I. — I.A l'KusoNNAi.iri'; 1)1-; IJui.oi.i- STi:iM;it
KT SON ULVIXOl'I'liMKNT.
Les lioii.incs 1rs plus ciillivôs .1,; noln; .'•imxi.ic se fonlfr(-néi;il.;iii.-iil un,- i,!,;,, l,-;.^ f;,„ss.- d.- co qu'est 1.11 véiiUiblo iaysli,|u.; el un vcrilabic occiillislo. Ils ne eonnaissenl ces deux foiines de la nionlalilo liuinaino ([ue par l,;urs lypcs mcomplcls ou dégénérés, dont les derniers Icn.ps n'onl fourni tp.e trop d'exemples. Cour 1 inlelleeluel d'aujourd'liui. le nivsli<|uc est une sorte de fou cl dl.allueiné. .|ui'prend ses chimères pour des réalités; roccullisle est un rêveur ou un charlatan, qui abuse de la crédulilé i)uhli.|ue pour se larguer .l'une science 1 lusone et de pouvoirs simules. IJemar.n.ons d abord que celle délinilion du myslicisme "•enlec par .piel.p.es-nns, .serait aussi injuste qu crronnéc si on prélendail ra|.pli,|uer à" des personnalités comme Joachim d.^l Fiore au Irciziômc siècle, comme Jacob Dochm au sci-
l.A Pr.nSONNAMTK PK nt'hOî.F STKINKK 5
zirino on amuur .^îiiiil Mnilin ((i,'o„ ...pprllc. « le pliilo.sophr inrniinii » du dix-lmilirmci siècle. Non nioiris injnslo cl. fnnsse sernit I;i délinilion roumnle i\r roci-nlli.sh', si on v voynil le moindre mppoil nver- des clierrlienis ndiarnés co.nine J^'n^•u•e|s(^ .Mesmer on l'.dire d'Olivel d;ins le passé, emnmr Willinin Crookrs, de I^H-hns on Camille Mammarion d;,ns le présent. On'on pense ee cpfon vondra deees hardis invesligalenrs, il est ineonicstahie qn'iis ont ouvert des régnons inconnues à la science et armé l'esprit d'idées nouvedies.
Non, ces définitions fanlaisisles penveid salisfaire loul au plus le dilellanlisme scienliliipie, (jui couvre sa Iéirp,e|é d'un masrpie liaulaiu pour défendre sa paresse, ou 1*' sceplicisme mondain qui liarcèle de son ironie lout ce qui meuace d(; •rarraclier à son indilïerencf;. I.aissons-là ces jugcmcnis superficiels. CoFisnIlons Phisloire, les livres sacrés et |)rofanes de fous les j>euî)les et les derniers résullals de la science expérimentaie, soumellons Ions ces fails à une crilicpie inq)arliale en concluant des cllels senddaMes à des causes ideniicpies — et nous serons forcés de donner du mysliquc et de Toccultiste une lout aufre délinilion.
Le vérilaMe myslicpic est un homme qui entre en jdeine possession de toute sa vie intérieure et cpii, devenu conscieid de sa suhconscience, y trouve, par la uiéditation concentrée
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6 INTIIODI.CTIOX
cl par imo discipline» rrij^lrr, (I(îs rncnllrs ni <lcs lumières nouvclh's. (!<;s facullV'S el cos Imiiirrcs réclaircnt sur la iialunî inlinic do sou àum et sur ses rapports avec celéléuîeiitiuipalpalde(pii csl au fond (Je loul, avec celle rêalilé ('leruelle cl supreiue cpic la religion appelle l,)ieu el la poewic le Divin. — l/occulli.sle. paicul du niysli(|uc maisflilléranl dcî lui comme un Trère cadet de son aîné, est un homme doué d iiduilion cl de syntlièse qui cherche h |)énélrer les arrièrefonds, et les dessous de la nature avec \rs méthodes d(î la science et de la |)hilosophie, cVsl-àdirc par Tohservation et la raison, méliiodes invariahles dans leuis |)rincipes luîns qui se modilicnl, dans l'application, en s'adaplaid aux régnes descendants de l'h^sprit ou aux régnes ascendîuils de la Nature, selon l'immense hiérarchie des êtres et ralchimie du \'crbc créateur.
Le niyslicjuc est donc celui cpii cherche la vérité id le divin dir(u:tement en lui-même, par un dégagement graduel et un vérilahle enfanlcmônt de son àm(î supériein*(\ S'il y parvient après un long elTort, il plonge i\ son centre incandescent. Alors il s'immerge cl s'identifie avec cet océan de vie cpii est la Force primordiale.
