CHAPITRE IX
L APOCALYPSE DE JEAN
A la fin du Nouveau Testament se trouve un document remarquable « l'Apocalypse ou Révélation de saint Jean ». Il suffit de lire les premières paroles pour en pressentir le caractère mystérieux : « La révélation de Jésus-Christ, qu'il a reçue de Dieu pour faire connaître à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt et qu'il a mises en signes et envoyées par son ange à Jean son serviteur. » Ce qui est révélé ici l'est sous forme de signes. Le sens littéral ne doit donc pas être accepté comme tel ; il faut y chercher un sens plus profond dont le sens littéral n'est que le symbole. Reaucoup d'autres détails prouvent qu'un « sens secret » se cache sous l'Apocalypse. Jean s'adresse '< aux sept
Églises d'Asie ». Ce nombre ne désigne pas des Églises réelles. Carie nombre sept est le nombre sacré qui a été choisi à cause de son sens symbolique. Le côté mystérieux s'accentue par la manière dont Jean est arrivé à sa révélation. (( Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j'entendis derrière moi une voix éclatante, comme le son d'une trompette.. . Écris dans un livre ce que tu vois et l'envoie aux sept Eglises qui sont en Asie. » Nous sommes donc en présence d'une révélation que Jean a reçue eAz esprit. Et c'est la révélation de Jésus-Christ. Ce que Jésus a manifesté au monde apparaît donc enveloppé d'un sens secret. Il faut donc chercher un sens secret dans la doctrine de Jésus-Christ. Cette révélation est dans le même rapport avec le christianisme ordinaire et officiel que l'initiation aux Mystères avec la religion populaire des anciens peu[)les. Cela justifie l'essai de traiter l'Apocalypst comme un mystère.
Jeai. s'adresse à sept Eglises. Que Ton cherche à comprendre ce qu'il veut dire par là. Il suffit de prendre au hasard le message à l'une des Églises pour deviner le sens général des autres messages. Ecoutons le premier : « Ecris à l'Ange de l'Église dÉ'phèse : je connais tes œuvres, à savoir ton travail et ta patience ; et je sais que tu ne peux souffrir les méchants, et que tu as
éprouvé ceux qui se disent apôtres, et qui ne le sont point; que tu les as trouvé menteurs; que tu as soufTert, que tu as eu de la patience et que tu as travaillé pour mon nom et que tu ne t'es point découragé. Mais j'ai quelque chose contre toi, n'est que tu as abandonné ton premier amour. G'estpourquoi souviens-toi d'où tu es déchu, et le repens, et fais tes premières œuvres; autrement je viendrai bientôt à toi, et j'ôterai ton chandelier de ta place, si tu ne te repens. Mais tu as ceci de bon : c'est que tu hais les actions des Nicolaïtes, lesquelles je hais aussi. Oue celui qui a des oreilles écoute ce que rEsi)rit dit aux Églises : A celui qui vaincra, je donnerai à manger de l'arbre dévie, qui est au paradis de Dieu. » ^'^^ici donc l'exhortation et la menace que l'Esprit fait à l'une des Eglises. Cette Eglise a pris le chemin indiqué par le christianisme. Elle a même la clairvoyance nécessaire pour distinguer les faux apôtres des vrais. Elle veut être chrétienne, car elle a travaillé au nom du Christ. Mais elle a délaissé le premier amour. Elle est entrée dans le vrai chemin ; mais elle n'a pas poursuivi sa route dans la bonne direction. Elle s'est contentée des premiers fruits. Un chemin a été marqué par Jésus pour atteindre le Divin. Pour y marcher il faut de la patience. On peut croire trop tôt qu'on est devenu un vrai chrétien. On
