I.A CABANE DE L'ADIGE
En quittant la Scarperia , Gaëtana avait senti s'évanouir ses derniers rêves de bonheur. Sur la route de Castellouchio et de Fiorenzuola, durant sa traversée des champs bolonais , dans cette barque dont la voile latine se tournait vers la terre vénitienne , ce n'étaient ni les souvenirs de sa jeunesse oisive et opulente , ni ses triomphes de vanité , ni ceux qu'on avait préparés nouvellement pour elle dans sa ville natale , qui excitaient le plus vivement ses regrets. Cette vallée verte , fraîche , apparue d'abord à son premier regard , comme dans un songe , et où l'accent de la patrie se faisait encore entendre ; le ruisseau bordé de flambes jaunes , la chèvre de Giacomo , la petite place du village , si riante,
si animée parfois ; les causeries du voisinage , qui venaient la distraire de ses inquiétudes et de ses chagrins , et surtout sa douce et naïve Maria : voilà maintenant ce que pleurait cette fille du luxe et des arts , qui autrefois ne semblait vivre é que d'accords et de parfums , et dont les beautés de Florence avaient été jalouses.
Ce n'est pas que sa mémoire ne la ramenât souvent à ses fêtes sur l'Arno , aux pompes du palais Strozzi, aux promenades du soir sous l'allée de verdure. Songeant sans cesse à la mort de Sanderino, elle y revenait malgré elle. Il avait été témoin de cette joyeuse et folle époque de sa vie ; et , dans la pitié qu'elle ressentait pour le jeune courtisan , dans les pleurs qu'elle donnait encore parfois à sa fin déplorable , peutêtre ses regrets pour ce temps où elle l'avait connu , pour ces plaisirs dont il avait pris sa part, pour les succès auxquels il avait applaudi, y entraient-ils pour quelque chose.
Les enchantemens d'un monde fastueux, les jouissances modestes d'une vie champêtre , mais active et variée , qui les remplacerait dans son ame? — L'amour y suffirait encore. — Elle le disait. Cependant un voile de tristesse obscur-
cissait son front, ses yeux perdaient de leur éclat , et les vives couleurs de la jeunesse et de la santé ne revenaient point ranimer son teint : effet des émotions trop fortes et des fatigues du voyage , sans doute.
Arrivés dans les états vénitiens , ils s'arrêtèrent sur le territoire du Padouan , et cherchèrent un asile où la persécution des hommes ne pénétrât point. Non loin des bords de l'Adige , dans un endroit sablonneux , appelé le Désert , et qu'aucune route fréquentée ne traversait , ils découvrirent une cabane solidement construite avec les cailloux énormes que rejette le fleuve , devenu plus impétueux lors de la fonte des neiges du TyroL Une terre argileuse , mêlée de sable et de paille hachée , formait le ciment des murailles , recouvertes d'une mousse sèche et blanchie par le temps. Mais de larges amas de joubarbes et de sédum en égayaient la toiture de chaume par leurs touffes jaunes et rouges. Des arbres entiers , avec leur écorce , et dont la hache n'avait touché que la racine et les branches , formaient les soutiens de l'édifice, et venaient même , en guise de colonnes , en décorer le péristyle , autour duquel une vigne vierge étalait gracieusement ses feuilles étoilées*
Beux bancs de gazon ornaient les côtés de rentrée , tournée vers l'Orient. De là ,fon pouvait se croire au milieu d'une oasis, jetée comme ornement sur cette portion de terre inculte et stérile ; car , dans le Désert , les alentours de la cabane offraient seuls à la vue quelques bouquets d'arbrisseaux , et de légers tapis de verdure , passementés de fleurs. Une grande quantité de prêles et de plantains aquatiques qui se multipliaient sur la gauche , y révélaient le voisinage d'une source.
Au petit village de l'Olrno , situé près du Désert , un marché se tenait chaque matin : on pouvait donc exister là. Que leur fallait-il de plus ? Ils achetèrent la cabane. La bourse commune en reçut une rude atteinte ; mais on vit de si peu de chose ! et Gaëtana possédait encore un bien dans sa patrie.
