‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 172 sur 216 · Chambre des députés, 14 décembre 1911. M. Lebrun · texte numérisé non relu

Chambre des députés, 14 décembre 1911. M. Lebrun

Si douloureuse que soit la perte d'une fraction du Congo, la tristesse qui s'y attache ne saurait donc condamner le principe même du traité.

Une autre objection, toutefois, a été élevée contre ce principe. On a dit : « Vous avez négocié et signé avec l'Allemagne pour tout le Maroc. Or, ce Maroc, qu'en aurez-vous ? Qu'est-ce que vous en laisseront vos accords avec l'Espagne ? » Dès la première séance, M. le comte de Mun posait la question. M. Charles Benoist y revenait bientôt après. Au Sénat, le 7 février 1912, M. de Lamarzelle disait : « Le protectorat? Sur quel Maroc? » Et de fait, la publication des articles secrets du traité francoespagnol a révélé au pays des engagements beaucoup plus larges que ceux qu'avait laissé, en 1904, soupçonner M. Delcassé *, des engagements très supérieurs à ce que l'équité suggérait au lendemain des sacrifices consentis par la France, et par elle seule, pour lever l'hypothèque internationale d'Algésiras. Il est incontestable que la France, avec l'Allemagne, a traité pour tout le Maroc et que, se retrouvant en face de l'Espagne, elle n'a qu'une partie du Maroc. Peut-on soutenir, pourtant, que cette situation devait nous détourner de traiter avec l'Allemagne? Peut-on soutenir que, parce qu'une partie nous a échappé, nous devions laisser échapper le reste? Ce partage, ce n'est pas en 1911, c'est en 1904 que la France, ou du moins son gouvernement, l'a accepté. Disons mieux, c'est en 1902, avant même que l'Angleterre lui demandât d'y souscrire. Dès ce moment, ceux qui connaissaient les textes savaient que la France n'aurait pas tout le Maroc. Tous les ministères, pourtant, qui se sont

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