‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 10 sur 216 · Sénat, 7 février · texte numérisé non relu

Sénat, 7 février

décision à la dernière extrémité et presque toujours dans les pires conditions. Qu'il s'agisse du Gaz de Paris, des Omnibus, des Messageries Maritimes, de l'Ouenza, des concessions de mines, cette règle ne souffre pas d'exception. La peur de la diffamation tue l'esprit de décision. Ne risquait-il pas d'en être de même pour l'application de cet accord du 8 février qui, par la tendance au privilège qu'y porterait l'esprit public allemand, heurterait à la fois les habitudes les moins estimables de notre démocratie et peut-être aussi, l'avenu nous l'apprendrait, les dispositions les plus formelles de l'acte d'Algésiras?

Notez, en effet, que, par la rédaction de l'accord, les deux gouvernements allaient au devant des responsabilités. Ils ne se bornaient pas à exprimer un vœu, à souhaiter que leurs nationaux s'associassent. Ils s'engageaient à « chercher à les associer ». Ils prenaient l'affaire en mains. Ils se chargeaient de choisir euxmêmes et de soutenir de leur autorité les associés qui travailleraient ensemble. On n'avait pas prévu, écrivait en janvier 1912 le rapporteur de la commission sénatoriale, « que la politique d'association d'intérêts impliquerait pour le gouvernement français, non seulement l'obligation de former des groupements d'entreprises, mais encore d'assister à leur organisation, de se mêler à leur gestion, de débattre pour eux des marchés, de vivre dans le secret de leurs affaires et même de les mettre à l'abri de la concurrence en écartant leurs rivaux nationaux ou étrangers1 ». Soit, en effet, que le ministre, auteur de l'accord, ne l'eût point prévu, soit que,

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