
Et M. Durafour signale que « dans un important rapport présenté au cours de l Œuvre d'assistance aux muiilés de la guerre du département de la Haute- Vienne, le secrétaire général de cette œuvre, M. Rolland, substitut du Procureur général à Limoges, est obligé de formuler les observations suivantes : «Les offres d'emploi qui nous ont été faites ont été assez réduites. Nous aurions souhaité de ce côté un plus grand empressement de la part du patronat. Les
1. V. sur cette question, le Correspondant, 11 mars 1917, p. 769 à 800.