Sénat, 5 février 1912. M. Jenouvrier
avaient de gêner son action. Les compensations à elles accordées avaient pour base, non le droit, mais le fait et, sur ce terrain, l'Allemagne était aussi qualifiée qu'elles — mieux même qualifiée qu'aucune d'elles — pour réclamer un traitement pareil. Car, plus qu'aucune d'elles, elle était en mesure de contrarier notre politique et de paralyser notre action.
C'est le traité de 1904 qui domine toute la question1...
Une fois entré dans la voie des compensations, il fallait poursuivre.... Cette politique a été construite d'une façon systématique. Elle a été ordonnée, commandée, en quelque sorte, par une volonté réfléchie. Les événements qui se sont succédés découlent de cette politique 2.
En un mot, nous aurions pu, en 1900, avant le premier accord de désintéressement franco-italien, procéder sans « compensations ». Depuis 1904, cette faculté n'existait plus pour nous.
Soit, répond-on, mais ni à l'Italie, ni à l'Angleterre, ni à l'Espagne, nous n'avions cédé de terres françaises et c'est cette cession territoriale qui, à tout prix, aurait dû être évitée.
C'est la première l'ois qu'un si dur sacrifice est demandé à la France 3.
Ce que vous avez payé, vous l'avez payé en terre française4.
D'un morceau de la patrie, vous allez faire un élément d'échange 5.
Argument qui — pourquoi le celer? — va au cœur de tous les Français, alors surtout que le bénéficiaire de la