‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 175 sur 216 · Sénat, 10 février 1912. M. Poincaré · texte numérisé non relu

Sénat, 10 février 1912. M. Poincaré

à son action au Maroc; accord incomplet, parce que, conçu en termes vagues, il ne précisait aucune des conséquences de la liberté politique qui paraissait être concédée à la France ; parce qu'il nous laissait bien l'influence politique, mais qu'il ne nous donnait pas l'action politique l.

L'acte de 1909, prolongement de l'acte d'Algésiras, ne donnait, dans la pensée de l'Allemagne, à la France aucune action politique au Maroc 2.

Il était très difficile de se servir de cet accord 3.

Il n'avait pas corrigé notre situation au Maroc telle qu'elle résultait des astreintes contenues dans l'acte d'Algésiras dont il n'était au surplus qu'un avenant ne liant que deux contractants sur treize 4.

Cet accord était bon mais insuffisant... Il ne nous donnait pas le protectorat. Il nous donnait acte de nos prétentions à un protectorat futur. Il voulait bien reconnaître que nos intérêts politiques au Maroc étaient liés au maintien de l'ordre dans ce pays. Mais il ne nous reconnaissait aucun droit de veiller nous-mêmes et par notre propre action au rétablissement de l'ordre, si l'ordre était troublé5.

L'application de l'accord de 1902 a été poursuivie de bonne foi par la France en 1909 et en 1910 et en 1911. J'ai dit de bonne foi : aucun doute à cet égard — mais elle s'est heurtée, malgré la meilleure volonté réciproque à des difficultés nombreuses 6.

Que telle soit la vérité, on n'en peut douter, après le récit minutieux de ces difficultés, soit au Maroc, soit ailleurs. Il est donc légitime de conclure que ni l'acte d'Algésiras, ni l'accord de 1909 ne constituaient une solution durable et moins encore définitive : les conflits mêmes qui ont abouti à la crise de 1911 en témoignent.

Cette conclusion se précise lumineusement lorsque,

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