Chambre des députés, 15 décembre 1911. M. Ferry
Jamais nos nationaux ne pourront se prévaloir d'un avantage quelconque. Ils seront exactement sur le même pied que les étrangers... Ce système, c'est l'égalité économique. Or, cette égalité n'existe pas. Entre toutes les nations qui se disputent l'empire économique du Maroc, il en est une qui sera toujours inférieure aux autres parce que, n'ayant pas plus d'avantages que les autres, elle devra cependant supporter la totalité des charges 1.
Le régime douanier d'une colonie ne représente pas seulement la protection accordée à nos industriels; il est la clef de voûte des budgets coloniaux. Au Maroc, les recettes des douanes jusqu'à présent constituent le fond du budget... Donc la question des droits de douane est capitale et il s'agit de savoir dans quelle mesure nous pouvons en tirer des ressources. Au Maroc, le principe du régime douanier est celui de l'égalité douanière. Ce régime était déjà inscrit dans les jtraités antérieurs. Mais l'occasion était bonne pour négocier sur ce point avec l'Allemagne.
Nous étions autorisés à lui dire que l'égalité douanière se comprenait sans doute, quand il y avait égalité de charges pour toutes les nations, mais qu'au jour où une seule nation allait faire tous les irais du Gouvernement, il était au moins juste de lui donner une légère compensation sous forme de droits préférentiels. Nous aurions pu ajouter : « Et puis, nous vous donnons le Congo... »Nos colonies coûtent aujourd'hui 145 millions, avec le Maroc 200 millions. Je ne m'en plains pas, mais le contribuable français, qui supporte cette charge, a assurément le droit de demander une compensation...
Le principe de notre politique coloniale, c'est l'ouverture des débouchés. Ces débouchés ont plus que doublé dans les dernières années. Ce progrès ne sera pas possible au Maroc... En résumé, la convention du 4 novembre ne nous accorde qu'un droit, celui de travailler pour les autres, d'assurer à nos concurrents la jouissance paisible d'un marché qui ne leur aura rien coûté. Enfin, dernière lacune, le traité est conclu sans limitation de durée. Ba France nous n'avons jamais conclu de traités de ce genre, surtout dans les pays où nous avons introduit le régime de la porte ouverte 2.
L'argumentation de M. Méline est inattaquable sur un point. Il est certain que l'engagement de maintenir,