L'occultiste, par contre, découvre, étudie et contemple (!e méuH; Divin épars, répandu à doses diverses, dynamisé et multiplié à l'iulint
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LA i>r:nsoNNAMTi: f>iMt!i)oir stkinki» 7
dans la Nature et dans rilumanilé. D'après le uu>t profond de Paracclsc, // /'o/7, flntis Ions /es c//*c.s\ les Ici 1res iVim alphfihrl^ fjni, jointes dans V homme ^ forment le rerlte eomplet et eonscient de la rie. I^es analysés ujinuliruses qu'il en CîmI, les syidhèses qu'il ru conslilue, soni pour lui comuKîaulant trimages cl de prcsscMitimenls d(* c(î Divin ceniral, de ce soiril dc^ lîeaulé, de Vérilé el de \ ie (ju'il m^ veut pas, mais <pii se reflète ni si) brise à ses yeux en d'innomhrahles miroirs.
I^es aruies du myslicpie sont la concentration et la vision intérieure ; les jinufis de roccultisie sont rintuilion et la syidhèsc. L'un répond à l'autre; ils se conqdèleid, et se présupposeid,.
(les deux types humains se conl'ondfîîd dans l'adepte, dans riniti*'" supéricMir. Nul doute» que lun ou l'autre et souvent les deux se renconlrent chez les fondateurs des grandrîs religions et des plus hautes philosophies. Nul doute aussi (pi'on les retrouve, à im degré moindre mais encore très i-emarquahh;, chez, un c(îitain nomhie i\(\ jxMsonnages (pii jouèrent <le grands rôles dans l'histoire, réformateurs, penseurs, poêles, artistes, hommes <ri^]tat-.
Pourcpioi dcmc ces deux meidalités, (jui représentent les plus haute's l'acultés humaines (d qui furent jadis rohjet d'une vc-nération universidh», ne nous apparaissrMil-elles j)lus en général (jue déformées et tiavcsties ? Pourquoi se sont-elles
lui'
INTRODUCTION
oblitérées ? Pourquoi devaient-elles tomber dans un tel discrédit ?
Cela tient à une cause profonde qui réside dans une nécessite inéluctable de révolution humaine.
Depuis deux mille ans déjJi, mais surtout depuis le seizième siècle, Thumanité accomplit un travail formidable, à savoir la conquête du globe et la constitution delà science expérimentale, en ce qui concerne le monde matériel et visible.
Pour mener ù bonne lin ce travail d'Hercule et de Titan, il fallait une éclipse temporaire des facultés transcendantes de rhomme', afin de concentrer toute sa puissance d'observation sur le monde extérieur. Toutefois ces facultés n'ont jamais été ni éteintes ni même inactives. Elles sommeillent dans la foule, elles veillent dans une élite, loin des regards du vulgaire. Aujourd'hui, elles se montrent au grand jour sous des formes nouvelles. Elles vont prendre sous peu une importance capitale et directrice dans les destinées humaines. J'ajoute qu'à aucune époque de rhistoire, pas plus chez les peuples de l'ancien cycle aryen ([ue dans les civilisations sémiti<|ues de l'Asie (it de TAfriipie, pas plus dans le monde gréco-latin qu'au inoycMi î^gc» et aux temps modernes, ces facultés royales, auxcpielles le positivisme voudrait subsliluer sa sèche nomenclature, n'ont cessé d'agir h l'ori-
LA peusonnautiî m: hudoi.i- steineii
mue cl i. rarii/-.n!-i.li.ii .1.! lonlos l.-s Krai..lo,s crénlions humaines el, do loul. Iravail frco.ul. Car coininoiil iinas,nn«M- nn |><-iiscur, .m \m-U', un inv.-nl<-ur, nn bôn.s, m. n.ailro .k la sci.-nco ou .le lail. un géui.- .lu.-l.o.i.iu.-, sans un rayon puissanl .le .es .l.-ux ia.ull.-s niailr.sses, <ini font le n.ysli.ine el. i-o.-.nllisl.. : — la voyance inlcrieun! el riiiluili.>n souveraine; ?
Ru.loif Sieiner csl à la fois un niysli<|ueel un occullisle. Ces deux nainres apparaissent clicz. lui en un parlait a.cor.l. On ne sainail dire la«iuelle des deux |uédoinine sur l'aulre. V.n s.; pénélranl et en se fondant, elles sont devenues une force homogène. De là un d.-vcloppcnienl parliculier où les .'v.'nemenls exlérieurs n'onl joué (pi'un rôle secondaire.
' I.e .locleur M. Sieiner esl n.'- dans la haule Aulriehe, en iSOi. Ses premi.'-res années s'.Vou- Itrcnl dans tmc iielile ville situ.-e sur la Leyllia, aux conlins de la Slyrie, .les Carpalhcs el de la Hongrie. Dès lenlanee, sa nature fui grave .4 c.m.M.nir.'e. I':ile lui r.-servail une a.loleseenee inlérieureinenl illuinin.'e d.-.s plus m.-rveilleus.-s inl.iilions, une jeunesse Iravers.-c d'épreuves redoulahlcs el un Age mrtr couronné .l'une mission qu'il cnlrevil d.'^s l'aube de son exis-
INTHOnUCTION
l(Mi(!n, innis (|iii ur s<» fonniiln <nir pnn a pcMi dans la lullc pour la vcrilc cL la vie.