Désormais à l'abri des poursuites de ses admirateurs , tranquille dans cette retraite , elle eût dû recouvrer ses forces épuisées par son triste pèlerinage. Elle y jouissait du repos, et son amant veillait sur elle comme une mère veille sur son enfant. Cependant l'amaigrissement de ses traits, la pâleur de sa figure , semblaient s.'y
accroître encore de jour en jour. L'œil fixé sur les siens , le Mutilé la contemplait avec une sombre inquiétude , cherchant à plonger dans son ame pour y découvrir la cause de son abattement : mais la contrainte qu'inspirait à lajeune fille ce regard pénétrant redoublait son angoisse.
Parfois elle parvenait pourtant , à force de ' dévouement; à raviver ses élans passionnés; mais tout à coup, au milieu de ses épanchemens de tendresse et de ses accès de folle gaité , les muscles de son visage se contractaient involontairement et de grosses larmes venaient trahir le secret de ses émotions habituelles. Parfois aussi , essayant de distraire le proscrit de ses rêveries poignantes , ses paroles se perdaient avec volubilité dans des récits sans fin ; mais cet esprit si souple , si bizarre, si naïf, lorsqu'il portait encore l'empreinte de celui qui l'avait formé , lorsque des répliques animées , des exclamations ardentes venaient l'exalter, s'était détendu depuis que lui n'était plus là pour le soutenir , et prendre part à ces luttes si variées et si enivrantes de la parole.
Elle-même sentait le vide de sa pensée , et rougissait de ne trouver, pour distraire son
poète, que des observations futiles ou des médisances de femme. Qu'y pouvait-elle? la voix qui faisait vibrer autrefois dans son ame tant de cordes , aujourd'hui muettes , s'était éteinte ; le flambeau qui lui avait fait entrevoir tant de vérités sublimes n'existait plus pour elle; l'arbre qui nourrissait et soutenait ses frêles rameaux était là , brisé par la foudre. Livrée à ses propres forces 5 sa pensée ne la ramenait qu'à des objets puérils , et , dans ses efforts pour s'élever ne pouvait que battre la terre d'une aile impuissante. Tout était vague et désordonné dans le cœur de la Florentine. Revenue à ses terreurs d'enfance , elle se surprenait même parfois effrayée d'avoir tout abandonné pour suivre un maudit , un excommunié ! . . . Elle triomphait bientôt de cette idée affreuse ; mais sa faible imagination, luttant sans cesse contre toutes ses émotions d'instinct, s'épuisait et se refroidissait. Le découragement s'emparait d'elle, et l'abattement de ses traits , son regard terne, décelaient assez l'état de langueur et de souffrance de son esprit.
Un ver avait piqué à la racine cette fleur si belle et si brillante naguère , et qui s'étiolait à l'ombre , redemandant son sol natal , et cette
atmosphère de louanges et d'amour qui la faisait vivre. Un mal secret tarissait lentement en elle les sources de la vie , et ce mal cruel , horrible, c'était l'ennui .
L'ennui 1 elle mourait de son ennui ! Et près d'elle 5 à ses pieds , dans ses bras , était cet homme dont la pensée de feu , dont l'imagination opulente eussent pu suffire à charmer les loisirs d'un peuple entier ; elle mourait ! et cet homme il sentait enlui mille moyens de la sauver; il avait de ces paroles qui consolent et qui raniment ; il avait de ces chants d'amour et de délire qui font croire au bonheur , qui font étinceler les yeux et nous transportent dans un monde d'enchantemens et d'illusions. Et rien ne pouvait s'échapper de sa bouche que des sons rauques et confus qui frappaient de stupeur etd'efiroi.
