Chambre des députés, 16 décembre 1911. M. Cochin
1911, n'a eu qu'à se féliciter de son fonctionnement ». Sans doute, cette société, société anonyme française régie par la loi française, est le trésorier-payeur de l'empire marocain, comme la Banque de l' Indo-Chine est le trésorier-payeur général de l' Indo-Chine, comme la Banque de France, M. Maurice Long l'indiquait justement, pourrait être le trésorier-payeur de la République Française. Mais, dans ce rôle, la Banque d'État n'est qu'un instrument pratique, et non un organisme administratif.
Rien ne lui permet de s'immiscer dans la perception des taxes ni dans le contrôle des dépenses... Elle n'a pas le monopole des emprunts marocains, mais seulement un droit de préférence à égalité d'offres l.
Elle a 14 administrateurs, mais nommés par 12 puissances, dont 3 par la France, ce qui nous assure dans son conseil, en ajoutant à nos 3 voix celles de la Russie, de l'Angleterre, de l'Italie, de la Belgique et du Portugal, dont la fidélité nous est garantie par des engagements datant de 1906, plus la voix du Maroc, un total de 9 voix sur 14, c'est-à-dire la majorité.
Une banque ainsi constituée, banque française, placée sous la loi française, présidée par un Français, qui est le président de la plus grande Compagnie de chemins de fer français, vice-présidôe par le président d'un de nos grands établissements de crédit, comprenant un certain nombre d'administrateurs français, ayant comme personnel à Tanger un directeur français, un sousdirecteur espagnol, ayant dans ses bureaux la plus grande partie de son personnel français, ne peut être une gêne pour l'action française 2.