‹ Le myosotis (volume 2)Chapitre 9 sur 73 · L INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L INTRODUCTION

lent et qui me font du bien, sont des femmes '. Je dois placer en tête madame Emma Ferrand de Bordeaux... Quand l'espace ne me man(juerait pas, les expressions me manqueraient pour vous dire combien cette dame m'a rendu de services. Elle vient de partir, mais elle doit revenir bientôt. Ces protectrices ont reconnu que je n'étais bon qu'a une cbose, à écrire. Leur but (et elles l'ont déjà presque atteint) est d'inspirer à tout le monde la haute o])iuion qu'elles ont de mon talent et de me faire écrire dans toutes les publications, périodiques ou autres, qui s'éditent à Paris. Malheureusement, il y avait à ce projet un obstacle qu'elles n'avaient pas prévu; cet obstacle, c'est moi. Je suis presque accablé d'ouvrage dans ce moment-ci, et je ne fais rien. — Je vous aimais beaucoup et Je vous aime encore davantage, s'il est possible , depuis que je sais que vous aimez ma sœur...

« P. S. J"ai pris le parti de signer mon prénom, à cause de la foule innombrable des Moreau : ce qui a causé déjà plusieurs quiproquos fort désagréables pour moi. »

A la même. Paris, 7 janvier 1837. — « En vérité. Madame , pour ne pas vous appeler mon bon ange, il faut que je me souvienne combien cette expression est banale et partant insignifiante, et puis encore que tout remerciement en ce mois est suspect aux yeux de tous de flatterie et de mensonge. Madame J. a déchiré le voile (très-diaphane) derrière lequel se cachait la main pleine qu'il vous plaisait de me tendre. J'avais grand'peur d'abord, je l'avoue, que cette main fugitive ne se trouvât un peu rude quand je parviendrais à la saisir

\. Voyez, ponr les détails el les éclaircissements, l'excellenle Notice de M. Sainte-Marie Marcotte, eu têietlu volume.

VERS INKDITS — LETTRES. Ll

pour la bniser. Jiiaez de ma joie à présent que j'ai reconnu la vôtre. La nouvelle que mes vers vont ^tre enfin imprimés a mis en îïr;mde joie tous mes amis , et moi aussi par contre-coup. Ce sentiment ciiez eux est bien naturel; il y a si longtemps qu'ils vont criant partout mon talent à des sourds , qu'ils ne sont pas Wchés de trouver à leur opinion un appui, quelque faible qu'il soit. Aussi, les \oil;i tous copiant, arrangeant mes papiers qu'ils connaissent beaucoup mieux que moi. Nous venons de trouver un titre : Confessions POÉTIQUES. Ce n'est pas le plus sonore; mais c'est, à coup sûr, le plus juste en tète d'un volume de poésies qui, ordonnées par dates, formeraient la

biographie complète de l'auteur — Je me garderai

bien de vous souhaiter bêlement la bonne année : j'aurais peur, en faisant conune tout le monde, de paraître aimer et penser comme tout le monde. Dieu sait fet vous aussi peut-être^ que je pense bien autrement et que j'aime bien davantajze! .le vous envoie. Madame, tous mes respects , tous mes amours, toutes mes pensées : je pense que vous serez assez bonne pour ne pas fout prendre et pour en faire passer un petit peu à ma sœur en manière d'éirennes.

« P. S. J'ai l'intention, et tout le monde m'approuve ici, de dédier mon volume à M. Guérard, s'il y consent... et maL'ré lui, au besoin. »

Paris, 21 juillet 1837. — ....« Je suis convaincu par l'expérience que je ne suis bon à rien, sinon à écrire; mais je ne suis pas encore assez habile pour subvenir ainsi à tous mes besoins. Je me suis assigné six mois pour temps d'apj»rentissage ; et pour vivre pendant ce temps, je me suis résigné a donner des leçons particulières à des enfants (ressource provisoire et précaire

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