‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 13 sur 216 · Voir ci-dessous, pages 26 et suivantes · texte numérisé non relu

Voir ci-dessous, pages 26 et suivantes

politiquement du Maroc ; vous y aboutirez certainement aux fins que poursuit la politique française. Nous vous demandons seulement d'être patients ».

Mais, en 1909, avec une prudence d'ailleurs légitime, et peut-être plus clairvoyante que son optimisme rétrospectif, M. Pichon tenait un autre langage : « Nous ne rêvons, disait-il, d'aucune action nouvelle au Maroc. Nos droits et nos intérêts dans ce pays sont aujourd'hui ce qu'ils étaient hier1. » De même en ce qui concerne la Ghaouïa, M. Pichon disait le 8 février 1912 : « Nous étions à Oudjda, à Casablanca, dans la Chaouïa avec l'autorisation de toutes les puissances, y compris l'Allemagne », ce qui n'empêche qu'en 1909, aussitôt après l'accord de février et malgré « l'autorisation » de l'Allemagne, le premier soin du 'gouvernement français était d'en préparer l'évacuation2. Quelle meilleure preuve de l'incertitude où restait le signataire de l'accord sur les conséquences politiques qu'il lui était permis d'en tirer ?

Que l'expérience et la connaissance des documents qu'on trouvera dans ce livre aient précisé à cet égard des conclusions positives qui n'étaient en 1909 que des appréhensions, rien de plus clair. Il serait donc injuste de prévoir le passé et, parce que les résultats ont été inférieurs aux espérances, de blâmer Pacte qui les préparait. L'accord de 1909 était une œuvre légitime. Il serait excessif d'élever contre lui les objections de principe qu'au Sénat, le 10 février 1912, M. Clemenceau opposait à tout arrangement franco-allemand. Il est impossible,

Page 1