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mander aux populations du Sous le calme le plus absolu; dans cet esprit aussi que fut arrêtée et confirmée la résolution de ne pas faire de démonstration navale ; dans cet esprit encore qu'on s'abstint de saisir du débat l'Espagne et les autres signataires d'Algésiras en se réservant d'informer seulement les alliés et les amis de la France; dans cet esprit enfin qu'on décida de demander à l'Allemagne de parler la première et de donner des précisions. L'opinion du gouvernement français fut le 5 juillet approuvée à Londres et à Saint-Pétersbourg. Elle se résumait dans cette phrase prononcée par le président du Conseil.
— Rien à céder au Maroc. Que l'Allemagne, sans y mêler l'Espagne, dise ce qu'elle demande. Nous l'examinerons.
Les choses en étaient là, quand, le 7 juillet, le baron de Schoen vint rendre visite à M. de Selves, rentré de la Haye. M. de Selves, dès l'abord, dit à son visiteur :
— Eh bien ! que venez-vous me dire?
L'ambassadeur répondit évasivement ; puis l'entretien se poursuivant, il se laissa entraîner à quelques précisions qui pouvaient se résumer ainsi :
• — L'Allemagne n'a pas au Maroc de prétentions territoriales et c'est au Congo qu'elle aperçoit un terrain possible de négociations.
Le jeu allemand était sur table. L'heure était venue pour nous de préparer le nôtre.