Gntlc ncJolortcnncc, pn^Rcc dniiH iinr vv^'um inoiilugno\is(M'lnîlinMî,riillioiiiouso àsainaiiiôrr, grâce aux facullrs exceptionnelles qu'il se découvril. On Peniploya dans une rgliso callioli(pie comme eid'anl i\c chœur. I.a porsie du culte, la profond<HU* des symboles rallirait mystérieusement, mais, comme il avait le don inné de voir les aines, une chose TelTraya. Ce fut rincrédulilc secrète des j)relres uniquement préoccupés du rite et de la parlie matéritdie du culte. Autre singularité : jamais personne, ni alors ni plus tard, ne se permit de ])arl(îr devant lui d'une superstition grossirr(; ou de prolénîr un blasphème, comme si ces yeux calmes et pénétrants imposaient à l'interlocuteur le sérieux de la pensée. En cet enfant, pnîscjue toujours muet, grandissait une volonté silencieuse et inflexible, celle de se rendre maître des (dioses par l'intelligence. Cela lui fut plus facile qu'à d'autres, car il possédait de naissance cette maîtrise de soi, si rare même chez Padulte, et qui donne la maîtrise des autres. A celte volonté fixe il joignait une synqiathie intime, [)rofond(^, prescpic douloureuse, une sort(^ de; tiîudresse anitovée pour tous les êtres, et même i)our la nature inanimée. Il lui send)lait que toutes les (\incs avaient en elles quehpie chose de divin. Mais dans (pielle gangue éj)aisse se cachait la pailletle
,.A rEUSONNAMT!: Hi: lUUXM.l STniNKn
,,.„,, ,„„s ,,„,.ll.. HMl... .Inn-, .l:.ns M'U-Ilcs U'.„M,r.-s so.ninrillaiUVssr,,.-.- ,,n'..-,i.-us.; ! \ i.i,n.omcnl onroro IrosHnillail en lui c-Uc ..Icc - .1 ,lcv,.il In .l.--v.-l..l'l"-<- pl"« ta-'l - M««' >.«^"'? .livino oxisto <li.ns l<.i.s les l.oM.inos, n.a.s ;. ,..,,,, ,,„.„,. (/..sl une cni'tiv.- r.n.lonniç qn il s-i,.ril .U- <lrs,-n^nrcclrr. Ans vr-nx .!<• <o,l n.lo- Icsconl iHM.sil-, 1-s An.es l.n.nain..s 'l'-v.-n.o,,!, iransparcnles nvcc leurs In.ul.ks, l.-.nrs. .-sus,
lours convulsions .le haine ou <1 amour la,) o- ,,,„,,,„„,„, ,„i,.c,. à eause .les el.oseslernUes
quil apenevail «lu'il parlait si lieu.
Due (le j.,uissanc<^s.ep.n.lanl,in<-(.unu.-s.lu „,;„.le. .l.H-.,ulaieul de .:clle i.,v,,l.,iilaire .: a.rvoyaiu-e. l'arn.i l.^s r.iuar.p.al.les nv.-lal ons
i„l,vrie.ires .lu j-une l.o.n , je u en «^.tera.
(.u-unc cxIr.-iu.Miiciil .^aracltrisluiue.
Les immenses plaines .le la Hongrie, les forMs sauvaf.es .les (:ar,.all..^s, l.^s v.ei les ■..lises (le c.-s monlat^nes ..ù r..slei.s.,.r leluil, s;.lcomineuusoleil.lansl.-sl.-..él.r.-sclus^^^^^^^^ Uiaire. ny fur.MU pour rieii ; lua.s ell. s ^, o saicnl la ni.-.lilalion el le re.u.-ill.mieul.. A I ..„e de q.iiu/.e ans, 15. SIeiner lit la connaissance d un savai.l l.olai.isle de passa.i^e en sou pays. La • .i,„,,,il.-. .le cclluMume .Mail, qu due. umlaissailpas.s.-,d.Mn..nll.-sesp.-.-.-s,..slain.les
cl h. vie les i.lanles -lans leurs nm.n.lres d.-la. s ^ is aussi leurs v..r.uss.-,er.Mes. Ou .uld, •i, avait passé sa vie à .■.u.v.user avec I Ame
IN'TnODUCTION
încoiiscionlo cl- fluide <los horhcs et des Meurs. Il avait le don de voir le principe vilal des pinnies, leur corps élliérique et ce que roccullisine a|)pelle les élémenlaux du monde vri»^rlal. Il en parlait comme d'un<i chose couranle et lonic naturelle. Le Ion rassis et froidenieni scieidi- (iquo de HO conversai ion ne lit qu'exciter davnnta^e la curiosilé et l'admiralion^lnjenin» homme. SIeiner sid ]>lus tard (pie cet homnnî ctrant^tî était un envoyé du Maître qu'il ne connaissait pas encore, mais qui devait èlre son véritahie initiateur et cpii déjà le surveillait de loin.