Cinq mois entiers elle résista à ce mal destructeur ; mais déjà sa beauté était en partie effacée. En contemplant ses lèvres amincies, ses yeux rentrés dans leur orbite , la pâleur de ses traits et de ses mains , on eût pu se demander ce qu'étaient devenus la vie et le sang qui coloraient autrefois de tant de nuances charmantes
front si pur, ce teint si brillant de jeunesse; une sorte d'apathie et d'indifférence se lisait dans tout Tensemble de son être. Immobile, blanche et froide , comme ces figures de marbre *^ou d'albâtre que le statuaire assied sur des tombeaux , elle n'essayait même plus de dissimuler l'état de son ame ; il ne lui restait de force que celle de la résignation. Sans pousser un soupir, une plainte , assise sur un banc , à la porte de la cabane , les yeux au ciel , et cachant entre ses mains un petit reliquaire qu'elle baisait à la dérobée ( c'était un dernier don de l'amitié de Maria , à son départ de la vallée) , elle semblait, avec calme et sans regrets , se préparer à la mort. Ses paupières s'humectaient cependant en songeant au sort qui attendait celui qui allait rester seul sur la terre. Mais quel sacrifice possible lui restait-il encore à faire? Aucun. Dans ses longues rêveries de piété, elle tâchait de se persuader que Dieu veillerait sur lui et le soutiendrait ; dans ses instans d'amour, elle aimait à penser qu'il ne lui survivrait pas. Ainsi s'éteignait la jeune fille.
Il le voyait, et d'afireuses tortures déchiraient son cœur. Alors , prenant Gaëtana entre ses bras , l'entraînant hors de sa chaumière , et
lui montrant à l'horizon un léger nuage qui semblait se diriger vers la Toscane , il lui disait de Famé et des yeux : « Quitte-moi, va-t'en; va revoir Florence , ta Florence bien-aimée ; va te ranimer au sein des arts et du luxe et de Famour, si un autre amour est nécessaire à ton existence. Dieu ne t'avait point donné tant d'attraits pour venir les ensevelir dans la solitude. Aucun arrêt d'exil n'a été lancé contre toi. Ne donnons pas cette joie au pontife de frapper deux victimes d'un même coup ; va - t'en ! Puisque ma voix ne peut plus répondre à la tienne, et que ma pensée n'existe que pour moi, ?aisse-moi seul. Ta présence ajoute à mes regrets ; elle est pour moi presque un remords. J'ai déjà grand'peine à supporter mon désastre, et je souffre de tes maux plus que des miens. Va-t'en ! va vivre ! )>
Mais la pauvre malade ne le comprenait point , ou feignait de ne le point comprendre. D'un air étonné , elle lui souriait tristement, en regardant le nuage ; répondait à ses gestes par de légers signes de tête affirmatifs, et restait dans ses bras. Elle devait se dévouer jusqu'à la fin.
Depuis quelque temps \ Gaëtana ne quittait
plus sa chambre. Un jour cependant elle voulut sortir, respirer Tair du matin. Appuyée sur le bras de son compagnon , elle visita les environs du Désert. La marche sur une herbe douce et épaisse , la fraîcheur du vent , la vue du ciel et de l'Adriatique avaient paru lui rendre la force et le courage. Elle parla vivement et avec intérêt des arts, et de la musique surtout. Elle devait se procurer des instrumens pour charmer ses loisirs et ceux de son ami ; puis , après s'être arrêtée quelque temps sur tous ces projets d'avenir, elle en vint encore à se rappeler sa première entrevue avec le poète au palais Strozzi , et ses yeux brillaient de leur ancien éclat, et sa voix devenait plus pleine et plus sonore , et elle précipitait le pas. La fatigue la força bientôt de s'arrêter. Elle s'assit au pied d'un tilleul, sur un tertre élevé , d'où l'on découvrait les vallées de l'Adige. Etendu près d'elle , son amant contemplait avec transport , sous sa chevelure noire , agitée par le vent , cette figure pâle , mais belle encore , et où les couleurs delà santé semblaient près de revenir.
