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non plus le soutenir à fond. La neutralité était son refuge, — neutralité périlleuse d'ailleurs et dont les risques qui s'y attachaient faisaient un acte de courage. Car, à répéter que la dignité de l'empire se confondait avec les intérêts du groupe Mannesmann, les journaux avaient fini par le croire et par en convaincre le public. Le ministre, qui se fut hasardé à appliquer à l'ingénieuse famille les règles de discipline que le gouvernement impérial impose d'ordinaire à l'action économique de ses nationaux, eût été écrasé sous la réprobation publique. M. de Schoen professe volontiers que l'affaire Mannesmann est le pire souvenir de sa carrière.
Le gouvernement impérial n'avait cependant que peu d'illusions sur la valeur des titres juridiques invoqués par MM. Mannesmann1. Quand le 4 juin 1906 ces messieurs vinrent informer le ministre d'Allemagne à Tanger qu'ils avaient sollicité du sultan Abd-el-Aziz la concession de droits miniers exclusifs dans l'est du Rif, le docteur Rosen reçut du gouvernement impérial l'ordre de les « laisser s'avancer seuls ». Il fut en même temps chargé de déclarer aux intéressés que l'antériorité de leurs déclarations ne pouvait leur assurer un droit de priorité qu'à condition que la loi minière prévue par l'article 112 de l'acte d'Algésiras contînt à ce sujet des dispositions expresses. Trois mois plus tard, à l'automne, M. Rosen ayant infoimé son gouvernement que la liste remise par MM. Mannesmann comprenait des mines d'or, d'argent et surtout de fer dans le Rif et dans toutes les parties accessibles du Maroc, le gouvernement impérial le mit en garde contre la constitution d'une sorte