INTRODUCTION
Tous les ouvrages qui composent ce volume appartiennentaumêmegenredelitlérature; des traditions historiques, des aventures merveilleuses devenues populaires en forment le sujet. Ces ouvrages doivent à la grande réputation dont ils ont joui l'honneur défigurer dans la Bibliothèque bleue. Chacun sait qu'on a donné ce nom à une collection de romans de chevalerie , de contes des fées, d'almanachs, de facéties, de chansons, imprimée à Troyes, dont chaque volume était vendu séparément dans toutes les foires du royaume; d'après un catalogue de cette bibliothèque, que j'ai sous les yeux, elle se cornposoit de quatre séries d'ouvrages de différentes natures, publiés lesunsin-4°et in-S", les autres in-l2 et in-i6 (i).
Les plus anciennes productions de ce genre remontent aux premières années du XVII« siècle. Ce fut Jean Oudot, libraire à Troyes, qui entreprit ce genre de publication, et l'on ne peut douter qu'un plein succès n'ait couronné son entreprise (2).
(1) Voyez ce Catalogue à la fin de l'Introduclion.
(2) L'un des plus anciens volumes portant le nom de Oudot , est celui-ci : Le Roman du vaillant Chevalier Ogler le Danois qui fut un des douze pefs de France^ lequel avec le secours du roij Charlemagne chassa lesPaijens hors de Piome et remit le Pape en son siô(ie. Troyes, Oudol. 1606. in-4«. — Le même ouvracrc fui publié de nou-
Xiv NOUVELLE BIBLIOTHÈQUE BLEUE.
Au mois de janvier de Tannée 16G5, Nicolas Oiidot fils de Jean, ayant épousé la fille d'un libraire de Paris, vint s'établir rue de la Harpe; à l'image Notre-Dame et, à celte époque principalement, unequantitéconsidérabled'ouvrages de toute nature appartenant à la Bibliothèque bleue se répandit dans le royaume.
La veuve Oudot qui continua longtemps l'entreprise de son mari, a eu différents successeurs, entre autres Garnier, libraire à Troyes, et jusqu'à nos jours c'est principalement dans cette ville que s'impriment, toujours dans le même style et dans le même format, ces livres qui ont obtenu le plus grand des succès, celui de la popularité. Ce futdonc, suivant moi , une tentative malheureuse que celle qui fut mise à exécution vers 1770, par un nommé Castillon. Il essaya de rajeunir le style de ces anciennes histoires, il crut les rendre dignes de toutes sortes de lecteurs, telles sont ses paroles, en les refondant, entièrement et en y ajoutant des situations et des épisodes nouveaux (i). La simplicité du récit , la naïveté, enfin tout ce qui rappeloit Tanciennelé de ces contes et en faisoit la valeur, a disparu dans ces maladroites contrefaçons. Bien loin d'imiter Castillon, je me suis appliqué à reproduire les textes de Vàncïenne Bibliothèque bleue. 11 faut respecter cette version admise par le peuple ; elle est sacramentelle et nous a conservé la mémoire de nos plus anciennes traditions. En effet, quand on lit le catalogue de Nicolas Oudot, on\ re-
veau en 1610 61 1626. Voyez les catalogues Diifay no 2349, et Lavallière, en 2 volumes, no 3385,
(1) Caiatorjue chronologique des Libmires et des LibmireS'lmpri', mçurs i/e PwU ;parLolin;, n^9, in-go, page iJOg