Reichstag, commission du budget, 23 novembre
comme condition — on ne nous l'avait pas laissé ignorer, — un rappel des principes de l'acte d'Algésiras et, par voie de conséquence, un retour au statu quo ante. Or ce statu quo, la France l'avait indiscutablement modifié par des initiatives personnelles, toutes légitimes dans leur principe, mais toutes extérieures dans leur forme au programme international de 1906. Ces initiatives, dont la plus caractérisée avait été la marche sur Fez, engageaient notre drapeau. Évacuer les points occupés, progressivement, à notre heure, comme nous avions envisagé par l'accord franco-marocain du 4 mars 1910 l'évacuation de la Chaouïa, c'eût été chose possible, sinon facile. Les évacuer d'un seul coup, en bloc, sans préparation, sur une initiative extérieure, c'était abandonner l'œuvre française au Maroc ; car dans ce cas, de deux choses l'une, ou l'empire chérifien serait livré à une effroyable anarchie ou une action internationale y rétablirait l'ordre. Dans les deux cas, la France serait évincée. Et dans quelles conditions? Non seulement en présence du navire allemand d'Agadir, mais en face des Espagnols, maîtres du Rif et du Gharb. Seuls, suivant l'expression de M. Ribot1, nous eussions évacué ce que nous tenions. Les autres auraient gardé ce qu'ils avaient pris. A cet égard, l'opinion de la Russie était irréfutable. Le parlement français accepta d'ailleurs, avant de se séparer, le principe de la négociation directe2.
Dans quelles conditions cette négociation directe se poursuivrait-elle? Le gouvernement français l'avait indiqué déjà. Négociation collective? Au moment des