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Ces avantages sont les suivants :

1° Mainlevée de la saisie-arrêt de 603.000 francs obtenue contre les maisons anglaises et, par là, règlement d'une situation sur laquelle l'ambassadeur d'Angleterre à Paris, avait, à diverses reprises, attiré l'attention du gouvernement.

2° Formation du consortium franco-allemand qui substitue à un régime d'hostilité un régime de bonne entente ; qui assure par le Cameroun une sortie directe aux produits du Gabon, moins facilement exportables par les voies françaises ; qui fera payer les droits de douane à une quantité de produits qui y échappaient jusqu'ici * ; qui permettra à la colonie de réaliser une notable économie sur la garde militaire de la frontière, et qui, enfin, évitera le retour des incidents tels que ceux de Missoum-Missoum, dont nous n'avons pas à vous signaler les graves inconvénients.

3° Promesse de M. Dernburg, ministre allemand des Colonies, d'adresser une circulaire aux négociants allemands du Cameroun pour les aviser que, sur toute l'étendue de la frontière francoallemande, la licence de commerce serait retirée à ceux d'entre eux qui, revenant aux anciens errements, viendraient trafiquer en territoire français.

4° Dans un ordre d'idées plus général, application nouvelle d'une politique que la Commission a déjà consacrée de son vote à diverses reprises et qui s'applique, sur tous les points de friction où des conflits pourraient éclater avec des puissances étrangères, à prévenir ces conflits par des arrangements honorables et par des ententes nettement définies.

Le problème semblait donc résolu et, le 3 juin 1910, le ministre des Colonies en informait la compagnie dans les termes que voici :

Conformément aux décisions du Conseil des ministres, que je vous ai précédemment notifiées, mon collègue des Affaires étrangères et moi, nous avons adressé, avec l'accord du 5 avril 1910 et la sentence arbitrale du 29 du même mois destinée à mettre fin aux réclamations de votre compagnie, un exposé de la question à M. Paul Deschanel, président de la commission des affaires

1. Le bénéfice net à attendre peut être évalué à 200.000 francs de ce chef et du chef suivant.

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extérieures et coloniales, de la Chambre des Députés, chargé par cette commission de suivre les résolutions prises par elle.

M. Paul Deschanel, en nous accusant réception de cette communication, nous a fait connaître par sa lettre du 29 mai dernier que a la solution intervenue est conforme au vœu de la commission ».

Nous avons, d'autre part, en ce qui nous concerne, toujours établi un lien étroit — que vous avez admis — entre la compensation à vous allouer et la constitution d'un consortium franco-allemand. La constitution de ce consortium, en raison des avantages d'ordre international et d'ordre pratique local qu'il présentait, a déterminé le gouvernement français à accepter l'arbitrage. Elle permet, en effet, de réaliser sur la frontière du Congo-Cameroun, avec une nation voisine, une entente internationale ; elle permet aussi à la colonie de retrouver la tranquillité absolue sur sa frontière, de tirer un profit immédiat du nouvel essor des régions avoisinantes, et de se récupérer ainsi des charges que lui impose le règlement par annuités de la compensation allouée à la Compagnie.

Dans ces conditions, étant donné l'intérêt qu'il y a à faire aboutir les négociations engagées en vue de la création du consortium, les dispositions prises par vous dès maintenant pour y parvenir, la mainlevée donnée par vous de la saisie-arrêt qui entravait le règlement de l'affaire Hatton et Cookson, j'ai l'honneur de vous informer que le Conseil des ministres a estimé que l'exécution de la sentence arbitrale du 20 avril pouvait être poursuivie et qu'en conséquence, la compensation allouée à votre compagnie serait payée par la colonie, au moyen de ses propres ressources et par annuités.

Par lettre, en date de ce jour, M. Merlin est autorisé à négocier avec vous à cet effet un accord qui, tout en assurant à votre compagnie la compensation que la sentence lui a allouée, donne à la colonie les facilités nécessaires pour combiner et échelonner ces paiements au mieux de ses intérêts budgétaires.

Effectivement, le 18 juin, la convention annoncée par la lettre qu'on vient de lire, était signée. Elle mentionnait que les négociations en vue du consortium avaient été conduites « conformément aux directions du Gouvernement. » Le projet de consortium avait été, amendé par le gouverneur général dans des entrevues

avec le chargé d'affaires d'Allemagne et avec M. Semler, que M. Jules Cambon avait, on s'en souvient, recommandé au bon accueil du Gouvernement. Il ne restait plus, semblait-il, qu'à préparer le décret constitutif de la société nouvelle. D'un bout à l'autre, ces pourparlers, • — où l'on a dénoncé, depuis, une œuvre de « diplomatie secrète », — avaient été conduits par les gouvernements, les associés français et allemands suivant en tous points, avec une discipline et une correction absolues, Jes instructions reçues des ministères respectifs.

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