Ce que le hizarre botaniste à double vue lui avait dit, le jeune Stciner le trouva conforme à la logi(|ue des choses. Cela ne faisait que confirmer un sentiment inléricuir ([u'il avait depuis longtemps et (|ui s'imposait de plus en plus à son esprit comme la Loi fondamentale et comme la base du Grand-Tout. A savoir : le double courant qui consliluc le mouvement même du monde et qu'on pourrait appeler le /lux et le re/ïux de la vie universelle.
Tous nous sommes lémoins et nous avons conscience du courant exléricur de révolution, qui entraîne tous les êtres du ciel et de la terre, astres, j)lantes, animaux, humanité, et l'ait qu'ils se meuvent en avant vers un avenir infini, sans que nous apercevions la force initiale qui les pousse et les fait marcluîr sans cesse ni repos. Mais il y a dans l'univers un courant
L\ 1>EHS0NNAUTÉ HK IlUDOLF STEINEH
inverse, i\\û s'inlerf/'re el. s'iidrodidl per|)éluel|cmeid dans l'autre. C'est celui de l'involulion, par leipiel les principes, les forces, les entités et les îhnes (|ui viennent du monde invisibhî et du règne diî l'LtcMnel s'inlilInMd et s'ingèrcMit sans cesstî dans la réalilé visible. Aucune évolution de la malière ne serait compréhensibbîsîuis celle perpéluelle involulion de l'I^sprit, sans ce couraid oeeidle etasiral, qui est le grand propulseur de la vie avec sa hiérarchie de puissances. Ainsi TKsprit (pii coidient Tavenir en germ<% sinvolue dans la matière; ainsi la malière, (pii reçoit llCspril, crolue vers l'avc^nir. Donc, tandis (pie nous marchons aveuglément vers l'avenir inconnu, cet avenir marche vers nous consciemment en s'iniusant an coins du inonde et de riiomme «jui Télaborcnt. Jet est le double mouremcnl du Temps, le respir et Vaspir de l'Ame du monde, f/ui vient de i IClernel et ij retourne.
Dès Tàge de dix-huit ans, le jeune SIeiner eut le senliment sponlané dt^ ce double courant, sentiment cpii est la condition d(; tonte vision spiriluelle. Cet axiome vilal s'élait inq)osé à lui ])ar une vue din^le el involontaire des choses. Il eut dès lors la scnsalion irréfragable de puissances oeculles (pii agissaient derrière lui rX a travers lui j)our le diriger. Il écoulail (!etle forc<» et suivait ses avertissem(înls, car il se scnlait en accord profond avec elle.
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l\ PKHSON.NAMTl': Di: Hl 1)01,1 SIKINKIl
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INTUODUCTION
Ccpcndanl ce genre de perception tornuut dans sa vie inlclleclucll<î une calégoric a pari. Cel ordre de vérilcs lui paraissait .pielcpie <-hos^c de Hi prol'ond, do M mysléri.rnx et .le si sacrer, ,|u*il n'imaginait pas pouvoir l'exprimer jamais en parolcs.ll en nourrissait son Muo comme d'une source divine, nuus en répandre une gonlte au dehors lui eiU semblé une profanation.
A côlé de celle vie intérieure elconlcinplalive, son esprit rationnel el pliilosopl.iipic se développait puissammenl. De quin/.e à seiz.e ans, Uudoir Sleiner s'était plongé dans 1 élude de Kant, de Fichle el de SchcUing. Venu a Vienne ipiclques années après, il se passionna pour Hegel, dont l'idéalisme Iranscendanl arrive jusqu'aux conlins de roccullisine : mais la philosophie spéculative ne lui sullisait i.as. Son esprit posilir réclamait la hase solide des sciences d'ohscrvalion. Il étudia donc à fond les malhématiciues, la chimie, la minéralogie, la holani(pie el la zoologie. « Ces études, dil-il, fournissent pour la construction dun système spirituel de l'univers une hase bien plus sûre que l'hisloire et la lilléralure. Celles-ci, dépourvues de méthodes précises, n'olTraient alors aucune échappée lumineuse dans le vaste domaine de la science allemande. » Curieux de tout, épris de grand arl et enlhousiaslc de la poésie, Stciner ne négligea pas ccpcMidanlles études littéraires. Il trouva pour l'y guider un
Lii"-,.
excellent iiroressriir
'Il la personne <le .liilins
i^î Scliroer, Sîivînil clislinL^nn ( jrimni, i\\n su
le l'école dés IVères
|»l)li(|n;iit l\ développer chez ses ^ élèves Tînl de lu pnrolc (îI de hiconiposilion.
