‹ Le myosotis. Poésies inéditesChapitre 38 sur 108 · ETRENNES A MADAME GUERARD · texte numérisé non relu

ETRENNES A MADAME GUERARD

iV M o u R à la fermière ! elle est

Si gentille et si douce !

C'est l'oiseau des bois qui se plaît

Loin du bruit dans la mousse ; Vieux vagabond qui tends la main,

Enfant pauvre et sans mère, Puissiez-vous trouver en chemin

La ferme et la fermière !

LA FERMIERE I23

De l'escabeau vide au foyer

Là le pauvre s'empare, Et le grand bahut de noyer

Pour lui n'est point avare; C'est là qu'un jour je vins m'asseoir,

Les pieds blancs de poussière ; Un jour..., puis en marche! et bonsoir

La ferme et la fermière I

Mon seul beau jour a dû finir.

Finir dès son aurore; Mais pour moi ce doux souvenir

Est du bonheur encore :

En fermant les yeux, je revois

L'enclos plein de lumière, La haie en fleur, le petit bois,

La ferme et la fermière!

Si Dieu, comme notre curé

Au prône le répète, Paie un bienfait (même égaré).

Ah ! qu'il songe à ma dette !

Qii'il prodigue au vallon les fleurs,

La joie à la chaumière.

Et garde des vents et des pleurs

La ferme et la fermière !

Chaque hiver, qu'un groupe d'enfants

A son fuseau sourie, Comme les anges aux fîls blancs

De la Vierge Marie !

Que tous, par la main, pas à pas,

Guidant un petit frère, Réjouissent de leurs ébats

La ferme et la fermière !

Ma chansonnette, prends ton vol 1

Tu n'es qu'un faible hommage ; Mais qu'en avril le rossignol

Chante, et la dédommage ; Qu'efFrayé par ses chants d'amour,

L'oiseau du cimetière Longtemps, longtemps se taise pour

La ferme et la fermière !

L^CE'K^niE TOETE (1836)

...Mais, dira-t-on, il fait des vers!

— C'est donc une denrée bien rare que les vers.

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