‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 173 sur 216 · Chambre des députés, novembre · texte numérisé non relu

Chambre des députés, novembre

succédé depuis lors, ministère Combes, ministère Rouvier, ministère Sarrien, ministère Clemenceau, ministère Briand, ministère Monis ont poursuivi la même politique marocaine. Fallait-il abandonner à son terme cette politique parce qu'elle était grevée d'une servitude acceptée sept ans durant? Ni la Chambre, ni le Sénat ne l'ont pensé et la haute Assemblée a tiré de cette partie de l'histoire marocaine la seule conclusion qui convînt, en protestant contre l'abus des traités secrets et surtout des clauses secrètes ajoutées aux traités publics, pour en fausser le sens et en contredire le texte.

Cependant toute la question n'est pas de savoir si l'octroi à l'Allemagne d'une compensation territoriale était légitime. Il faut rechercher aussi s'il était nécessaire et opportun ou si la France, au contraire, n'aurait pas eu intérêt à demeurer sur le terrain de l'acte d'Algésiras complété par le traité franco-allemand du 8 février 1909. Cette thèse a été soutenue à la Chambre par M. Denys Cochin et par M. Jules Delafosse ; au Sénat, par M. Pichon et par M. Clemenceau. Elle tient en deux mots : le régime antérieur au traité de 1911 nous donnait gratuitement tout, ou peu s'en faut, ce que ce traité nous a onéreusement assuré. Mieux valait donc attendre et patienter. Le fruit mûr fût tombé de lui-même entre nos mains. En droit, cette thèse est difficile à soutenir; car comme le disait au Sénat M. Ribot :

L'origine véritable de la convention du 4 novembre 1911 est dans la situation fausse créée par l'acte d'Algésiras après le traité franco-anglais de 1904 l.

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