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du niîdéiijilismc miil* inponiin, «lil SIcincr, sn
maison fui pour moi tme oîisis d'idéalisnH^ »
Mais ce nVlail pas ciiconî le Maître i\u\\ clieidiail. y\u niilien de ces éludes variées el de CCS nn'Hlilalions intenses, il n'aperccvail encore rédifice de l'univers cpu; par fratrmenls ; son inluilion innée rempécliail de donler du fond divin des choses cl d'un au-delà spirituel. Sii'ue dislinclif de cet homme exiraordinaire, jamais il ne connut une i\r ces crises de doute el <le désespoir (fui forment rordinaire transilion à une conviclion délinilive, dans la vie des m\sticjucs et des |)enseurs. Il seidait cependaid (jne la lumière ccnirale, celle (jui éclainî el i)énèlre le loul, lui manquail encore. La jeum\ss(» élait venue avec ses proldèmes Ici rihies. Ou'allail-il faire (h; sa vie? \.r sphinx de la destinée se campait devant lui. Comment allait-il résoudre; son prohlème?
Ce lui à dix-neuf ans cpie Taspiraid aux mystères renconira son 1,-uide — lelNlaîlre — depuis lonp:l(Mnps presscîidi.
C'esl un l'ait constaid, admis par la tradition occulle et conllrnié par rexpérience, (lUC ceux
if-
INTRODUCTION
qui cherchent la vérilà supérieure (run désir inipcrsoniuîl Irouvenl un ninlire pour 1rs inilirr, au moment propice, c'est-à-dire quand ils sont mûrs pour In recevoir. « Frappez et on vous ouvrira, » dit Jésus. Cela est vrai pour toute chose, mais surtout pour la vérité. Seulement, il faut que le désir soit ardent comme une flamme, dans une ûme pure comme un cristal. Le maître de Uudolf Steiner était un de ces hommes puissants qui vivent, inconnus du monde, sous le masque d'un état civil quelconque, pour accomplir une mission dont seuls se doutent leurs éiçaux dans la confrérie des maîtres renonciateurs. Ils n'agissent pas ostensiblement sur les événements humains. L'incognilo est la condition de leur force, mais leur action n'en est que plus eflicace. Car ils suscitent, préparent et dirigent ceux qui agiront aux yeux de tous. Dans le cas présent, le maître n'eut pas de peine à conq)léter l'initiation première et spontanée de son disciple. Il n'eut pour ainsi dire qu'à lui montrer le doigté de sa propre nature pour Tarmer de ses outils nécessaires. Lumineusement il lui montra le lien des sciences ofticicllcset secrètes, des religions et des forces spirituelles qui se disputent actuellement la direction de l'humanité, l'antiquité de la tradition occulte qui tient les (ils cachés de l'histoire, ([ui les môle, les sépare et les renoue dans le cours des siècles. Rapidement il lui lit Iran-
i.\ rKnsoNNAi.rn': di: lîrnoi.r sti.im.u
cliir h*s rinpcs siirr«*ssi\ <*s dr l;i disciplina iiih'riiMirr pour iillrindir l:i rl:iir\ oy.iiirr ronscinilf'
et raisonner. Mn peu de mois, le disripIcM-onnul, pur roiis(M;^iu'HU',nl. «»rnl, In profondrnr nt Im sjilondmr inconq»îiral)l<' de la synthèse ésolérique. Déjà liudolf Sirincr s'él.nl lincé à luimême sa mission inlelleclnfdle : <« lîenonci" la Scirnce ol 1m jiclit'ion. l'aire leiilrer Dien (Luis la SeiencMî el la Natures d:ins la Meligion. Par là féconder à nouveau l'Art et la Vie. »> Mais commentahorder celle lAche immense et lénn''iaiie? Conmienl vaincre, on plutôt comment apprivoiser et eouveilir le i^nniid ennemi, la seienee. malérialisle d'anjourd'liui, «pii r(»ssend»le à un dragon formidable, nîvèlu dr, sa carapace et couché sur son immens(^ Irésor .^ (Comment domple!' ce dragon de' l.i science modeine et rallelerau ch.ir <le In véiilé spirilnelle? VA, surtout, comnieid vnincre le lnure;ui de Popinion publique?
Le maître de Hudolf Steiner ne lui ressemblait guè^^ Il n'avait pas c(»lte sensibililé |>rofonde ri féminine, (pii n'exclut pns réneii»ie, mais cjui fait de tout coidact mie éniolion et converlit immédialcMuent la soulTranre des aulres en une douleur personnelb;. C'élîut un mAle (h; l'j^^sprit, un donq>teur recloulnble, (pii ne voit cpie i'es|)èce et p(»ur le(piel les individus exislent à peine. Il ne se ménageail pas lui-mèim* et u(\ ménatreail i>as lesaidres. Sn volonté i-essendilait
INTIIODUCTION
à un boulet, qui, une fois sorti de la bouche du canon, va droit à son but id iialayc toul sur son passage. Aux questions inquiètes dr son disciple, il répondit en substance:
« Si tu veux combattre Tlilnnenii, connnencc par le comprendre. Tu ne vaincras le Dragon qu'en entrant dans sa peau. Ouantau Taureau, il faut le ])rendre par les cornes. C'est au plus fort de la détresse que tu trouveras tes armes et les frères de combat. Je t'ai montré qui lu es, maintenant va — et reste toi-même ! »
Rudolf Steiner connaissait suffisamment la langue des maîtres pour deviner l'Apre chemin que lui imposait cet ordre ; mais il comprit aussi que c'était l'unique moyen d'atteindre le but. 11 obéit et se mit en route.