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s'est laissé conduire à une étape par le Christ ; mais alors on cesse de le prendre pour guide. On suit ses propres voies et l'on retombe dans les basses régions de l'humanité. Le savoir qui s'attache à ce qui est compréhensible pour les sens s'élève à une sphère supérieure en se spiritualisant ; alors il se divinise en sagesse. Si le savoir n'arrive pas à cette hauteur il reste dans le périssable. Jésus a montré un chemin pour atteindre l'Eternel. Il faut que la science patiente jusqu'à ce qu'elle devienne divine. Il faut qu'elle suive avec amour les traces qui la conduiront jusqu'à la sagesse. Les Nicolaïtes étaient une secte qui prenait le christianisme à la légère. Ils ne voyaient qu'une chose: le Christ est la Parole de Dieu, l'éternelle sagesse enfantée dans rhomme. Donc, concluaient-ils, la sagesse humaine est la sagesse divine. Il suffît de poursuivre la science humaine pour faire des choses divines en ce monde. Mais il n'en est pas ainsi. La sagesse humaine est aussi périssable que tout le reste à moins d'avoir été transmuée en une sagesse divine. Telle n'est pas votre pensée, dit « l'Esprit » aux membres de l'Eglise d'Éphèse par la voix de l'apôtre. Vous ne vous appuyez pas uniquement sur la simple sagesse humaine. Vous êtes entrés sincèrement dans la voie duchrislianisme. Mais vous croyez avoir atteint
son but avec quelques sentiments chrétiens. Vous en agissez avec les conceptions chrétiennes comme les mondains avec leurs conceptions mondaines. Vous ne comprenez pas que la voie du Divin est une voie infinie ; et que, si vous avez atteint un degré de la divinité, vous devez monter toujours plus haut dans la lumière.
En se retournant, Jean aperçoit u sept chandeliers d'or » et au milieu d'eux « quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'Homme, vêtudunelongue
robe, et ceint sur la poitrine d'une ceinture d'or. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche et comme la neige et ses yeux étalent comme une flamme de feu. » Nous apprenons ensuite (Chap. I, 3o) : a Les sept chandeliers sont les sept Églises. » D'après ce qui a été montré pour la première Église, les chandeliers sont sept voies différentes par lesquelles on peut parvenir au Divin. Elles sont toutes plus ou moins imparfaites. « Et le fils de l'Homme avait sept étoiles dans sa main droite. » (I, 16). Les étoiles sont les Anges des sept Églises(I, 90). Les Daïmones de la sagesse des Mystères sont ici devenus des Anges. Ils doivent donc servir de guides sur tous les cheminsimparfaits quimènent au Divin. « Et de sa bouche (de celle du Fils de rHomme)sorlait une épée aiguë à deux tranchants et son visage resplendissait comme le soleil
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quand il luit dans sa force. » Cette épée elle aussi se retrouve dans les Mystères grecs. On effrayait celui qui devait être initié en brandissant une épée a ses yeux. Elle symbohse la situation terrible dans laquelle se trouve celui qui veut atteindre la divinité pour que « la face de la sagesse luise sur lui comme un soleil éclatant ». Jean, lui aussi, passe par la crainte et la terreur. « Dès que je l'eus vu, je tombai à ses pieds comme mort; mais il mit sa main droite sur moi et me dit. Ne crains rien. » (I, 17.) Celui qui veut être initié, doit passer par la mort. Celui qui le guide doit le conduire au delà de la naissance et de la mort. L'initié entre dans une vie nouvelle. (( J'étais mort, mais maintenant je suis vivant aux siècles des siècles et je tiens les clefs de l'enfer et de la mort. »
Ainsi préparé, Jean est conduit aux secrets supérieurs. « Après cela je regardai et je vis une porte ouverte dans le ciel ; et la première voix que j'avais entendue comme celle d'une trompette et qui parlait avec moi, me dit : Monte ici, et je te ferai voir les choses qui doivent arriver dans la suite. » (IV, 1 .) C'est la source des choses que l'on montre à Jean. « Et aussitôt je fus ravi en esprit; et voici un trône était dressé dans le ciel, et quelqu'un était assis sur ce trône. Celui qui y était assis paraissait semblable à une pierre
