ETRENNES A MADAME GUERARD
iV M o u R à la fermière ! elle est
Si gentille et si douce !
C'est l'oiseau des bois qui se plaît
Loin du bruit dans la mousse ; Vieux vagabond qui tends la main,
Enfant pauvre et sans mère, Puissiez-vous trouver en chemin
La ferme et la fermière !
LA FERMIERE I23
De l'escabeau vide au foyer
Là le pauvre s'empare, Et le grand bahut de noyer
Pour lui n'est point avare; C'est là qu'un jour je vins m'asseoir,
Les pieds blancs de poussière ; Un jour..., puis en marche! et bonsoir
La ferme et la fermière I
Mon seul beau jour a dû finir.
Finir dès son aurore; Mais pour moi ce doux souvenir
Est du bonheur encore :
En fermant les yeux, je revois
L'enclos plein de lumière, La haie en fleur, le petit bois,
La ferme et la fermière!
Si Dieu, comme notre curé
Au prône le répète, Paie un bienfait (même égaré).
Ah ! qu'il songe à ma dette !
Qii'il prodigue au vallon les fleurs,
La joie à la chaumière.
Et garde des vents et des pleurs
La ferme et la fermière !
Chaque hiver, qu'un groupe d'enfants
A son fuseau sourie, Comme les anges aux fîls blancs
De la Vierge Marie !
Que tous, par la main, pas à pas,
Guidant un petit frère, Réjouissent de leurs ébats
La ferme et la fermière !
Ma chansonnette, prends ton vol 1
Tu n'es qu'un faible hommage ; Mais qu'en avril le rossignol
Chante, et la dédommage ; Qu'efFrayé par ses chants d'amour,
L'oiseau du cimetière Longtemps, longtemps se taise pour
La ferme et la fermière !
L^CE'K^niE TOETE (1836)
...Mais, dira-t-on, il fait des vers!
— C'est donc une denrée bien rare que les vers.