A partir de i8So, la vie de Rudolf Steiner se divise en trois périodes bien distinctes. De 20 à 3o ans (1881-1891) la période de Vienne, temps d'étude et de préparation. — De 3o à /|0 ans (1 891-1901) la période de Weimar, temps de lutte et de combat. — De /|0 à /fi ans (1901- 1907) la période de Rerlin, temps d'action et d'organisation, où sa pensée se cristallise dans une œuvre vivante.
Je passe rapidement sur la période de Vienne, où Steiner prit le grade de docteur en philo-
LA PI-HSCNNALm': DK HUDOLF STKINKH
so]>hie. Il écrivit rnsuile une série darlirles scienliliques sui* la /ooloi^ie, la «réologie, el la théorie des couleurs, où des idées Ihéosophicpies apparaissent sous un vêlement idéalisle. Tout en exeiraiit le préc(^ploial dans plusieurs familles avec ce dévouenieiil consciencieux cpf il aj)porleen loule clHise, il dirigea, connne rédar-leur en ehe|\ une reuille iMbdoniadaiie de Vienne, la Dciilsr/ic Worhcnsrhrifl. Son amitié avec la poélesse auliichienne Maiie l*jigéni(; dclle (ira/ie jeta dans cj'lte période de lourds travaux comme un chaud rayon de soleil avec! un sourire d(^ gr5^c(î et de jjoésie.
Kn 1S90, Sleinei- fut appelé à collaborer aux archives de (îo'lhe el de Schiller, à Weimar, pour snrveilhîr la réiMlilion des oeuvres scienlilicpies de (ioelhc. Peu a[)rès il publiait deux écrits importants, lV/'z7c ci Science et J^/iilosophic (le 1(1 liherh'. « Les puissances oc(!ultes ((ui me dirigeaieni, dil-il, nrobligeaient à faire ])énélr(îr insensiblement des idées spiritualistes dans les courants de répoqu(\ » Mais, dans ces bcsoL^Mies div(îrscs^ il ne, faisait (piétudier son terrain en essayant ses forces. Si lointain était le but (pril nimaginail pas encore pouvoir ratleindre. b^iire le tour du monde dans une banpie à voil(% traverser rAllanticpie, le Pacifi(pieet rOcéan Indien pour nîvefiir dans un port d'iMM-ope, lui eut semblé plus facile. Kn all(Midant les événements <|ui devaient lui permettre
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jNTuonrcTiON
i.\ n.nsoNNAi rrr nr. m hoi.r sti.imh
(l'armer son nnvinî ri do le hnieor en p!(Miio inrr, il entra en conlacl avec «leux jjersonnalKrs illns- Ircs (jni servircMil à son oricnlalion inlellecinellc dans le nH>n(le eonh^nporain.
(les deux personnes fnrenl le célrhrf* philosoplie Frédéric! Nielzschc cL le non moins fameux naluralisle lilrncsl llo'ckel.
Rudolf SLeincr venait de faire une conférenee impartiale sur l'auteur de ZaraUioiislra. A ce propos, la soîur de Nietzsche pria le criticpic sympathique de venir la trouver à Naumhurg, où son malheureux frère agonisait lenlement. Mme Foersler conduisit le visiteur à la porte de l'appartement, où Nietzsche reposait sur une chaise longue dans un élat comateux, inerle, hébété. Cr, speclach» attristant eut pour It. SIeiner quel(|ue chose <le singulièrement signilicalif. Il y vit le dernier acte de la tragédie du surhomme niancjué.
L'auteur d'An delà du IVicn el du Mal n'avait pas, comme les réalistes de l'impérialisme hismarclvien, renontîé à l'idéalisme, car cVlait un intuitif de génie, mais dans son orgueil individualiste il avait prétendu retrancher le monde spirituel de l'univers et le divin de la conscience humaine. 7\u lieu de placer le surhomme, dont il avait la vision poéticpie, dans le domaine spirituel, cpii est sa sphère pro|)re, il voulut le l'aire enirer de force dans le monde matériel, seul réel h ses yeux. De là, dans celle magnifique intclli-
gence, un chaos d'idées el une lulle sauvage qui provocpta à la longues un ramollissement du cerveau. l»our expliquer ce cas particulier, il n est pas nérf^ssîiire iU^ fîiirr inirrveuir Inlavisme r\. la théorie d(r la dégénérescrurr. L(î comhnl IVénéli(pie des idées et d(îs seidimonts contraires, dont ce cerveau fut le champ de halaille, y suffit. Steiner avait rendu juslire à loul ce qu'il y a de génial dans les idées iu>vatrices de Nietzsche Jlais, ce vaincu de l'orgueil, ce suicidé de la négation, n'en fut pas moins pour lui un exemple tragicpie de l'anarchie d'une grande intellig(Mice ((ui se délruit elle-même avec rage en s'arrachant le sens spirituel.
