‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 176 sur 216 · Sénat, 10 février 1912. M. Poincaré · texte numérisé non relu

Sénat, 10 février 1912. M. Poincaré

comme Pont fait au Sénat plusieurs orateurs, on examine ce qu'eût été la situation dans le cas où, soit l'échec des négociations, soit le défaut de ratification eussent remis les choses en l'état où elles se trouvaient à la fin de juin 1911. Écoutez M. Ribot :

Si vous rejetez le traité, quelles seront demain les conséquences de cet acte ?... Est-ce que vous garderez la prétention d'établir votre protectorat sans qu'il soit reconnu par l'Allemagne et les autres puissances ? Est-ce que vous maintiendrez les 27.000 hommes qui sont aujourd'hui au Maroc1?

Ou si, au contraire, vous reculez devant ce risque, voici l'autre danger :

Nous allons alors retirer nos troupes ? Et qu'est-ce que c'est que cela ? C'est l'abandon du protectorat. C'est l'abandon du Maroc. C'est l'abandon de ce que nous avons si péniblement conquis et à tant de frais, depuis plusieurs années. Et cependant l'Angleterre n'abandonnera pas l'Egypte ; l'Italie n'abandonnera pas la Tripolitaine et soyez sûrs que l'Espagne ne s'en ira pas de la zone qui lui a été attribuée, de sorte que tous ceux à qui nous avons encore donné des gages les conserveront. Seuls, nous partirons du Maroc les mains vides 2.

A défaut du traité, nous aurons d'abord à faire, pour longtemps au moins, notre deuil du protectorat.... Nous aurons, en tout cas, à chercher au Maroc un régime qui offre quelque stabilité à moins que nous ne préférions déserter définitivement la politique africaine suivie par la France depuis le milieu du xixc siècle... Qui pourrait se faire l'illusion que le retour pur et simple à l'accord de 1909 serait une entreprise sûre et facile 3 ?

Qu'est-ce à dire, sinon que le fait même d'avoir procédé à la liquidation négociée de juillet à novembre échappe à la critique, parce que cette liquidation nous était

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