de jaspe et de sardoine ; et le trône était environné d'un arc-en-ciel qui paraissait comme une émeraude. » Ceci est une description de la source originaire de toute chose ; elle ne fait qu'indiquer l'essence de l Indescriptible. « Autour de ce trône il y avait vingt-quatre autres trônes ; et je vis sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, vêtus d'habillements blancs et qui avaient sur leurs têtes des couronnes d'or. » Les hommes très avancés en sagesse entourent la source primordiale de l'Etre pour voir et rendre témoignage de son Essence infinie. « Et au milieu du trône et autour du trône il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière. Le premier animal ressemblait à un lion ; le second ressemblait à un taureau ; le troisième avait le visage comme celui d'un homme, et le quatrième ressemblait à un aigle qui vole. Ces quatre animaux avaient chacun six ailes, et ils étaient pleins d'yeux tout à l'entour et au dedans ; et ils ne cessaient jour et nuit, de dire : Saint, saint, saint est le Seigneur tout-puissant qui était, qui Est et qui sera ! » Il n'est pas difficile de reconnaître que lesquatre animaux signifientlaviemultiforme. Plus tard, quand retentissent les trompettes (au chapitre VI) ils élèvent leurs voix; cela montre clairement ce qu'ils signifient. Dans la main droite de celui qui est assis sur
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le trône, se trouve un livre dans lequel est prescrit le chemin delà plus haute sagesse (V, i). Un seul est digne d'ouvrir le livre. « Voici, le lion, qui est issu de la tribu de Juda et de la race de David, a vaincu pour ouvrir le livre et en délier les sept sceaux. » Le livre a sept sceaux. La sagesse humaine a sept voies différentes qui conduisent au même but. La nature septuple tient au caractère sacré du nombre sept, qui est le chiffre organique de la vie. La sagesse mystique de Philon désigne sous le nom de sceaux, les pensées éternelles qui s'expriment dans les choses. La sagesse humaine cherche ces grandes pensées de la création. Mais la vérité divine ne se trouve que dans le livre scellé des sept sceaux. Il faut d'abord que les pensées fondamentales de la création soient dévoilées, que les sceaux soient ouverts. Alors sera révélé ce qui est écrit dans le livre. Jésus, le lion de l'Esprit, a le pouvoir d'ouvrir les sceaux. Il a donné aux grandes pensées de la création une direction, qui conduit, à travers elles, à la sagesse. L'Agneau, qui a été égorgé et qui a acheté de son sang son droit à la divinité, Jésus qui a fait entrer le Christ en lui, qui a traversé ainsi le mystère de la vie et de la mort dans le sens suprême, ouvre le livre (V, 9 à 10). Et les animaux, dont les formes symbolisent les puis-
sances de la vie universelle, proclament ce qu'ils savent à Touverture de chaque sceau.
A Touverture du premier sceau, Jean aperçoit un cheval blanc sur lequel est assis un cavalier avec un arc. Dans le cheval blanc, la première Puissance de l'univers devient visible ; c'est une personnification de la Pensée créatrice. L'humanité est mise dans la droite voie par le nouveau cavalier qui représente le christianisme. La lutte s'apaise par la foi nouvelle.— A Touverlure du second sceau, apparaît un cheval roux monté par un autre cavalier. Il bannit de la terre la Paix, qui est la seconde Puissance de l'univers, afin que l'humanité ne néglige pas dans la paresse la culture du Divin. — A Pouverture du troisième sceau, se montre la Puissance universelle de la Justice (le cavalier qui tient la balance). — Avec le quatrième sceau, apparaît la Puissance religieuse, qui a reçu par le christianisme une dignité nouvelle.
La signification des quai re animaux s'éclaire ici. Ils représentent les quatre puissances universelles qui doivent recevoir du christianisme une direction nouvelle : la Guerre (le lion) ; le Travail paisible (le bœuf) ; la Justice (l'être au visage humain) ; la Religion ou l'élan vers le Divin (l'aigle). La signification du troisième animal à figure humaine appert de ce fait qu'à
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l'ouverture du sceau il est dit: « La mesure de froment vaudra un denier et trois mesures d'orge un denier. » Le cavalier, auquel il répond, tient une balance, signe antique de la Justice. A l'ouverture du quatrième sceau, on aperçoit celui dont le nom est : « La Mort et T Enfer le suivent. » Ce cavalier est la Justice Religieuse. (VI, 6 et 7.)
