‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 174 sur 216 · Sénat, 9 février 1912. M. Ribot · texte numérisé non relu

Sénat, 9 février 1912. M. Ribot

Situation fausse :

Parce que l'acte d'Algésiras était vicié dans son essence par une contradiction, parce qu'il reconnaissait l'intérêt spécial de la France au maintien de l'ordre, mais ne lui donnait pas les moyens de défendre et d'assurer cet ordre ; parce qu'en deux mots il lui imposait à la fois le devoir d'agir et l'impossibilité d'agir l.

Situation fausse, parce que :

Ce qu'on reprochait surtout et avec raison à l'acte d'Algésiras, c'est que, depuis cinq ans qu'il était théoriquement en vigueur, il était en fait sur plusieurs points resté lettre morte et ce reproche n'était que trop fondé 2.

C'est à cause de cette situation fausse, c'est parce que l'acte d'Algésiras ne nous permettait ni de faire vivre le sultan ni d'agir sans lui, que MM. Clemenceau et Pichon se proposèrent de l'améliorer par l'accord franco-allemand de 1909. L'acte de 1906 fournissait-il, ainsi amendé, l'instrument d'action pratique qui, auparavant, faisait défaut? Constituait-il un terrain durable, sinon définitif, et qui suffît aux exigences de la situation?

La plupart des orateurs qui ont parlé dans les deux Chambres ont estimé que non, puisque, presque tous, M. Caillaux, M. Poincaré, M. Ribot, M. Baudin, M. de Lamarzelle, M. Pichon lui-même ont qualifié d' « étape » l'accord de 1909, reconnaissant par là qu'après cette étape une autre encore restait à parcourir, si l'on voulait atteindre le but. Étape, l'accord de 1909 n'était en effet que cela et ne se prêtait même pas à un long stationnement.

Accord heureux, parce qu'il inaugurait une ère de tractation directe entre la France et la seule puissance qui eût fait opposition

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