‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 180 sur 216 · Sénat, 8 février 1912. M. Pichon · texte numérisé non relu

Sénat, 8 février 1912. M. Pichon

Mais M. Pichon ajoutait aussitôt que ces avantages, même dans l'ordre politique, étaient compensés par des charges peut-être écrasantes. En un mot, si l'on a généralement admis que les articles 1, 2, 3 du traité du 4 novembre donnaient à la France des droits dont elle était auparavant démunie, on a en revanche très fortement soutenu ou que ces droits comportaient des obligations trop lourdes ou qu'ils étaient infiniment restreints par les autres articles du traité.

Les charges, à dire vrai, vont de soi : car il n'est pas d'autorité sans responsabilité et c'est pour la France une singulière extension d'autorité que d'imposer sa domination, même sous la forme indirecte du protectorat, au vaste empire chérifien. « Qui paiera, demande M. de Lamarzelle ? Ce ne sera pas en tout cas le makhzen », Et M. Pichon ajoute :

Il est excessif de dire que l'Allemagne ne nous a rien donné au Maroc ; elle nous a donné d'abord des charges considérables que nous n'avions pas, charges militaires, financières, administratives, diplomatiques.... C'est la France qui devient responsable. Je crains qu'on n'ait exposé notre pays à des charges trop lourdes pour ses ressources financières, qu'on n'ait pas exactement calculé ses capacités contributives et qu'on ait risqué de l'affaiblir gravement en- Europe en disséminant ses forces en Afrique 1.

Vous avez conquis le Maroc que vous ne pourrez pas occuper

Nous allons payer très cher pour avoir tout de suite le Maroc. Puis, nous ne pourrons pas le prendre... C'est une aventure...2.

Aventure peut-être, puisque nul, m de la vie des peuples, ni de celle des individus, ne peut exclure l'imprévu, mais aventure nécessaire à coup sûr et de l'aveu de' tous, si

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