CHAPITRE PREMIER
Anatomie Fattiolog-icime
Le Myome — Modifications dans son évolution
à la ménopause.
Les differents aspects macroscopiques sous lesquels se présente cette tumeur, lui ont valu divers noms, qui peu vent rappeler assez bien sa structure grossière, mais qui créent une confusion regrettable au point de vue de sa s l ru c tu rc h i s toi og i q u e .
C/est ainsi qu’on a coutume d’appeler fibromes les formes les plus fréquentes, constituées par un lissu blanchâtre, homogène, criant à la coupe ; on parle encore fréquemment de fibromyomes. Quant au terme du myome, généralement adopté par les auteurs allemands, beaucoup semblent le réserver aux formes plus molles, dont l’aspecl se rapproche davantage du lissu utérin.
Il est plus logique de désigner ces tumeurs d’après leur nature histologique, toujours la même, malgré les différences d’aspect et d’évolution, car ce sont toujours des néoproductions du tissu musculaire, c’est-à-dire des mvomes. Il existe des my ornes plus ou moins durs, plus
ou moins vascularisés, des myomes pseudo-kystiques, des myomes malins; ce ne sont pas là des fibromes, au sens exact du mot, qui signifie tumeur du tissu fibreux .
ce Dans les myomes, nous dit le professeur Tripier, on admet à tort la production du tissu fibreux... il n’y a d’analogue au tissu fibreux que le stroma hyalin, tous les éléments cellulaires étant des éléments musculaires. »
Nous n’avons pas en vue dans ce travail les formes anatomiques dans lesquelles, à côté des lésions de mélrite, on constate une hyperplasie des fibres musculaires, se traduisant à l’examen clinique par une augmentation de volume de l'utérus, formes anatomiques auxquelles Gaillard donne le nom de mvomes diffus.
Nous nous occupons uniquement du myomc « tumeur circonscrite », et par utérus mvomateux, nous entendons un utérus renfermant plusieurs myomes.
De l'atrophie du myome. — C'est bien la caractéristique de toute tumeur, que sa tendance à s'accroître ; les unes s’accroissent rapidement et se généralisent, les autres évoluent lentement, parfois même restent stationnaires. On ne les voit pratiquement jamais se résorber ni disparaître. Si elles sont d'origine infectieuse, du moins ce caractère suffît à les différencier des autres productions inflammatoires.
Les myomes constitueraient une exception remarquable, si, seuls entre toutes les tumeurs, ils jouissaient de la propriété de disparaître. En réalité, ils ne disparaissent pas, et même on a beaucoup exagéré en parlant de leur atrophie.
On peut bien admettre, leur structure étant sensiblement la même que celle du tissu utérin, qu'ils puissent
comme cc tissu, subir une involution et diminuer légèrement de volume, lorsque la circulation devient moins active dans la sphère génitale à l'époque de la ménopause.
Pour Jacobs : « La diminution de volume de la tumeur se fait par transformation des éléments musculaires ; le tissu conjonctif se condense, se raréfie; on assiste a une raréfaction interstitielle du néoplasme; il devient dur, fibreux, cartilagineux. »
Lawson Tait explique la régression par des troubles circulatoires : « Par suite de prolifération cellulaire, dit-il, il se produit une oblitération vasculaire qui envahit la lumière des vaisseaux ; la source de nutrition disparaît : phénomène de nécrobiose; la tumeur s'amollit et s’infiltre de liquide qui dissocie les fibres. »
Quoiqu'il en soit du mécanisme de l’atrophie, il est un fait certain, c’est quelle n’aboutit jamais à la disparition. De plus, son importance est d'autant moindre que la tumeur est plus volumineuse.
De la calcification. — Ceux qui insistent sur la bénignité du myome, ont l’habitude de considérer celte complication comme une heureuse transformation. C’est pour eux un signe d'arrêt dans l’évolution de la tumeur.
S’ils étaient dans le vrai, nous répondrions que la calcification est assez rare. Piquand estime qu'elle se rencontre dans 3 °/u des cas seulement.
« Elle atteint presque exclusivement les myomes interstitiels et sous-péritonéaux; la dégénérescence calcaire des polypes est exceptionnelle. »
Dans une étude anatomo-pathologique très complète, l'auteur distingue la calcification à début central, et la calcification à début périphérique.
La première variété, de beaucoup la plus fréquente, débute par un dépôt de granulations calcaires du volume d’un grain de chénevis, qui infiltrent le tissu du myome. Les dépôts calcaires augmentant de volume finissent par former des travées irrégulières. Un noyau central se constitue par la réunion des travées.
(( A un dernier stade, tous les éléments de la tumeur sont uniformément envahis. Sur les coupes, elle présente une section bianc-jaunâtre, lisse, polie, extrêmement dure, rappelant l'aspect du tissu osseux éborné. »
Dans la seconde variété, une sorte de gaine de coque calcifiée se constitue autour de la tumeur, et a partir de ce slade, la calcification peut évoluer de plusieurs façons. Parfois la formation de nouvelles couches calcaires aboutit à une calcüication complète.
Plus souvent la calcification s’arrête à la formation de la coque périphérique — le tissu myomateux conienu dans cette coque présentant des lésions de nécrobiose. — - Au point de vue histologique, on peut voir les cellules musculaires disparaître peu a peu, tandis que les sels calcaires se déposent sous forint de grains microscopiques entre les fibrilles du tissu conjonclif; ou bien le dépôt se fait directement dans les fibres musculaires non altérées.
Telle est la nature de la calcification. Nous avons dit que c’était une transformation assez rare, son importance au point de vue clinique est encore diminuée par ce fait que généralement à côté d’un myome calcifié, existent d’autres mvomes de structure normale.
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Bien plus, il serait faux de penser que c’est une évolution heureuse.
Si parfois les myomes calcifiés n’occasionnent aucun accident, souvent ils entraînent des complications redoutables ; les uns tenant à la compression des organes voisins, les autres à la suppuration du myome et du tissu celluleux qui l'entoure.
La compression du rectum a, dans quelques cas, occasionné des symptômes d’occlusion intestinale mortels. On a observé encore le sphacèle par compression des parois rectales.
Plus souvent c’est la vessie qui est comprimée, et parfois jusqu’à la perforation de ses parois.
Lorsqu’un abcès se forme, il peut s’ouvrir dans le vagin, dans la vessie, dans le rectum. On l’a vu s’ouvrir dans le péritoine, déterminant ainsi une péritonite mortelle.
La conclusion du travail de Piquand est « qu’il ne faut pas considérer la calcification comme une transformation favorable, il faut au contraire la considérer comme une véritable complication. »
Le développement rapide. — Myomes œdémateux et pseudokystiques. — C'est encore à la ménopause, qu’on voit très souvent les myomes utérins s’accroître avec rapidité, et cette évolution s’accompagne généralement d’une « transformation myxoïde ». Parmi les myomes qui deviennent ainsi « myxomateux », il en est qui, histologiquement, sont de véritables tumeurs malignes. Nous en reparlerons plus loin ; les autres conservent, bien qu’ils aient une allure clinique identique, des caractères histologiques de bénignité.
Lawson Tait, pour classer les myomes ne tenait pas compte de leur siège; il les divisait en deux catégories : les mvomes multinodulaires et les myomes mous œdématiés.
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