‹ Le Mystère d'AgadirChapitre 23 sur 216 · Voir ci-dessous, pajre · texte numérisé non relu

Voir ci-dessous, pajre

définie en 1909 et qu'en 1911 on s'efforçait de préserver d'une faillite déjà certaine1.

Pourquoi l'intransigeance du groupe Mannesmann s'était-elle aussi obstinément maintenue? L'explication ressort du récit même des négociations. A toutes les phases, il avait été clair que, plus encore que la divergence des prétentions, celle des points de vue dominait la question. Pour les frères Mannesmann, cette question était avant tout financière ; pour l'Union des Mines, elle était d'abord industrielle. Le but du groupe Mannesmann, c'était de s'assurer de la part de l'Union une solidarité morale qui facilitât la spéculation dont les mines marocaines étaient pour lui l'instrument. Un autre motif aussi explique l'attitude de ce groupe : le prodigieux succès politique obtenu en Allemagne par sa campagne contie l'Union des Mines et le gouvernement impérial. En 1906, personne à Berlin ne connaissait MM. Mannesmann. Quand, en 1907, ces messieurs commencèrent à opposer leurs titres à ceux de l'Union, les grandes maisons allemandes n'admirent pas l'hypothèse que de tels concurrents pussent devenir dangereux. Ils le devinrent pourtant et si gravement que, trois ans plus tard, les mêmes maisons, tant de fois fortifiées et honorées de la protection impériale, se trouvaient seules en face de l'opinion allemande et de MM. Mannesmann. Le gouvernement lui-même était désarmé. Certes, il ne pouvait combattre un groupement composé de ses plus estimés sujets, constitué suivant la formule même qu'il développait complaisamment dans son aide-mémoire du 2 juin 1909. Mais il ne pouvait pas

Page 1