<c Dieu nous garde encore des jours heureux , lui disait-elle. Je le crois, notre^temps d'épreuve est passé. Le bonheur, c'est la santé de l'ame,
et celle-là, pour moi, elle semble revenir avec l'autre. Notre Désert va me plaire maintenant, car je veux y contracter des habitudes et m'y créer des occupations. Déjà les petits oiseaux s'enfuient moins vite à notre approche ; ils viennent d'eux-mêmes au devant de la nourriture que je leur donne , et un rossignol s'est fixé près de la source. Que j'aime le chant du rossignol ! la nuit surtout ; il dissipe les pensées noires. Mais il nous faut d'autres voisins encore, plus rapprochés de nous , plus à nous , pour peupler notre solitude et égayer notre cabane. Quand j'étais auprès de ma mère, petite fille, j'avais mes colombes apprivoisées et ma poule favorite , qui me suivait comme un chien suit son maître , qui n'aimait que moi , et qui me laissait toucher ses œufs lorsqu'elle les couvait. Nous en aurons. Nous aurons de plus une chèvre blanche comme celle de Giacomo. Alors que nous manquera-t-il? Si des idées de tristesse s'emparent de toi, je les chasserai par une joyeuse canzone que j'accompagnerai de ma guitare ; puis je travaillerai : les femmes de ce pays composent des ouvrages charmans et légers avec de la paille découpée et nuancée ; je les imiterai ) j'apprendrai d'elles cet art sans doute facile, et l'argent que j'en retirerai augmentera
nôtre aisance. Alors peu à peu notre domaine s'àgrandira; notre cabane aura ses dépendances, sd ferme et son verger , que Teau de la source viendra alimenter au moyen d'un canal ou d'une rigole. Tu rib de mes projets, tu les trouves insensés , parce que tu sais que je ne puis suffire seule à tant de choses. Mais laisse faire. Je te prépare une surprise , une joie ; j'ai un secret , que j'ai su garder.... Oh! baisse tes yeux, ne me le demande pas Tu le sauras bientôt, n
Elle avait cessé de parler ; un léger assoupissement s'emparait d'elle . Le Mutilé craignit de l'en distraire , et , le bras appuyé sur les genoux de sa convalescente, il rêva, rêva long-temps, et ne sortit de sa rêverie qu'en sentant le petit reliquaire rouler à ses pieds. Il se retourne ; Gaëtana était morte.
Un homme se présenta le lendemain devant l'habitation du Mutilé. Il venait de Florence. Cet homme avait été le père nourricier de Gaëtana et le serviteur le plus dévoué de sa famille : veuf et sans enfans , il cultivait auprès du Monte-Lupo un petit bien dont la jeune fille avait hérité , lorsqu'il reçut d'elle cette lettre :
il Je n'ai plus que quelques jours à vivre , je le sens ; hâtez-vous de vendre la propriété du Mont, et venez nous rejoindre; vous vivrez avec nous si vous arrivez à temps , avec lui si je n'existe plus. Si vous m'avéz aimée , vous veillerez sur lui , vous le soignerez et ne le quitterez jamais. Que Dieu vous conduise ! ^^
Cet homme avait trouvé la chaumière déserte, et avait passé la nuit à attendre sur le seuil. Au point du jour, il s'était aventuré à parcourir les sentiers qui s'ouvraient devant lui, lorsqu'au détour d'une haie , il aperçut le Mutilé , les vêtemens en désordre, le front meurtri, souillé de poussière , qui s'avançait portant péniblement entre ses bras une femme , un cadavre. Il resta immobile , frappé de stupeur. Le Mutilé passa, poursuivit sa route, et regagna sa chaumière pour y déposer son fardeau.
L'habitant du Mont ( on le nommait Francesco Nari) l'y suivit bientôt. Il entendit ses sanglots , iLvit ses pleurs et l'aima.