Mme lw>ersler ne négligera rien pour enrôler le docteur Sleinc^r sous hr drapeau iW, son frère. Elle y employa toutes son hahilelé, offrant à plusieurs rei)rises au j(îun(î puhliciste d(î devenir Tédileur et h^ couniM'nlîdcur dfS (ciivres de Nietzsche. Sleinersedéfendil de son mieux conlre
cette insistance, et finit par se dérober tout à fait,ce(pu3 Mme Foersler ne lui pardimna jamais. Elle ne savait p;is que l'mdolf Steiner portait en lui-même la conscienc«i d\\nr. (euvre non moins «rrande et autrement féconde ([ue celle d(i son
frère.
Nietzsche n'avait été (pf un épisode intéressant
dans la vie du penseur ésoléricpns au seud de son arène <le condjal. La rencontre du célèbre naturaliste Ernest llîuckermanpie au coidraire
INTRODUCTION
LA PERSONNALITE DE RUDOLF STEINER
une phase capitale dans le développement de sa pensée. Le successeur de Darwin n*était-il pas en apparence le plus formidable adversaire du spiritualisme de ce jeune initié, de cette philosophie qui était pour lui plus qu'une hypothèse, qui formait comme Tessence de son être et la respiration de sa pensée ? En effet, depuis que le fil rompu entre l'homme et Tanimal a été renoué, depuis que Thomme ne peut plus croire à une origine spéciale et surnaturelle, il s'est mis à douter radicalement de son origine et de sa destinée divines. 11 ne se voit plus que comme un phénomène parmi tant de phénomènes, forme passagère au milieu de tant de formes, chaînon fragile et hasardeux de l'aveugle évolution. Steiner a donc raison de dire : « La mentalité qui dérive des sciences naturelles est la plus grande puissance des temps nouveaux. » D'autre part, il savait que ce système ne reproduit que la suc- , cession des formes extérieures chez les êtres vivants, mais non les forces internes et agissantes de la vie. Il le savait par initiation personnelle et par une vue de Tunivers plus profonde et plus vaste. Aussi pouvait-il s'écrier avec plus de conviction que la plupart de nos spiritualistes timides et de nos théologiens effarouchés: « L'âme humaine doit-elle donc s'élever sur les ailes de l'enthousiasme jusqu'aux cimes du Vrai, du Beau et du Bien pour être balayée dans le néant comme une écume du cerveau? » Oui, Haeckel était
l'Adversaire. C'était le matérialisme armé, le Dragon avec toutes ses écailles, ses griffes et ses dents.
Le désir de Steiner de comprendre cet homme et de lui rendre justice en ce qu'il a de grand, de pénétrer sa théorie en ce qu'elle a de logique et de plausible n'en fut que plus intense. En ce fait apparaît toute la loyauté et toute la largeur de son esprit compréhensif.
Les conclusions matérialistes de Haeckel ne pouvaient avoir aucune prise sur ses idées, qui lui venaient d'une autre science, mais il avait le pressentiment que dans les découvertes incontestables du naturaliste il trouverait la base la plus sûre d'un spiritualisme évolutif et d'une théosophie rationnelle.
Il se mit donc à étudier avec passion V Histoire de la création naturelle, Haeckel y donne un tableau saisissant de l'évolution des espèces depuis les amibes jusqu'à l'homme. Il y montre la croissance successive des organes et le processus physiologique par lequel les êtres vivants se sont élevés à des organismes de plus en plus complexes et de plus en plus parfaits. Mais dans cette prodigieuse transformation, qui suppose des millions et des millions d'années, il n'ex-tj plique jamais la force initiale de cette ascension ^ universelle et pas davantage la série des impul-M sions particulières qui font monter les êtres de(] degrés en degrés. A ces questions primordiales,
-;^"'^' v.^«c»aB,SBywws!
