TROISIÈME PARTIE AU TRAVAIL
Le mutilé, rééduqué et placé, ne doit pas être abandonné à lui-même: la nation doit veiller sur lui à l’usine. |
Nous allons analyser toute une série de mesures qui s'imposent et dont quelques-unes ont déjà fait l’objet de propositions de lois. |
il. — Gratuité des appareils et des soins médicaux et pharmaceutiques
Donner une fois des appareils aux mutilés n’est pas suffisant.
D’une manière générale, le mutilé se ressentira très longtemps de ses blessures, son état de santé restera souvent précaire. Il paraît juste de lui assurer, durant toute son existence, la gratuité des soins médicaux et des fournitures pharmaceutiques nécessités par ses blessures.
D'autre part, l'entretien des appareils prothétiques et orthopédiques coûte cher. L'Etat doit prendre à sa charge la réparation de ces appareils. Ces sanctions
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nous paraissent indispensables pour permettre au mutilé de travailler avec le moins de fatigue possible.
MM. Connevot et Dalbiez, députés, ont déposé dès 1914 sur le bureau de la Chambre des députés une proposition de loi dont nous reproduisons Ciaprès les articles r et 4 :
Aux termes de l’article 1°": « Les militaires victimes de la guerre, qu’ils aient été réformés avec ou sans pension, bénéficieront de droit, leur vie durant, sur leur demande et sur la simple présentation de leur certificat d'origine de blessure ou de maladie, de l'assistance médicale gratuite, comprenant les soins du médecin etles fournitures pharmaceutiques nécessités par les suites de ces blessures ou maladies. Ils seront admis dans les mêmes conditions, aux frais de l'Etat, au traitement gratuit dans les établissements balnéaires ou thermaux, toutes les fois que ce traitement sera reconnu médicalement indispensable. (1) »
L'article 4 dispose : (L'Etat fournira gratuitement à tous les blessés et mutilés de la guerre tous les appareils orthopédiques et prothétiques qui leur seront reconnus médicalement nécessaires. Les appareils seront des types les plus perfectionnés ; ils seront réparés gratuitement après usure sans limites. (1) »
M. A. Honnorat, de son côté, s’est préoccupé d'assurer les soins médicaux gratuits aux mutilés