‹ Le mystagogue guide général du musée royal bourbon dans lequel on trouve la description des antiques récemment fouillés à Pompei, RuvoChapitre 92 sur 136 · GRANDE TASSE EN SARDOINE 1G · texte numérisé non relu

GRANDE TASSE EN SARDOINE 1G

enfin la figure du protagoniste surtout n’a aucun de ces traits caractéristiques des personnages mythologiques connus jusqu’ici ; on avouera que je n’ai pas eu tort de douter que toutes les figures de la représentation ne fussent historiques, aussi bien que le sujet de la composition.

Or de longues et pénibles recherches m’ont mis à même de vérifier que tout ce que les anciens ont écrit sur les traits d’Àlexandre-le-Grand, et ce qu’on observe sur les monumens de l’art qui nous ont conservé le portrait de ce personnage célèbre, correspond merveilleusement à la figure qui est dans notre tasse. Les boucles de cheveux relevées sur le front et retombant par derrière comme sur les tètes de Jupiter, le regard vif et perçant, l’air menaçant et fier qui lui fit donner le glorieux surnom de lion de la Thesprolie ; les sourcils saillans, la bouche entr’ouverte et le menton un peu relevé, le cou robuste sans être trop charnu, l’œil vif, et assez contracté pour lui laisser toute son énergie, le front aigu, et ce désir fougueux qui brille sur son visage et se répand sur toute sa personne ; mais plus encore, la taille au-dessous de la moyenne, la tète légèrement inclinée sur l’épaule gauche par la tumeur ou tubérosité du muscle mastoïde de ce côté; tout cela ne nous fait-il pas reconnaître dans ce personnage ce que les anciens admirèrent dans le grand Alexandre ? Mais ce qui mettra le comble à l’évidence, c’est que sa tête, objet de nos recherches, ressemble beaucoup , non seulement à celle du buste de M. T le Chev. r d'Azara, portant l’épigraphe AAE- EANAPOY, et à celles tirées des médailles de Rhodes, d 'Apollonie et delcos, mais, ce qui paraîtra plus

étonnant encore, à une pierre gravée de Pompei, (que j’attribue à Pyrgolèle ), comme aussi à YÂlenaxdre la grande mosaïque de Pompei , et au buste farnese de crit au n.° 196. Et comme tous les artistes n’avaient pas le privilège de représenter le héros Macédonien, à l’exception d’Apelle pour la peinture, de Pyrgolèle pour la glyptique, et de Lysippe pour la statuaire, nous devons, en observant la figure d’Alexandre dans notre tasse, ajouter foi aux paroles à' Apulée: ce Dans tous les portraits du conquérant de Y Asie, dit-il, on reconnaît la même vigueur du valeureux guerrier, le même désir insatiable de gloire, les mêmes grâces d’une éternelle jeunesse, la même noblesse d'attitude dans l’élévation de la tête ».

Après avoir ainsi reconnu Alexandre dans cette figure, et prouvé qu’il tient le timon de la charrue en main, la première pensée qui me vint à l’esprit fut d’y découvrir la fondation d 'Alexandrie. Le héros grec voulut qu’elle fut exposée aux vents étésiens qu’on voit en l’air, et l’artiste leur donna la chlamyde dont il est lui-même drapé. De plus, à la fondation des villes les anciens avaient coutume d’en marquer l’ enceinte avec la charrue. C’ était aussi un usage particulier des Romains, qui remontait à Romulus, et que Virgile par conformité d’origine attribue à Enée, quand il dit: Inlerea Æneas urbem circumdat aralro. Mais les Grecs se servaient pour cela d’autres instrumens et pratiquaient une méthode bien différente. Ce qu’il importe aussi de savoir, c’est que lorsque Alexandre désigna la ville, il était entouré de ses soldats, et non pas comme ici au milieu d’un cercle de femmes. D’ailleurs auGun historien n’a assuré

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