A l'ouverture du cinquième sceau, apparaissent les âmes qui ont déjà agi dans le sens du christianisme. La grande pensée de la création, qui s'est incorporée dans le christianisme apparaît ici tout entière. Mais le christianisme dont il s'agit ici ne signifie encore que la première communauté chrétienne, périssable comme d'autres formes de la création. — Le sixième sceau est ouvert (chap. VII) ; on voit ici par le triomphe des élus, de ceux qui ont lutté « pour la parole de Dieu » que le monde spirituel du christianisme est un monde éternel. 11 est sanctifié par sa propre création. « Et j'entendis que le nombre de ceux qui étaient marqués était de cent quarantequatre mille, marqués d'entre toutes les tribus des enfants d'Israël. » (V^II, 4-) Or, ce sont là ceux qui ont contemplé l'Eternel avant le temps du christianisme.
Suit l'ouverture du septième sceau. Ici se manifeste ce que le vrai christianisme doit réelle-
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ment devenir dans révolution de notre monde Les sept Anges, qui « sont debout devant Dieu » apparaissent. Ces sept Anges sont les grands Daïmones des Mystères antiques. Ce sont les esprits qui conduisent à la contemplation de Dieu par la voie chrétienne. Ce qui sVaccomplit maintenant représente la marche directe vers Dieu ; c'est une « initialion w qui devient le privilège de Tapôtre Jean. Ce qu'annoncent ces esprits est accompagné des signes nécessaires dans les initiations. « Le premier Ange sonna de la trompette : et il y eut une grêle et du feu mêlé de sang, qui tombèrent sur la terre ; et la troisième partie des arbres fut brûlée et tout ce cu'il
y avait dlierbe verte. » Et de semblables Iléaux arrivent quand les autres Anges sonnent de la trompetle.
Ici l'on s'aperçoit qu'il ne s'agit pas d'une initiation dans le sens anti(|ue, mais d'une initiation nouvelle qui doit prendre la place de la première. Lr christianisme ne devait pas comme les Myslèrrs anciens rtre réservé à un petit nombni d'élus. Il devail appartenir à toute l'humanité et se projeter dans son plus lointain avenir. Le christianisnïe devait être une religion [)opulaire v\ la vérité [irépnrée pour l(»iis ceux « qui on! des oreilles pour enlrMidrc ». Les mv.stes anciens étaient choisis parmi un grand nombre ; les trom-
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pettes du christianisme retentissent pour tous ceux qui veulent les écouter. Il dépena d'eux de s'en approcher. C'est pour cela que les terreurs qui accompagnent cette initiation de l'humanité future s'accroissent en proportions gigantesques.
Après les épouvantes de l'initiation, après que tout ce qui tient trop au périssable, pour pouvoir atteindre au christianisme, a trouvé la mort, apparaît « l'Ange puissant qui descend du ciel, dont le visage est comme le soleil et les pieds comme des colonnes de feu ». Il montre à Jean un petit livre ouvert et le lui donne. « Et il me dit : Prends-le et le dévore ; et il te causera de l'amertume dans le ventre, mais dans ta bouche il sera doux comme du miel. » Jean ne doit pas seulement lire dans le petit livre; il doit l'absorber en lui-même ; il doit se pénétrer de son contenu. A quoi sert toute connaissance si l'homme ne s'en imprègne pas jusqu'à en faire la substance de son sang et de son âme. La sagesse doit devenir de la vie ; l'homme ne doit pas seulement reconnaître le Divin ; il doit se diviniser. Une telle sagesse, celle qui est écrite dans le livre de l'Ange, cause sans doute de la douleur à la nature périssable. « Il te causera de l'amerlume dans le ventre... » mais elle donne d'autant plus de félicité à la nature éternelle : <r... mais
fis LB MY8TÉIIB CHRÉTIEN ET LES MYSTÈRES ANTIQUES
