‹ Le myosotisChapitre 15 sur 52 · L'APPARITION · texte numérisé non relu

L'APPARITION

Ovous, qui recueillant ma première parole Au ménestrel quêteur glissâtes votre obole, Je vous devais une hymne, et je soupire un lai; Au poète insolvable accordez un délai. J'ai promis d'exploiter les trésors de nos fastes; A tous nos jours de gloire, à tous nos jours néfastes, J'ai promis un salut, et ma voix sommeillait Quand celle du canon cria : Vingt-neuf Juillet. La rime dont Boileau se plaignait à Molière Regimbe quelquefois sous ma plume écolière. 11 est de ces moments de fatigue et d'ennuis Où l'on dort enfumé par la lampe des nuits ; Où le front soucieux est labouré de rides Sans qu'il fleurisse un vers dans leurs sillons arides. Pour déranger le vol des habitants de l'air Il ne faut qu'un atome ; or il advint qu'hier Mon sylphe pèlerin, dansant autour du globe. S'égara par hasard dans les plis d'une robe. Et, depuis, loin du jour, fermant ses ailes d'or. Dans ce filet de soie il se berce et s'endort. Et pourtant je rêvais à ce plan d'épopée, Le plus large de ceux qu'on taille à coups d'épée :

Page 1