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LES TRAVAUX PUBLICS

La mise en pratique du programme arrêté, de mars à octobre 1909, par le gouvernement français et le gouvernement allemand, en matière de travaux publics, exigeait la constitution préalable d'un instrument qui, formé d'après les principes de ce programme, pourrait s'appliquer à la réalisation immédiate des entreprises envisagées. Il eût été en effet difficile, sinon impossible, d'établir, pour chacune de ces entreprises, une répartition spéciale et de remanier chaque fois le contrat d'association. Il était plus simple et plus logique de trancher une fois pour toutes la question de répartition et, sur cette base fixe, de créer un groupement qui, en vertu de ses statuts et règlements intérieurs, assurerait par son existence

1. Il est à remarquer d'ailleurs que la non-promulgation du règlement minier eût suffi à empêcher, en matière minière, tout acte d'exécution.

même la participation stable des intéressés à l'ensemble des travaux. En d'autres termes, on était conduit par des raisons de commodité pratique à s'inspirer de la formule allemande et à constituer l'un de ces groupements puissants préconisés par l'aide -mémoire du 2 juin 1909. C'est en le constituant que s'établirait l'association des intérêts. Mais, cette constitution une fois acquise, il deviendrait pratiquement inévitable d'exclure les intérêts qui n'y seraient point représentés. En un mot, la société à créer pourrait être internationale à sa base. Mais à moins de comprendre dans son sein, — ce qui n'était pas réalisable — la totalité des adjudicataires possibles de chaque nationalité, elle serait forcément amenée à prétendre, sous peine de rester stérile, à un monopole de fait, à l'exclusion des constructeurs qui ne seraient point au nombre de ses actionnaires. Les deux gouvernements seraient ainsi de nouveau mis en face du problème que leurs négociations de 1909 n'avaient qu'incomplètement résolu et qu'avait déjà posé la question des mines marocaines.

C'est dans le dessein d'avoir en mains cet instrument nécessaire que le gouvernement français et le gouvernement allemand patronnèrent de la façon la plus directe la formation à Paris de la Société Marocaine de Travaux publics appelée à devenir le type estampillé, le moule officiel de la collaboration économique prévue par l'accord du 8 février 1909. Les négociations préparatoires commencèrent au mois d'octobre 1909. Une première conférence eut lieu alors, à la demande de l'ambassade d'Allemagne, au ministère des Affaires étrangères, entre MM. Regnault, Guiot, de Lancken, Renschhausen, Lauter et les représentants du Crédit Foncier et agricole

d'Algérie et de Tunisie. Le Crédit Foncier s'associa la Banque de l'Union parisienne, les maisons Schneider, Hersent et Dollfus et la Compagnie Marocaine, filiale du Creusot, concessionnaire des travaux de Casablanca. Du côté allemand, les maisons Holtzmann, de Francfort, Jahn, de Tanger, Sager et Wœrner, de Munich, figuraient aux côtés de M. Renschhausen. Après quelques discussions, on se mit d'accord par écrit sur les conditions de l'association. Mais, peu de jours après, les éléments allemands retirèrent leur adhésion en disant que leur gouvernement n'était pas satisfait de ,1a part à eux accordée. Le groupe français protesta vivement contre cette rupture d'engagement. Mais, à la demande du ministère des Affaires étrangères, — ■ très soucieux en ce début de 1910 de ne pas augmenter les difficultés que la collaboration franco-allemande et le gouvernement impérial rencontraient du fait de MM. Mannesmann, — il consentit à réviser l'accord et en février 1910, la société fut constituée. Le capital social de deux millions de francs (2.000 actions de 1.000 francs) se décomposait ainsi qu'il suit :

France. . . .

Allemagne.

Autriche . .

Angleterre.

Espagne. . .

Italie

Belgique . .

Suède

Portugal . .

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