dansi ta bouolh^ il <''ra i!ou\ comme du miel. » M'esl seiilriiUMil |iiir une h'Ile initintioii que le clirisliaiiisiiK* peiil tirvenir une chose présente i»ur la lirre. Il tue tout ce qui ii[))>nrtient à la nalun* inf«'*rieiire. h Kl h-iirs corps «U'uieureiont éleinlu^ «l.iff- !«•«» phicrs ih- l.i irniinle <ilé, «pii fst a[»jielêe s|iiriliiellenM*iit Sodonn' et l^^vpte, où noire Sfiirni'ur :i élê crucilié. » Le Christ est cnicihe |iartout dans la nature inférieure. I.à où celle nalure l'emjiorte, tout n*sle mort. Les liotlllllf*«> 4 »»uvreril «le leurs cadavres les {daccs dt's vill«^ Mi!^ ci*u\ «|ui lrio!n|dieid d«' la nature itiférteiirc. qui n'-veillcnl eu eu\-niéines le Christ crUMiUe. «eu^-là enleiidenl les lnHn|»ell4S du se|>ii«*mr aiiif. Lt> royaumes du mondr sont soumisa iioln- >«nnieur el à >on (Ihrist. t»t il réfi^irra aux >uVles des siècles. •• XI, i-» *♦ Ll h* l**iu|df df Iheu n'iiuvril «laii^ h* ri«*|. r{ Tarhre de s4in alliance lut vu dans son tenqdc. • «XL 1<J-^ Le vieux coiubat entre la nature inl*érii»ure el la nature KU|M^rieure refoiiimeiuv. r.:ir toid ce tjue riiiili^ d auln*fois avait à traverser dans les crvpli's d«*s Iriiqdes, si* renouvtdle dans celui (|ui luart'he dau's l«*s H«-iili«*rs du rhristianisuic. De même qu'Osinii était autrefois menacé par le iiiécliaiit 1 yiihoii. aîus»! «• le vieux dragon, le graiâtl s«rjM*ul doit <*lre vaiuiU.
La Femme. l'Ame humaine enfante la science
L APOCALYPSE DE JEAN
inférieure, qui devient une puissance du mal quand elle ne s'élève pas à la sagesse. L'homme peut être séduit par ce serpent de la connaissance inférieure quand il n'éveille pas en lui le Fils de Dieu, qui écrase la tête du serpent. «Etle grand dragon, le seipent ancien, appelé le diable et Satan, qui séduit tout le monde, fut précipité en terre, et ses anges furent précipités avec lui. » (XII, 9.) On peut lire dans ces paroles ce que voulut être le christianisme : une nouvelle sorte d'initiation. Ce qu'on avait atteint dans les Mvstères devait Fêtre sous une forme nouvelle. Car en eux aussi le serpent devait être vaincu. Les nond)rcux Mystères de l'antiquité devaient être remplacés par le Mystère chrétien. Jésus, en qui le Verbe s'est fait chair, devait devenir l'initiateur de toute l'humanité, et cette humanité devait devenir sa communauté mystique.
L'idéal nouveau n'était donc plus une sélection d'initiés mais l'union de tous. Dans la mesure de sa maturité, chaque homme devait pouvoir devenir un myste. La bonne nouvelleest annoncée à tous : celui qui a une oreille [)Our entendre accourt pour l'écouter et comprendre ses secrets. C'est la voix du cœur qui doit trancher la question dans chaque homme en particulier. On ne conduira plus des hommes isolés dans les temples des Mystères; la Parole a été prononcée
IPli LM ll%«TtilK t JIBL-niIN ET L£«t MYSTKRES ANTIQUES
IMMir tiiu^. Ellr aura plus ou moins de forcir pour Irn uu» fl |»our Ir?» autrt*^ : <-liacuii l'eutnidra mIim mm aïojrttis. Il «I^immkI du IhiTuion, de l'AjiHr qui habit*' la |ioitriiif* d(* tliaqui* houinie ér Art'iérr juia|U*ii ijUfl fMiifil rhacuti doil «^tre iiiiti«'. i.uiii\f*r'» tout fiilier i*sl un liMnpic de 11} »4^rrft. La féliciU* t-leraelie nVsl plus seuleinral ft^mâmt à retix qui f^iVn/ les phénomène s •Merveilleux dan^ leti tmiplen d'initiation, phé- •naiteea qui lioivtMd <^tre pour eux un ga^e de !• ¥ir uiiUM^Ht-lli', iu.<i- lieureuv soiil tvux qui Il (Mil |iiM m et qui rroient quand nii^me •». Peu iiuiHiiir qu'iU tréliuchent enron* dans le» lÉaiiiiriîi», |ieut*4Hre la luniirn* vi«*ndra-t-elle un jijiir jUM|u*à ruv Hini ni* doil «^tn* rrfusr à iMsraMtiUiic ; la \uir i-ni ouxerle pour tous.