INTRODUCTION
LA PERSONNALITE DE RUDOLF STEINER
une phase capitale dans le développement de sa pensée. Le successeur de Darwin n'était-il pas en apparence le plus formidable adversaire du spiritualisme de ce jeune initié, de cette philosophie qui était pour lui plus qu'une hypothèse, qui formait comme l'essence de son être et la respiration de sa pensée ? En effet, depuis que le fil rompu entre l'homme et Tanimal a été renoué, depuis que l'homme ne peut plus croire à une origine spéciale et surnaturelle, il s'est mis à douter radicalement de son origine et de sa destinée divines. 11 ne se voit plus que comme un phénomène parmi tant de phénomènes, forme passagère au milieu de tant de formes, chaînon fragile et hasardeux de l'aveugle évolution. Steiner a donc raison de dire : « La mentalité qui dérive des sciences naturelles est la plus grande puissance des temps nouveaux. » D'autre part, il savait que ce système ne reproduit que la suc-, cession des formes extérieures chez les êtres vivants, mais non les forces internes et agissantes de la vie. Il le savait par initiation personnelle et par une vue de l'univers plus profonde et plus vaste. Aussi pouvait-il s'écrier avec plus de conviction que la pkipart de nos spiritualistes timides etde nos théologiens effarouchés: « L'âme humaine doit-elle donc s'élever sur les ailes de
l'enthousiasme jusqu'aux cimes du V^rai, du Beau et du Bien pour être balayée dans le néant comme une écume du cerveau? » Oui, Haeckel était
l'Adversaire. C'était le matérialisme armé, le Dragon avec toutes ses écailles, ses griffes et ses dents.
Le désir de Steiner de comprendre cet homme et de lui rendre justice en ce qu'il a de grand, de pénétrer sa théorie en ce qu'elle a de logique et de plausible n'en fut que plus intense. En ce fait apparaît toute la loyauté et toute la largeur de son esprit compréhensif.
Les conclusions matérialistes de Hseckel ne pouvaient avoir aucune prise sur ses idées, qui lui venaient d'une autre science, mais il avait le pressentiment que dans les découvertes incontestables du naturaliste il trouverait la base la plus sûre d'un spiritualisme évolutif et d'une théosophie rationnelle.
Il se mit donc à étudier avec passion misioire de la création naturelle, Haeckel y donne un tableau saisissant de l'évolution des espèces depuis les amibes jusqu'à l'homme. Il y montre la croissance successive des organes et le processus physiologique par lequel les êtres vivants se sont élevés à des organismes de plus en plus complexes et de plus en plus parfaits. Mais dans cette prodigieuse transformation, qui suppose des millionset des millions d'années, il n'explique jamais la force initiale de cette ascension universelle et pas davantage la série des impul-f sions particulières qui font monter les êtres de degrés en degrés. A ces questions primordiales,
INTRODUCTION
Hœckel n'a jamais pu répondre qu'on admettant la génération spontanée^ ce qui équivaut à un miracle aussi grand que la création de l'homme par Dieu avec une motte de terre. Pour un théosophe comme Steiner, par contre, la force cosmique qui élabore le monde comprend dans ses sphères, emboîtées les unes dans les autres, les myriades d âmes et d'entités qui se cristallisent et s'incarnent perpétuellement dans tous les êtres. Lui, qui voyait le dessous de la création, devait reconnaître et admirer l'ampleur du regard circulaire par lequel Hœckel embrassait son dessus. Le naturaliste avait beau nier l'auteur divin du plan universel, il le prouvait, malgré lui, en décrivant si bien son œuvre. Quant au théosophe, il saluait, dans 1 onde des espèces et dans le soufllc qui les soulève, l'homme en devenir, la pensée même de Dieu, l'expression visible du Verbe planétaire ~.
1 Discours prononcé ù Paris le 28 août 1878. Voyez aussi niisloire du la création nalarelle de Ilœckel, 13° leçon.
2 Voici comment le docteur Steiner caractérise lui-même le célèbre nal.ualiste allemand : « La personnalité de Hœckel est séduisante. Elle forme le contraste le plus absolu avec le Ion de ses écrits. Si Iheckel avait étudié seulement un peu la philosophie, dont il parle non pas même comme un dilettante mais comme un enfant, il aurait tire de ses études phvlogénétiques les plus hautes conclusions spirilualistes. La doctrine de Ilaickel est grande, mais Hccckel
. lui-même est le plus mauvais eommenlateur de sa doctrine. Ce n'est pas en montrant à nos conlemporains les faiblesses de la doctrine de Uœckel qu'on sert le progrès intellectuel, mais en leur montrant la grandeur de sa pensée phylogé-
LA PERSONNALITE DE RUDOLF STEINER
Poursuivant ainsi ses études, Rudolf Steiner se souvint de la parole de son maître : « Pour vaincre le Dragon, il faut entrer dans sa peau. » En se glissant dans la carapace du matérialisme contemporain, il s'était emparé de ses armes. Désormais il était prêt au combat. Il ne lui manquait qu'un terrain d'action pour livrer sa bataille et une aide puissante pour l'y soutenir.
Il devait trouver son terrain dans la Société théosophique et son aide dans une femme supérieure.
nétique. » — Steiner a développé ces idées en deux ouvrages : Well und Lebensanschaungen im 19'«" Jahrhundert (Théories de l'univers et de la vie au dix-neuvième siècle) et Ilœckel und seine Gefjner (Hœckel et ses adversaires).
LES DEUX TRADITIONS OCCULTES