BERANGER
Il dort sous des ombrases verts
Quand la Liberté le rappelle .
Il dort, le poète, infidèle
A ces captifs qui, dans les fers.
Attendaient faunione d'un vers.
Et pas de lyres qui les plaistnent.
Pas un Blondel pour soulager
Tous ces Cecin^-de-Lion qui saignent
Ah Dieu ! si j'étais Béranger '
Au Luxembourg, mon vers vengeur
Irait frappant de stalle en stalle.
Et sa chiquenaude brutale
Au front d'airain du vieux jugeur
Ferait connaître la rougeur.
Te saurais dégoûter, jVspère,
Et Perrin-Dandin déjuger.
Et Petit- Jean d'être compère
Ah Dieu ! si j'étais Béranger '
Je consolerais les \niours:
De la beauté j'ai vu les larmes
Couler sur des gants de gendaruies
FA sa plainte tomber toujours
Sur des cœurs et des barreaux sourds
Triste, en rêvant au long martyre
Qu'on lui défend de partager,
Lisette a perdu son sourire...
Ah Dieu ! si j'étais Béranger !
L'Avenir est si beau là-bas!...
A des chants d'espoir tout l'engage.
\-t-il remis sa montre en gage T.e poète? Et ne sait-il pas Combien le temps a fait de pas?
Pour montrer du doigt, sur la rive, Au siècle qui va nauf rager, Les fleurs dont le parfum m'arrise.
Ah Dieu! si j'étais Herangerî
Lui-même a vinL^t fois en chantant Bravé les bêtes du prétoire ; De dormir avant la victoire.
Après avoir guerroyé tant, Il a droit sans doute, et pourtant...
Il faut, viennent les représailles , Vienne un .luillet ou l'étranger, Cn Tvrtée aux champs de batailles Ah Dieu ! si j'étais Berangerl
iS55.
tA MUSÉ.
Nymphe qui guettes au passage L'écolier du pays latin, Assez laide pour être sage, Quel mauvais sort te fit catin ?
Hélas! répond, un peu confuse, T>a courtisane ait bas crotte.
Vous voyez une pauvre ^luse ; Soyez heureux par charité !
\e riez pas, oui, de la Loire .l'égalais presque la Sapho ; .l'étais gentille, et l'auditoire, Lorgnette en main criait bravo; D'un gros garçon et d'un poëme J'enrichis la postérité.
Entre nous le père est le même ; Soyez heureux par charité !
l.A Ml SK.
V Pans, un journaliste ivre Proiia mes vers qu'il ne lut pas.
Ce monsieur, pour juger mon livre.
Avait feuilleté mes appas.
Quand d'une main le bon apôtre Brochait Tarticle à mon côté, Dieu sait ce qu'il faisait de l'autre 1 Soyez heureux par charité !
Dans les salons je fus admise , Mes conquêtes ont fait du bruit :
J'ai vu Lamartine en chemise Et Byron en bonnet de nuit.
Sur mon sein traçant une épître, Kn le baisant ils l'ont chanté.
Je mets en vente leur pupitre :
Sovez heureux par charité :
Mais sui\int une maladie, Adieu la gloire, adieu l'amour .
il fallut tomber, enlaidie.
De lord Byron a lord Seymour.
Je n'ai d'autre espoir que rhosi)ice.
Sauf un roman frais édite.
Pauvre Muse, Dieu te bénisse !
Sovez heureux par chante !
1,E TO(:si>
Lu peu (l'or, je ue sais eouimeut, Du eiel me tombe, et vite
A mauiier mon avoir gaiment, Amis, je vous invite.
Accourez à ce gai tintin
Tintin, tintin, tintin rlintintin,
Accourez à ce gai tintin Tintin : c'est le tocsin !
C'est le tocsin, et dans Paris Sitôt qu'il nous rassemble,
Gendarmes, fillettes, maris.
Pour cent raisons tout tremble.
Gisquet y perdra son latin
Tintin, tintin, tintin rlintintin.
Gisquet y perdra son latin Tintin . c'est le tocsin !
lOi \.E TOCSiN.
A sac les rabarets! à sac !
Écoliers, en besogne!
Comme au bon temps des Armagnac
Le mot d'ordre est BouqiQgue ; On peut y joindre l lutmbertin Tintin, tintin, tintin, rlintintin, On peut y joindre ( hamhprtiu Tintin : c'est le tocsin 1
Puis, faisons Pamour en passant :
Sur le cœur d'une femme, Ce son magique est tout puissant Comme : Ouvre-toi, Sèzame.
Tout va ilamber : punch et catin Tintin, tintin, tintin, rlintintin, Tout va flamber : punch et catin Tintin : c'est le tocsin 1
ÎI faut des Midas du pouvoir Chatouiller les oreilles :
Pour le charivari du soir Vidons trente bouteilles ;
insuriieons le pays latin
Tintin, tintin, tintin rlintintin,
Insurgeons le pays latin Tintin • c'est le tocsin!
.r;ii, pour vous pousser aux combats, De réioqnence en poche,