Iji ftu de rA|MM*alypN€'d«*eril lesdangcM's dont hrm puiftiiaiiM'eik autii'hrétiennes menaient le i-hri»liaiii»tiie et t*omni<-nt li* christianisnn* i*n ifiouiplitv Tou«» let» autn'> l>ieux sont alisorliés |Mir 1 aiiiiqa<- di\uiit«* rhrc'tienne. «• l'A la ville • a iMTïktuu ui du ikoled, ni de la lune pour léelaimr; caria iirloire de Dieu Téclaire et TAgneau aal «ou flaniheau. » X\l, 'il\. Le secret de la ffévMatioii dr !%aint Jean est que les Mystères lir dui%(-ul plus être fermés. « Kt il in«' dil : .\e •cielle |iaa» les mois de la prophétie du Livrt*, car b diviuité e^ proche. »
L APOCALYPSE DE JEAN
L'auteur de l'Apocalypse nous donne à entendre ce qu'il pense du rapport de son Église avec les Églises anciennes. Il a exprimé son idée sur les Mystères dans un mystère spirituel. C'est dans l'île de Patmos que Tauteur a écrit ce mystère et c'est dans une grotte qu'il doit avoir reçu sa révélation. Ce détail indique à lui seul que la révélation de Jean représente l'initiation à un mystère.
Le christianisme est donc comme la fleur des Mystères antiques. Sa plus haute sagesse s'ent'anle elle-même comme un nouveau mystère dans l'Apocalypse, mais c'est un mystère qui dépasse le cadre de l'ancien monde.
Les mystères particuliers y deviennent le mystère universel.
TËO US MTSTÔŒ CBmirtEX BT UBS VTSTÈBES A^cngcES
pour tous. Elle aura plus on moins de force pour les uns et poar les aatres ; chacun renlendra selon ses moyens. Il dépend du Daimon^ de TAnge qui habite la poitrine de chaque homme de décider jnsqu a quel point chacun doit être initié. L'univers tout entier est un temple de Mystères. La félicité éteroelle n est plus seulement promise à ceux qui voient les phénomènes merveilleux dans les temples d'initiation, phénomènes qui doivent être pour eux un gage de la vie immortelle, mais .< heureux sont ceux qui n'ont pas ya et qui croient quand même ». Peu importe qu'ils trébuchent encore dans les ténèbres, peut-être la lumière viendra-t-elle un jour jusqu'à eux. Rien ne doit être refuse à personne ; la voie est ouverte pour tous.
La fin de TApocalypse décrit les dangers dont les puissances anti-chrétiennes menacent le christianisme et comment le christianisme en triomphe. Tous les autres Dieux sont absorbés par Tantique divinité chrétienne. « Et la ville n'a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l'éclairer; caria gloire de Dieu l'éclairé et l'Agneau est son flambeau. » (XXI, 28.) Le secret de la révélation de saint Jean est que les Mystères ne doivent plus être fermés. « Et il me dit : Ne scelle pas les mots de la prophétie du Livre, car la divinité est proche. »
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avec les ËHises suKtewnes. Il a expriofee s«wi idée sur les >lyslièires (Jsuns m wysiièir^ sfùrilii^^ Cesl dans File de Pabrws que f^auteur ;ji éeril ce myslère et c'est dans une grotte qu'il doit avoir reçu sa révélation. Ce détail indique à Itti seul que la révélation de Jean représente Tinttiation à un mystère.
Le christianisme est donc comme la fleur des Mystères antiques. Sa plus haute sagesse s'enfante elle-même comme un nouveau mystère dans l'Apocalypse, mais c'est un mystère qui dépasse le cadre de l'ancien monde.
Les mystères particuliers y deviennent le mystère universel.
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