Le poète passa ce dernier jour près de sa compagne morte. La tête de Gaëtana reposait sur ses genoux , et lui , la contemplant encore avec ivresse, il regardait ses larmes tomber sur
la figure de la jeune fille , humecter ses yeux éteints, et il lui semblait voir ses traits se ranimer; car qui témoigne plus de la vie que les signes de la douleur? Ces larmes il les effaçait lui-même sous ses baisers ; puis il relisait cette lettre, dernier gage d'un dévouement sublime. Alors , amassant dans sa mémoire tous les souvenirs de ce qu'elle avait fait pour lui, appelant toutes les puissances de son imagination pour exalter ses regrets et sa souffrance, il espérait d'en mourir ; il sentait sa tête se perdre ; il se plaisait à penser qu'elle allait éclater sous tant de secousses horribles. Mais après ces accès frénétiques de désespoir , il s'étonnait d'éprouver une sorte de calme. Il se surprenait méditant presque de sang-froid sur les causes mystérieuses qui faisaient dépendre l'existence de l'homme d'un faible dérangement de ses organes matériels , du léger contact des objets extérieurs , car la paroi d'une artère qui s'amollit et se détend, la pointe d'une aiguille , un coup d'air , tout peut le frapper de mort avec rapidité , tandis que cette puissance morale , si forte , si impérieuse cependant, la première de celles qui composent son être, cette pensée qui anime, qui vivifie, qui dirige la puissance physique , ne peut tuer à coup sûr , ou ne tue que lentement.
Ce n'était plus qu'un philosophe devant un cadavre.
Cette glaciale interruption à sa douleur dura peu. Il recommença bientôt à sentir, à souffrir, à pleurer.
Quand la nuit tomba, Francesco , prenant en pitié l'état de son nouveau maître , s'offrit pour donner la sépulture à celle qu'il avait élevée. — Celui-ci répondit par un signe de tête négatif. — Francesco alors lui fit observer que le corps commençait à sentir mauvais.
A ce mot si cruel , qui sembla pénétrer dans le cœur de l'amant et du poète pour y détruire ce dernier prestige que la mort même laisse encore après elle , le Mutilé tourna vers lui des yeux enflammés de colère ; puis soudain il croisa les bras, sa tête retomba sur sa poitrine et, après un moment de rêverie , il se leva et désigna du geste le sol intérieur de la chaumière. C'est là qu'il ordonnait que Gaëtana fût inhumée, car il voulait toujours rester près d'elle , et ne point abandonner celle qui avait tout sacrifié pour le suivre.
Francesco obéit; il souleva les dalles qui formaient le pavage de la cabane, il y creusa avec effort une fosse profonde, et ce fut là, dans cette chaumière isolée , au milieu d'une nuit orag:euse , à la clarté d'une lampe que des raffales de vent faisaient vaciller en larges ombres, que le Mutilé , aidé du fidèle serviteur , déposa la noble Florentine , Gaëtana la bien-aimée , Gaëtana la chanteuse , la belle , la douce Gaëtana .
Le poète espérait finir ses jours dans cet asile et vivre autour de ce tombeau ; mais les persécutions des hommes vinrent encore l'en arracher. Le bruit s'était répandu que cette jeune étrangère qui de temps en temps se montrait aux marchés du village voisin , sur les chemins de i'Adige , l'habitante de la chaumière , la compagne de l'inconnu, venait de disparaître.
Un pêcheur qui, la nuit, jetait frauduleusement ses filets dans le fleuve, racontait que, traversant la plaine dans l'obscurité , il avait entrevu sur le monticule du tilleul un homme luttant avec fureur contre un autre personnage , dont les vêtemens blancs révélaient assez le sexe. Il avait entendu des gémissemens, des.
sanglots , des cris de détresse , &ans doute ceux de la victime.
Que pouvait le Mutilé opposer à tous ces dires du peuple? Où était Gaëtana? Pourquoi l'avoir enfermée mystérieusement sous la pierre de la cabane? Si le maudit se faisait connaître , n'était-il point condamné d'avance? Il fallut fuir de nouveau , et cette fois , il était seul , sans autre compagnon que ce Francesco dont un monde d'idées le séparait ^ dont l'ame ne pouvait comprendre la sienne ►